LA VIERGE AUX ROSES
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COLMAR
l’artiste, c’est le cloître des Unterlinden, qui renferme la bibliothèque et le musée de la ville.
En 1232, deux veuves, appartenant à la noblesse, s’unirent à
Fig. 136. — Maison des chevaliers de Saint-Jean à Colmar.
d’autres femmes pieuses pour fonder un couvent dans un faubourg de Colmar, où l’une d’elles possédait une maison ombragée de tilleuls
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et qui en tirait le nom d’ Unterlinden. Elles n’y restèrent pas longtemps et se transférèrent aux environs de la ville, dans un endroit qui semblait préférable. Mais dans une vision qu’elles eurent la nuit, les dames fondatrices virent saint Jean-Baptiste qui leur ordonna de retourner à leur première demeure, les assurant d’ailleurs de sa bienveillante protection. Comme elles s’apprêtaient à partir, elles entendirent une voix mystérieuse qui disait : « Prenez-moi avec vous. » Elles cherchèrent d’où venait cette voix, et reconnurent que l’appel qu’elles avaient entendu était sorti d’une statuette représentant leur saint patron. Cette image, qu’elles n’eurent garde d’oublier, devint le palladium du couvent et fit, par la suite, de nombreux miracles. Elle a été conservée et figure au musée de la ville comme un des rares spécimens de la sculpture en bois du xme siècle.
De cette époque date la construction de l’église et du cloître des Unterlinden. L’église est la partie la plus ancienne qui ait été conservée ; encore n’en est-il resté que le chœur. Le cloître est formé de galeries dont les arcades sont divisées en deux par une mince et élégante colonnette que termine une rose dentelée au sommet de l’arc ogival.
Sur la proposition de la société Schongauer, l’administration municipale de Colmar a décidé, en 1849, que l’ancien couvent des Unterlinden serait affecté au musée de la ville. Les travaux nécessités par l’appropriation ont fait découvrir, dans le prolongement d’une des galeries du cloître, la maison primitive, berceau de la communauté, où dans l'origine les deux fondatrices s’étaient établies avec leurs filles. Cette maison est le seul spécimen de l’architecture civile de la même époque qui soit connu dans la haute Alsace.
Au centre du cloître, dont la construction ne paraît avoir été terminée qu’au xive siècle, autant qu’011 en peut juger par le style, est la jolie fontaine de M. Bartholdi, élevée en l’honneur de Martin Schongauer.
Sous les voûtes du cloître, on a rangé les statues, les pierres tombales et tous les débris de sculpture et d’architecture trouvés dans le département. Les peintures, les estampes et le musée archéologique occupent le vaisseau de l’ancienne église, dont le pavé est en partie fait avec les restes très-curieux d’une mosaïque antique, découverte en 1849, dans le village de Bercheim (Haut-Rhin).
Saint Augustin. Saint Antoine. Saint Jérôme.
Fig. 137. — Sculptures polychromes. (Musée de Colmar.)
Cette mosaïque formait le pavage d’une salle à manger dans une villa romaine et ne mesure pas moins de quatre-vingt-huit mètres carrés. Les matériaux qui la composent sont tous tirés du pays. Le dessin figure des compartiments ornés de vases, coquilles, rosaces, etc., reliés ensemble par de larges torsades.
L’œil est attiré tout d’abord au fond de la salle, par un grand autel décoré de sculptures polychromes de la plus belle tournure. Il provient de l’ancien monastère d’Issensheim , qui était un des plus riches couvents de l’Alsace . Ce retable, qui avait une réputation immense, n’existe plus en entier. « Les débris que possède le musée de Colmar, dit le livret, ne forment malheureusement qu’une bien faible partie de toutes ces richesses. On tient, de l’une des personnes même qui concoururent à leur enlèvement, que deux chariots de sculptures peintes et dorées furent à une époque déjà éloignée transportés dans une province voisine pour y être vendus. » Le retable, ou du moins ce qui en reste, est divisé en deux zones dans sa longueur horizontale. Au centre, saint Antoine est assis et accompagné de son cochon; d’un côté, saint Augustin debout présente le donateur agenouillé, de l’autre, saint Jérôme tient un livre dans une main et lève l’autre vers le ciel. En dessous est le buste du Christ escorté de ceux des douze apôtres.
