‹ L'art en Alsace-LorraineChapitre 132 sur 179 · FRATIN · texte numérisé non relu

FRATIN

F r ati n, le sculpteur d’animaux qui plut tant à la génération qui précéda la nôtre, est originaire de Metz. Quand il vint à Paris, il y apportait un talent déjà acquis et fondé sur de sérieuses études. La

spécialité qu’il avait adoptée dut contribuer à faire sa réputation, car personne ne faisait alors d’animaux, et la grave statuaire restait encore fidèle aux sujets mythologiques dont il ne semblait pas qu’elle dut jamais sortir. Comme il se faisait alors dans la peinture une tentative de rénovation dans le sens pittoresque, les peintres applaudirent les premiers aux ouvrages de Fratin, et, en réalité, ses modèles leur étaient fort utiles, aux paysagistes surtout. C’est à peine si on rencontrait chez les mouleurs les classiques chevaux de Venise ou le taureau antique, et il est assez difficile de s’en servir pour animer une cour de ferme. Aussi les animaux de Fratin devinrent pour eux une grande ressource. Ce sculpteur fécond ne s’est d’ailleurs pas borné aux animaux domestiques, et il a aussi fréquenté les ménageries. Il est un peu oublié aujourd’hui, et il a été dépassé par des sculpteurs d’un talent plus vigoureux, mais il ne faut pas oublier qu’il leur a ouvert la voie, et s’est aventuré le premier dans une route qu’aucun sculpteur n’avait tentée avant lui.

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