TOUL
Toul, surnommée la Sainte à cause du grand nombre de ses évêques canonisés, est une des plus anciennes villes de France. Elle possède deux églises remarquables : Saint-Étienne et Saint - Gengould.
Fig. 296. — Cathédrale de Toul.
L’église de Saint-Étienne, autrefois cathédrale, aujourd’hui simple église paroissiale, est remarquable par la légèreté de sa construction. « La cathédrale de Toul, dit M. Henri Lepage, est d’une grande beauté comme monument architectural, mais son portail surtout est un chef-d’œuvre. Ses deux tours si élégamment découpées, sa jolie tourelle de l’horloge, ses légères aiguilles, sa resplendissante rosace,
ses trois portes creusées en ogive, la profusion de ses broderies et toute la richesse du style gothique qu’elle étale avec magnificence,
îig. 297. — Intérieur de la cathédrale de Toul.
excitent l’admiration. Malheureusement ce portail a été dépouillé en 1793 de toutes ses statues, d’un très-beau Christ en croix et de divers
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autres ornements. L’intérieur de l’édifice a subi, à la même époque, de graves dégradations : un grand nombre de chapelles ont été démolies, de belles peintures à fresque ont été grattées et presque tous les tableaux ont été enlevés. En 1791, on supprima la tribune ou jubé qui séparait la nef du chœur des chanoines. On détruisit aussi, à cette époque, un monument élevé à la gloire de Jeanne d’Arc. L’héroïne de Domrémy était représentée en guerrière tenant en main son étendard. »
L’église de Saint-Étienne possède des vitraux remarquables et un siège épiscopal en pierre sculptée, dit Fauteuil de saint Gérard et qui date du xme siècle. Un cloître récemment restauré s’ouvre sur le côté
Fig. 298. — Cloître de Tout.
sud de l’église et comprend vingt-sept travées qui prennent jour sur le préau par une grande arcade ogivale.
L’église de Saint-Gengould, également de style ogival, renferme plusieurs pierres tombales intéressantes, entre autres celle qui est située dans le transsept du nord et qui représente trois figures dans l'attitude de la prière, sous une triple ogive surmontée de pyramides sculptées, entre lesquelles sont des armoiries. U11 cloître, dont le style marque la dernière période des constructions à ogives, est annexé à l’église et forme la partie la plus curieuse de l’édifice.
Le tombeau de Hugues des Hazards, 72e évêque de Toul, est un des monuments les plus intéressants de la Lorraine. 11 n’est pas
à Tout même, mais dans la petite église de Blemod, bourg situé dans un vallon à io kilomètres de la ville. Hugues des Hazards, qui était natif de Blenod, avait fait bâtir là un château dont il reste encore des ruines et une église où il a été inhumé. Le tombeau qui n’a pas moins de quatre mètres de hauteur, présente la forme d’une espèce de tableau en bas-relief, appliqué au mur de gauche dans le chœur, et entouré de pilastres, d’une corniche et d’un socle. Les pilastres sont
Fig. 299. — Tombeau de Hugues des Hazards, évêque de Toul, à Blemod.
décorés d’arabesques élégantes ; au milieu du monument est l’évèque couché, revêtu de ses vêtements épiscopaux, les mains jointes et les pieds posés sur un lion. Au-dessus de l’évêque, dix religieuses en larmes, et distribuées dans cinq niches, portent une banderole sur laquelle on lit cette devise : Nasci, laborare , mori. Un autre basrelief, dont les figures sont un peu plus grandes, décore le haut du
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tombeau et représente évidemment les sept arts libéraux. Mais ils sont loin d’être aussi nettement caractérisés que dans les monuments du moyen âge.