Outre les sculptures qui le décorent, le maître-autel d’Issensheim était orné de peintures qui ont été rétablies dans la place où on suppose qu’elles étaient placées primitivement. Deux panneaux en hauteur formant les deux côtés du maître-autel représentent saint Sébastien et saint Antoine. Le saint Sébastien, attaché à une colonne et le corps percé de flèches, est d’un dessin puissant et d’une couleur vigoureuse. Cependant nous préférons encore le saint Antoine, qui, debout dans son ample draperie et la tète couverte d’une calotte, tient en main le Tau ou croix de saint Antoine. Au fond la tête du diable se montre à travers la fenêtre vitrée de verres ronds, pour personnifier la tentation du saint (fig. 1 38).
Ces peintures sont attribuées à Mathias Grunewald , peintre d’Aschaffenbourg, qui fut élève d’Albert Dürer, et dont les ouvrages principaux se voient à Mayence, à Bamberg et à Munich. Mais le catalogue du musée de Colmar donne au même maître l’étrange Crucifiement placé au bas du maître-autel d’Issensheim, et l’accompagne de la
Fig. 138. — Saint Antoine, attribué à Mathias Grunevald.
notice suivante : « Le Christ est à la croix; à droite, saint Jean-Baptiste montre du doigt le Christ ; à gauche, la Vierge, raidie par l’excès de sa douleur, est soutenue dans les bras de saint Jean l’Évangéliste. Au pied de la croix, sainte Madeleine tombe à genoux, les mains levées dans l’attitude du désespoir. Cette œuvre, comme les autres du même maître, renferme de belles qualités de coloris. Les chairs cadavéreuses du Christ mort ont peut-être des tons forcés ; mais c’est une de ces œuvres originales, dans le goût de l’époque, qu’il faut juger par voie d’attraction, en nous plaçant au point de vue de l’artiste qui a voulu impressionner vivement l’àme du spectateur en lui offrant sous une forme émouvante , empreinte des stigmates de la torture , l’image du divin supplicié. »
Cette appréciation est d’une justesse parfaite, mais cette peinture, où un sentiment profond se joint à une inexpérience visible, est-elle de la même main que le saint Antoine, si savamment dessiné, si pondéré dans toutes ses parties, et qui dénote un peintre parfaitement maître de toutes les ressources de son art?
Le musée renferme un assez grand nombre de peintures que le catalogue rattache à Martin Schongauer ou à son école, et qui sont d’un mérite très-différent. Il est probable que la plupart de ces tableaux ont été exécutés sous la direction du maître et retouchés par lui, mais il y en a où il a, plus que dans d’autres, marqué l’empreinte de son génie et qui semblent pouvoir lui être attribués plus directement. De ce nombre sont l'Ange de l’Annonciation, peint sur un volet en hauteur et la Vierge qui lui fait pendant et devant laquelle est un lis en fleur. La Vierge adorant l’enfant Jésus et le saint Antoine appartiennent à la même série (fig. 1 3g) ; on regarde aussi comme très-authentiques une Descente de croix et une Mise au tombeau.
Voici ce que dit le catalogue du musée à propos des autres tableaux classés comme Schongauer : « Les seize tableaux dont l’analyse va suivre sont attribués à Martin Schongauer, ou tout au moins à son école. L’empreinte du maître se reconnaît dans plusieurs figures essentielles, dans l’agencement général de la composition. Dans l’esprit des connaisseurs, ces tableaux de la passion du Christ passent pour des œuvres d’atelier exécutées sur commande, sous les yeux du maître par ses élèves, d’après les types créés par lui et retouchés dans leurs parties principales par le pinceau de Schongauer.
Fig. 139. — Saint Antoine, attribué à Martin Schongauer (musée de Colmar).
Ces seize tableaux, peints à l’huile, sur bois, fond d’or, sont réunis par trois et par quatre sous un même cadre, mais séparés entre eux par des baguettes en forme de compartiments. »
Le musée de Colmar possède une suite de sept tableaux, par Gaspard Isenmann, peintre et bourgeois de Colmar, en 1462; ils peuvent présenter de l’intérêt pour l’histoire de l’art, mais ils sont loin d’avoir les valeurs artistiques de certains tableaux primitifs que le catalogue classe parmi les maîtres inconnus. Nous citerons entre autres un Christ en croix avec les deux donateurs des tableaux, à genoux, les mains jointes, et accompagnés d’écussons armoriés : la Vierge et Saint Jean adorant le Christ en croix sont placés sur un autre compartiment (fig. 140). Les figures de ces tableaux se détachent sur un fond vert chargé d’étoiles d’or.
