LE RETOUR DES BLESSÉS DE SOLFÈRINO, TABLEAU D’YVON
une convention qui doit être comprise; elle présente des difficultés qui, dans certains cas, peuvent être insurmontables. Ici, l’artiste, obligé d’obéir à un programme déterminé, a voulu représenter, par une figure allégorique, chacun des États qui composent l’Union américaine. Mais ces États, nés d’hier, n’ont pas de traditions dans le passé, ce sont des provinces sans histoire, ou du moins l’histoire est la même pour toutes. Quand les anciens voulaient représenter Rome et Athènes, ils pouvaient montrer ces deux villes avec un type et des attributs qui les faisaient aisément reconnaître. Ici, la monotonie était inévitable, et
Fig. 2<5j, — Scène de l’Enfer du Dante, par Yvon
le nombre immense des personnages vrais ou imaginaires, qui se rattachent à des épisodes différents, ne pouvait manquer de produire la confusion en empêchant l’unité. C’est peut-être un sujet pour un poème en plusieurs chants, ce n’est pas un sujet pour un tableau. Dans un livre les idées s’enchaînent en se succédant, mais un tableau, où tout se voit à la fois, ne saurait admettre une pareille complication, et l’artiste aurait beau combiner des groupes ingénieux et exécuter habilement certaines parties, il ne rendra jamais plastique un sujet qui n’est que littéraire.
Outre ses tableaux, Yvon a exécuté des peintures décoratives dans divers monuments, entre autres à l’Hotel de ville de Paris. Celles qui étaient dans la salle des séances du conseil municipal représentaient :
Clovis, porté sur le pavois et revêtu de la pourpre romaine, faisant son entrée dans la capitale ;
Philippe- Auguste, au moment de partir pour la terre sainte, place ses enfants sous la sauvegarde du conseil municipal de Paris ;
François Pr pose la première pierre de V Hôtel de ville ;
Napoléon III signe le décret d’annexion à Paris des communes suburbaines .