UNF. FEMME ET SON ENFANT
a composés pour la décoration de nos églises. Steinhel, qui est le beau-frère de Meissonier, a eu des commencements difficiles, et nous devons à la nécessité où il s’est trouvé de gagner sa vie les excellents dessins qui illustrent plusieurs ouvrages, tels que la Vie des saints , Y Imitation de Jésus-Christ, les Chants et Chansons populaires de la France, la Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, etc. Mais il n’a pas seulement fait des compositions; ses dessins sont très-recherchés pour les livres de botanique , parce qu’il possède deux qualités qu’on trouve bien rarement associées : l’exactitude minutieuse, qui satisfait les savants, et le charme d’aspect qui séduit les artistes. Employé par la librairie Curmer, pour l’ouvrage du Jardin des Plantes, il a fait également des bois et des eaux-fortes pour plusieurs livres spéciaux.
Comme peintre, Steinhel a fait quelquefois des sujets religieux, mais plus volontiers des petites scènes d’intérieur, pleines de tendresse et d’intimité, comme la Jeune Mère, les Bulles de savon, la Femme et l’Enfant, charmants tableaux où l’artiste arrive sans sécheresse, aux plus extrêmes finesses de l’exécution.
Steinhel a peint aussi des fleurs avec talent. Voici comment M. Paul Mantz appréciait un tout petit tableau qui figurait au Salon de 1 863 : « Il représente des giroflées dans une potiche de faïence, à décor bleu sur fond blanc : ce vase est posé sur une table recou¬
des arcatures. — Nevers : Vitraux dans la nef de la cathédrale. — Saint-Pierre-des- Calais : Vitraux de V église Saint-Pierre. — Pau : Vitraux de l'église Saint-Martin. —
— Bourg : Vœu d’un duc de Savoie (vitrail). — Lyon : Vitraux de l’église Saint-Bonaventure ; vitraux de l’église des Chartreux. — Dunkerque : Le Mariage de la Vierge et l’Arbre de Jessé (les dessins originaux sont au musée de Dijon). — Le Puy : Vitraux dans ta nef et le chœur de la cathédrale. — Nantes : Vitraux de la chapelle du grand séminaire.
— Mantes : Restauration de la rose de l’église.. — Angers : Vitraux du séminaire et restauration des vitraux de la cathédrale. — Saint-Omer : Vitraux de deux chapelles. — Poissy : Vitraux dans la chapelle de l’abside. — Quimper : L’ Adoration des bergers, vitrail de la cathédrale. — Salins : Vitraux de l’église de Notre-Dame. — Evreux : Vitraux de l'église. — Laon : Restauration de la rose et des vitraux. — Carcassonne : Restauration des vitraux de la cathédrale et de Saint-Nazaire. — Strasbourg : Restauration des anciens vitraux de la cathédrale et vitraux nouveaux dans le chœur ; Vitraux de l hospice Saint-Charles.
Stheinel a encore des vitraux à Nancy, Vitry-le-François, Auxerre, Sens, Bourges, etc., et il a exécuté des restaurations dans ceux de Chenonceaux, Argentan, Langres, Cannes, Braisne, etc., etc.
verte d’un tapis chamarré de couleurs diverses. Le tableau de M. Steinhel est grand comme la main; mais il est peint largement, finement, et à la manière des meilleurs hollandais du xvne siècle. M. Steinhel est vraiment un artiste singulier et bien coupable. Depuis le jour où il exposait, en 1847, son charmant tableau, la Mère, il a
Fig. 101 . — Mort de ia mère de sainte Philomène, vitrail de Steinhel (cathédrale de Limoges).
prouvé l’habileté de son pinceau toutes les fois que, laissant pour un instant ses travaux d’archéologue, il a bien voulu peindre des scènes de genre- et des sujets familiers. Nul mieux que lui ne réussissait dans la peinture et il s'obstine à n’en faire jamais. »
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Fig. 102. — • La Sainte Famille, vitrail de Steinhel (église Saint-Bonaventure, à Lyon).