Il y a aussi un Christ entre les larrons, appartenant à un maître de l’école de Cologne , qui provient de l’église Saint-Martin de Colmar, et que le catalogue signale comme étant le plus ancien ouvrage allemand que possède la collection.
Bien que la grande richesse du musée de Colmar consiste surtout dans six peintures de l’époque archaïque, il y a aussi plusieurs ouvrages modernes qui sont dignes d’attention. Parmi les tableaux d’Alsaciens, nous signalerons une Madeleine et un Christ en prison, de Henner, une Alsacienne de Brion, une Noce traversant un gué de Jundt, une belle étude envoyée de Rome par Benjamin Ulmann, Pfeffel dictant ses poésies à sa nièce par Beyer, de bons paysages par Bernier, Saltzmann, etc.
En dehors de l’Alsace, on remarque un intérieur de Renoux, un naufragé de Duveau, une Vue du Sahara de Fromentin, des paysages d’Achard, Aligny, etc.
Outre ses tableaux, le musée de Colmar possède un cabinet d’estampes et une riche collection d’antiquités et d’objets d’art de toute espèce. Parmi les antiquités, nous signalerons un bas-relief en grès des Vosges qui représente un athlète combattant, plusieurs pierres tumulaires décorées de figures et appartenant à différentes époques, des fragments sculptés, des vases, etc.
Plusieurs pièces d’orfèvrerie et de bijouterie, provenant de la Renaissance ou des temps modernes , méritent de fixer l’attention ,
La Vierge et saint Jean.
Le Christ en croix.
Fig. 140. Peintures d’un maître inconnu (musde de Colmar).
entre autres un joli collier récemment acquis et paraissant provenir du xvne siècle (fi g. 141).
11 faut rattacher à la même époque un curieux bouclier de parade en bois peint, provenant des comtes de Ribeaupierre , et
Fig. 141. — Bijou du xvnc siècle (musée de Colmar).
déposé en 1794 dans les collections de la ville. Il présente le soieil au milieu et est divisé dans son ensemble en quatre parties égales séparées par des arbres, et présentant des sujets de chasse (fig. 142).
Le musée possède également dans la galerie du cloître et dans le jardin extérieur plusieurs petits monuments qui peuvent braver les intempéries de l’air et proviennent pour la plupart des démolitions
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exécutées à Colmar ou dans les environs. C’est ainsi qu’on y voit un joli puits de la Renaissance qui était autrefois placé dans la cour de la tribu des Tailleurs; la maison représentée sur notre gravure n’existe plus et nous l’avons fait rétablir d’après le grand ouvrage de Rothmuller (fig. iq3).
La petite ville d’Eguishem, près Colmar, doit son origine à un
Hg. 142. — Bouclier de Ribeaupierre.
château bâti au vin® siècle par Eberhard, petit-fils du duc d’Alsace Etichon. De l’ancien château il reste des vestiges de fossés et une tour hexagone; Eguishem possède aussi une ancienne église fort curieuse, dont la porte est décorée d’un Christ entre saint Pierre et saint Paul . Mais les voyageurs sont surtout attirés par la belle ruine intitulée les Trois tours d‘ Eguishem (fig. 144)7 leur silhouette, qui s’aperçoit
de très-loin dans le paysage, produit l’effet le plus pittoresque. Ce sont les restes d’un grand château élevé vers le xie siècle et qui fut détruit au xve dans les circonstances suivantes : un garçon meunier, de Mulhouse , ayant eu une contestation avec son maître qu’il pré-
Fig. 143. — Cour et puits de la tribu des Tailleurs, à Colmar.
tendait lui devoir six oboles, alla se plaindre à un seigneur du voisinage qui lui acheta sa créance. Le seigneur exigea le payement des six oboles et, n’ayant pas obtenu satisfaction, fit prendre et jeter en prison plusieurs bourgeois de Mulhouse. Le sénat de Mulhouse fit appel à plusieurs cités d’Alsace pour combattre la tyrannie des seigneurs qui, de leur côté, se liguèrent pour résister.
