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Clément de Ris, Alusées de province

NANCY

lier de la mairie, bien inférieures à ses tableaux de chevalet et qui prouvent que la peinture monumentale n’était pas son fait. Un autre artiste de Nancy, Claudot, mort en 1814, ami de Girardet et élève de Joseph Yernet, expose huit tableaux. Ce sont des paysages dans le goût de son maître, d'une couleur trop noire, d’une touche embarrassée, mais d’une composition facile qui rappelle l’école d’où il sortait.

Joseph Vernet, appréciant tout le mérite de son élève, essaya à plusieurs reprises de le faire quitter Nancy, sans pouvoir jamais vaincre soit l’indolence, soit la modestie de l’artiste. Nous recommandons les deux noms de Girardet et de Claudot à M. de Chennevières. »

Avant de passer à la peinture contemporaine , nous ne devons pas

omettre quelques portraits remarquables. Mignard et Largillière sont bien représentés, de même que Nattier, qui a une Tête de femme (fig. 274) peinte avec une grande habileté. A défaut de David, nous avons des toiles de ses principaux élèves : un bon portrait de Gros, le Maréchal Dur oc, et un joli Portrait de femme de Gérard.

La Tète de Christ , de Prudhon, est l’étude que l’artiste avait faite pour son tableau du Louvre, et qu’il a donnée à son ami Philippe Voïart, qui l’a cédée au musée. Le catalogue nous apprend aussi que Prudhon a travaillé au Portrait de Mlle Élisa Voïart , qui fut peint sous ses yeux par M"e Mayer (fig. 275). Malheureusement la peinture de Prudhon , comme celle de son élève , est presque toujours d’une mauvaise conservation, et l’huile grasse dont il abusait fait écailler tous ses ouvrages.

Dans l’art contemporain nous sommes heureux de pouvoir débuter par un chef-d’œuvre, la Bataille de Nancy , d’Eugène Delacroix. Ce beau tableau, commandé pour le musée de Nancy en 1826, par le roi Charles X, était encore dans l’atelier d’Eugène Delacroix pendant son voyage au Maroc, en i83i. 11 représente Charles le Téméraire frappé à la bataille de Nancy, après s’ètre engagé dans un marais où son cheval s’abattit. Un seigneur lorrain l’ayant poursuivi, Charles s’écria : « Sauvez le duc de Bourgogne, » mais le seigneur crut entendre : « Vive le duc de Bourgogne ! » et le tua sans le reconnaître. La scène se passe par un temps de neige, et l’effet du tableau est saisissant. Outre ses qualités de couleur et d’imagination , Delacroix possède un immense avantage sur les autres peintres d’histoire, c’est qu’il est en même temps un admirable paysagiste.

Les artistes lorrains sont représentés par plusieurs ouvrages intéressants de Jean-Baptiste Isabey, entre autres un portrait à l’huile de Napoléon Ier : c’est un cadeau de l’artiste au général Drouot, qui en a fait don au musée de la ville. Son fils, Gabriel Isabey, a une de ses meilleures toiles, la Vue de Dieppe. Citons encore la Barque de Caron et le Charles le Téméraire , de Feyen-Perrin, le Lévite d’Éphraïm, de Sellier, la Chute d’ Adam, de A. de Lemud, les Hébreux pleurant sur les ruines de Jérusalem, par Henri Levy, une Nuit d’été, par Emile Michel, etc. On regrette vivement l’absence de Devilly, qui devrait être représenté au musée de Nancy par des ouvrages importants, comme ceux qu’il a au musée de Metz.

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