Steinhel, en effet, a produit peu de tableaux à l’huile; ses ouvrages décoratifs ont absorbé toute son activité. Très-versé dans l’étude des styles et de l’archéologie chrétienne, il a la faculté bien rare de garder toujours sa personnalité, tout en sachant se plier aux goûts d’un autre âge. Ses reconstitutions de vitraux dans la Sainte-Chapelle, dans Notre-Dame et dans plusieurs autres églises de France sont des travaux qui touchent à l’érudition autant qu’à l’art proprement dit.
Dans une multitude d’édifices, Steinhel a été appelé, non plus
Fig. 103. — Fragment d’une composition de Steinhel.
seulement à rétablir des parties manquantes, mais à créer de toutes pièces des vitraux en harmonie avec l’architecture de l’édifice. C’est alors qu’il se montre véritablement grand artiste. Pénétrant dans le caractère intime d’une époque par la disposition générale, il trouve, pour l’expression des figures et la tournure des personnages, des inspirations qui lui appartiennent en propre.
Voyez Y Adoration des bergers dans la cathédrale de Quimper,
ADORATION DES BERGERS, VITRAIT DE STEINHEL
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ou la Sainte Famille, dans l’église Saint-Bonaventure à Lyon : si on excepte Flandrin, il n’y a pas un artiste parmi les contemporains qui ait atteint cette délicatesse de sentiment unie à une telle pureté dans le dessin. Dans la Sainte Philomène de la cathédrale de Limoges, on retrouve toute la simplicité et l’ampleur dramatique des compositions de Lesueur pour la vie de saint Bruno. Ailleurs, ce sont des naïvetés charmantes, d’adorables groupes d’enfants, et une réalité saisissante qui sait n’être jamais triviale.
Steinhel a un fils qui, malgré son extrême jeunesse, a déjà pris place parmi nos peintres distingués. On a vu de lui en 1870 les Copistes; — en 1872, Y Étudiant pauvre, Chrysanthèmes ; — en 1873, Conversation che\ un peintre ; — en 1874, la Recommandation ; — en 1875, Y Interrogatoire. Ce dernier tableau, qui a été très-remarqué et reproduit dans plusieurs recueils, montre chez le jeune artiste de grandes qualités d’expression unies à une précision de dessin, qui fait bien augurer de lui pour l’avenir.
La liste des tableaux exposés par Auguste Steinhel n’est pas bien longue; celle de ses travaux décoratifs est au contraire considérable. Nous ferons observer en passant que Steinhel ne peint pas lui-même sur verre, et fournit seulement des compositions aux peintres-verriers.
TOUCHEMOLIN
Alfred-Charles Touchemolin, né à Strasbourg en 1829, est venu à Paris peu avant la révolution de 1848, se mettre sous la direction de Drolling. Il suivit en même temps les cours de l’École des Beaux-Arts et revint à Strasbourg en 1 85 5 , après avoir terminé ses études.
Arrivé dans sa ville natale, il se voua au professorat et ouvrit un atelier qui fut suivi par un très-grand nombre d’élèves. Cet atelier a duré jusqu’à la guerre; à ce moment il se ferma pour ne plus se rouvrir.
Touchemolin est un des rares artistes alsaciens qui soit resté à Strasbourg après l’annexion allemande, bien qu’il ait comme tous
les autres opté pour la nationalité française. Il va d’ailleurs quitter cette ville, où il se trouve en butte aux petites vexations des autorités nouvelles, qui empêchent ses tableaux d’être exposés aux vitrines des marchands.
Il est vrai que ses tableaux représentent presque toujours des
Fig. 1C4.. — Une rue de Strasbourg pendant le bombardement, par Touchemolin.
sujets militaires. Touchemolin est lié avec un grand nombre d’officiers français, et a fait en vue de ses études de prédilection, plusieurs séjours au camp de Châlons, y vivant de la vie de soldat.
Sa première exposition date de 1 863 ; son tableau représentait une Batterie de siège au moyen âge. En 1864, il fit la Gare de Magenta , en 1 865 , la Bataille de Solferino, et en 1866, une Batterie de fuséens autrichiens .
Depuis 1870, il a fait encore plusieurs tableaux et un grand nombre de dessins la plupart relatifs à la guerre. 11 avait fait des illustrations, notamment pour le grand ouvrage de son beau-père, Frédéric Piton, intitulé Strasbourg illustré. La réputation de Touchemolin est très-bien établie en Alsace, mais il lui manque la consécration que donnent les succès obtenus aux Salons de Paris.