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Une guerre sanglante, connue sous le nom de Guerre des six oboles, s’engagea à cette occasion et les seigneurs se fortifièrent dans le château d’Eguishem, où ils furent assiégés par les bourgeois. Le château fut pris et brûlé, les seigneurs pendus et avec eux le garçon meunier, cause première de la guerre.
Le château d’Eguishem n’a jamais été réparé depuis ce jour, mais il acquit une mauvaise réputation à cause des mauvais esprits qui le hantaient. En 1 568, on fit un procès à une sorcière accusée d’avoir marié au diable sa fille, dont la noce avait été célébrée dans les tours d’Eguishem. Des témoins avaient aperçu de loin les sor-
Fig. 144, — Les tours d’Eguishem,
cières qui, à cette occasion, exécutaient la ronde du Sabbat au milieu des ruines du château.
Le pèlerinage des Trois-Épis est un de ceux qui attirent le plus de monde aux environs de Colmar. La légende qui s’y rattache n est pas fort ancienne et ne remonte pas plus haut que le xve siècle. Du reste, on la raconte de plusieurs manières. Voici la version la plus répandue : En 1491, un pauvre paysan qui coupait de l’herbe en cet endroit fut mordu par un serpent et mourut aussitôt. On fixa sur le chêne, au pied duquel son corps avait été trouvé, une image de la Vierge qui fut dès lors très-vénérée.
Peu de temps après, un bourgeois du pays, nommé Schoré,
étant passé par là, s’agenouilla, comme c’était l’habitude, devant la sainte image. Tout à coup la forêt s’illumine devant lui et la Mère de Dieu elle-même apparaît escortée de son chœur d’anges. Dans une main elle tenait trois beaux épis et dans l’autre un glaçon. Une voix mystérieuse charge le bourgeois agenouillé de prévenir les habitants de la contrée que s’ils se repentent de leurs péchés ils auront des épis superbes, mais s’ils ne font pas pénitence le sol sera pour eux aussi stérile qu’un glaçon. Après cet avertissement, la vision disparaît.
Le bonhomme, frappé de ce qu’il avait vu, retourna chez lui animé des plus pieuses intentions ; mais, chemin faisant, il réfléchit que la prophétie qu’il avait entendue pourrait être pour lui l’occasion d’une bonne affaire. Il achète en arrivant tous les sacs de blé qu’il trouve, ne doutant pas qu’il va faire un beau gain avec la disette qui va survenir. Mais quand il a fait son achat, aucune force humaine ne peut soulever les sacs pour les emporter dans son magasin. Il reconnaît alors qu’on ne se joue p>as impunément de la Mère de Dieu, et tout en larmes il confesse sa faute devant le peuple assemblé. La foule émue le suit jusqu’au lieu où s’est accompli le miracle, et une église s’élève avec les dons des fidèles.
Malheureusement les miracles n’avaient déjà plus le don d’inspirer des chefs-d’œuvre et la chapelle des Trois-Épis n’a aucun caractère. On s’en dédommage par la magnificence du site et par la contemplation de la montagne de Honack, où fut enterré tout vif le géant qui, d’un coup de hache, a creusé la vallée de Munster. Le tombeau du géant est une grande pierre celtique qui semble menacer les habitants de la vallée et roulera sur eux le jour où le géant sortira de sa prison.
Non loin de Colmar, à l’entrée de la vallée de Munster, se dresse, au sommet d’une montagne élevée, le château de Hoh-Landsberg, une des plus belles enceintes fortifiées qui soient restées en Alsace. On y trouve, au milieu des débris couverts de broussailles, des vestiges de salles et d’escaliers, quelques tourelles assez bien conservées et d’énormes murailles dans l’épaisseur desquelles étaient des galeries. L’âge roman et l’âge ogival ont laissé des traces dans ces ruines, mais leur caractère principal annonce un remaniement assez complet vers le xvie siècle.
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Près de là est le vieux donjon de Plixbourg, où une princesse fut autrefois enfermée par une fée qui la transforma en une sorte de sirène, moitié femme moitié dragon, en la prévenant qu’elle reprendrait sa forme première, si un chevalier osait l’embrasser. Un jour, il se trouva un chevalier qui, désireux de devenir possesseur du donjon, alla embrasser la sirène, croyant ainsi la délivrer. Mais la fée avait menti, et la sirène, transformée en véritable dragon, fut sans pitié pour son fiancé. La dame de Plixbourg hante encore ce château, où on l’entend pousser des cris lamentables, et il parait qu’un voyageur n'y passerait pas à minuit sans danger.
La belle église de Saint -Arbogast à Rouffach mérite de fixer l’attention. Elle a été bâtie au commencement du xiv® siècle par Wœlfelin, qui fut à la fois grand architecte et grand sculpteur. On y remarque une belle rosace et un superbe baptistère.
Près de Rouffach, on va visiter l’église de Soultzmatt, célèbre par ses nombreux monuments funéraires. L’un d’eux est décoré d’un bas-relief remarquable représentant l’ Annonciation. On y voit figurer un chevalier et sa femme dans l’attitude de la plus pieuse méditation.
KAYSERBERG
Kayserberg *, une des villes les plus pittoresques de l’Alsace, séduit tout d’abord par son aspect moyen âge. Un vieux donjon, reste d’un château dont on fait remonter la construction à Barberousse, domine la ville que traverse un cours d’eau encaissé dans de vieux pans de murs et bouillonnant sur son lit de roches. L’église paroissiale, dont le portail occidental et les piliers de la grande nef remontent au xn" siècle, est intéressante par ses sculptures. Les colonnettes du portail sont surmontées de chapiteaux variés, avec des feuillages orientaux, des tètes grotesques et des
i. Kayserberg porte de gueules parti d’azur à tour crénelée de trois pièces, entourée d'une enceinte crénelée et posée sur un monticule de cinq coupeaux de sinople.
animaux symboliques. Le tympan, avec têtes en support, représente le Christ couronnant la Vierge, à qui les anges Raphaël et Gabriel offrent l’encens. A l’intérieur, on remarque un grand retable provenant, dit-on, de la cathédrale de Bâle et décoré de sculptures en haut-relief fort remarquables et figurant les scènes de la Passion.
i • L’hôtel de ville de Kayserberg est un joli édifice de la Renaissance, avec un cabinet en saillies, et deux salles ornées de boiseries du temps. Plusieurs maisons du xvie siècle, qui sont restées debout, montrent la richesse des habitations privées à cette époque.
Près d Orbey, aux environs de Kayserberg, on visite l’abbaye
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de Pairis, dont les bâtiments sont modernes, mais où on trouve de vieilles substructions curieuses par les pierres tombales qu’elles renferment.
La petite ville de Kientzheim, près Kayserberg, possède deux monuments intéressants : la chapelle de Sainte-Régule dont la partie inférieure est romane, avec une voûte du xivc siècle, et l’église paroissiale, où sont conservées les pierres tombales du maréchal Lazare de Schwendi et de son fils Jean-Guillaume de Schwendi, baron de Hoh- Landsberg. Us sont tous deux représentés avec leurs armures, mais le maréchal est appuyé sur son bâton de commandement, tandis que le fils a la tète posée sur un oreiller pour indiquer qu’il est mort dans son lit. A leurs côtés, sont leurs casques et leurs armoiries de famille aux huit fers de lance croisés quatre par quatre, écartelés de l’aigle de la Seigneurie de Hoh- Landsberg. Les murs du cimetière de Kientzheim étaient autrefois décorés d’une danse macabre, qu’une tradition probablement erronée attribuait à Holbein.
Enfin de Kayserberg on peut aussi se rendre à Ammerschvihr, qui a conservé d’anciennes maisons et une jolie fontaine du xvic siècle, et à Riquevihr, où l’on entre par une belle porte fortifiée de la fin du xve siècle. Cette petite ville, dont les anciennes églises ont disparu, est pourtant curieuse par ses constructions civiles et militaires.
On montrait, dans l’intérieur d’une tour, une figure sculptée, représentant un vigneron avec la hotte de vendangeur sur le dos. Cette statue, qui paraît datée du xvie siècle, rappellerait, suivant la tradition, un habitant de la ville qui vendit su patrie à l’ennemi et l’introduisit dans la place. C’est ce qu’on appelle le traître de Riquevihr.