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« Je me suis toujours occupé d'art et d'archéologie, mettant à profit mes congés de fin de campagne. Mes premières recherches ont porté sur l'habitation romaine et byzantine. Je passe sur mes trouvailles. C'est ainsi par exemple que j'ai pu me rendre compte que les maisons romaines avaient le plus souvent quatre ou cinq étages, et non un simple rez-dechaussée, comme au théâtre. Rome, au ve siècle, comprenait 47,960 maisons de rapport, et un cinquième se louait 400 francs. Martial le poète habitait un troisième. »

(Interview du général-archéologue de Beylié. Le Matin.)

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Les architectes, en leur argot, appellent loups ou chameaux les erreurs de leurs plans qu'ils ne relèvent souvent qu'en cours d'exécution. Il y a des « loups » fameux. Tel architecte s'aperçoit qu'un escalier aboutit à un mur, tel autre oublie d'éclairer telle pièce, etc. On cite un « loup » amusant échappé à Alexandre Dumas père (il est vrai qu'il s'agit ici d'un profane) qui avait totalement omis l'escalier dans sa maison de Saint-Germain-en-Laye dont il avait soigneusement, d'ailleurs, conçu le plan. Souvent aussi, le « client » s'avise en dernière heure de commander un étage supplémentaire à sa villa. D'où la nécessité de déployer une ingéniosité, source d'une originalité — pour faire passer un escalier

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notamment — originalité que l’on n’eût point osé, souvent, hasarder sur le plan initial.

Les lois de l’acoustique au théâtre sont totalement inconnues. Ch. Garnier, avant de construire son Opéra, avait visité les plus belles scènes de l’Europe, espérant en déduire des règles profitables; on sait combien il s’est trompé ! D’ailleurs, la petite salle des concerts du Conservatoire de Paris, si renommée pour son acoustique, connut longtemps le délabrement, tant on redoutait qu’en la remettant à neuf elle perdît ses précieuses qualités.

On n’osait repeindre les murs, ni recouvrir les fauteuils de ladite salle parce que l’on ignorait précisément à quoi elle devait ses vertus.

Une légende à propos de l’admirable cathédrale de Cologne « inachevée et dont le nom de son auteur demeurera inconnu ».

L’archevêque Conrad, désireux de bâtir la plus belle église du monde, n’approuva tout d’abord aucun des plans qui lui étaient soumis, et comme un concurrent, désolé d’avoir été évincé, s’allait jeter dans le Rhin, le diable lui apparut sous les traits d’un vieillard et lui offrit le plan de la cathédrale actuelle en échange de son âme. L’architecte demanda à réfléchir et vint consulter l’archevêque à cet effet, qui sans doute lui conseilla de procéder comme il le fit, c’est-à-dire qu’il arracha des mains du diable le fameux plan et lui présenta, au même moment, une relique de sainte Ursule dont il s’était muni.

Se sentant impuissant à lutter contre la relique, le diable furieux, non sans avoir préalablement déchiré d’un coup de griffe une partie du plan, s’écria : « La cathédrale que tu me voles ne sera jamais achevée et ton nom demeurera inconnu. »

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Et de fait, l'architecte, n'ayant jamais pu reconstituer la partie qui manquait au dessin, en mourut de désespoir.

Claude employa le premier à la décoration des murailles et des voûtes la mosaïque, qui jusqu'à lui avait été réservée pour les pavés.

Des ressources divines en matière d’architecture. Il s'agit de l'église Sainte-Sophie : « Justinien avait voulu que l'abside fût éclairée par une seule fenêtre, mais ensuite il demanda qu'il y en eût deux. Alors, un ange, vêtu de la pourpre impériale, apparut aux architectes et leur dit : « Je vous ordonne d'éclairer l'autel par trois fenêtres en l'honneur du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Non seulement les anges aidèrent l'empereur de leurs conseils, mais ils l'aidèrent de leur bourse : ce fut encore un ange qui conduisit les mulets du trésor dans un souterrain et les ramena chargés de quatrevingts fois cent pièces d'or. » ( Histoire des Beaux-Arts. René Ménard.)

Autre intervention divine ! Il s'agit de l'origine du pont d'Avignon. Jésus apparut un jour à un jeune pâtre, nommé Benezet, et lui ordonna de faire un pont sur le Rhône. Laissant là son troupeau et guidé, cette fois, par un ange, l'enfant tout charmé demanda où et comment il bâtirait ce pont. Pour toute réponse, l'ange s'évanouit en montrant le fleuve du doigt. La fortune de Benezet consistait en trois oboles grâce auxquelles il put traverser le Rhône et se rendre à la cathédrale où l'évêque officiait au milieu d'une foule recueillie. L'enfant s'écrie qu'il va construire un pont sur le Rhône : aussitôt la foule chasse le gêneur, après l'avoir maltraité. Mais Benezet avise près de l'église on rocher, s'en approche et le soulève comme un caillou, puis, suivi de la foule stupéfaite, il pousse le rocher vers le fleuve et le jette au milieu des eaux frémis-

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santés pour commencer la première arche. Benezet travailla sept années à son pont qu’il ne put achever avant de mourir. Considéré comme un saint, le jeune pâtre fut inhumé dans une chapelle qui lui est dédiée...

Napoléon disait que les ponts de France ne devaient être construits en fer que là où la pierre manquait. Philibert de Lorme inventa un procédé^de charpente qui a conservé son nom. Ce procédé consiste à substituer aux fermes de char-

Fig. 70. — Médailles, par Chapu.

pente des planches sur champ réunies entre elles par des liernes, d’où il résulte une économie et une légèreté pour les voûtes et les combles qui n’ont pas un grand poids à supporter.

L’invention du balancier eut lieu sous le règne de Henri II et il existe des monnaies de cette époque qui ont la beauté et la perfection des belles médailles (fig. 70 et 72), ainsi frappées.

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Fig. 71. — Un « gratte-ciel » (New-York).

Il est fait mention d'un système de chauffage absolument analogue à nos calorifères, dans la quatre-vingt-douzième lettre de Senèque. Montaigne, au livre III, chapitre xm, de

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ses Essais , cite ainsi ce passage : « Que n'imitons-nous l'architecture romaine? Car on dict qu'anciennement le feu ne se faisoit en leurs maisons que par de dehors et au pied d'icelles; d'où s'inspiroit la chaleur à tout le logis, par les tuyaux practiquez en l'espez de mur, lesquels allaient embrassant les lieux qui en debvoient estre eschaufïez... »

Il y a peu de monarques au Levant qui voulussent loger dans un palais de la hauteur (fig.71) de notre Louvre et de celle

des autres demeures dont les souverains d'Europe font tant de cas. Les Orientaux ne peuvent comprendre que ceux qui sont maîtres des terrains n'aiment pas mieux étendre leurs édifices pour y retirer les personnes nécessaires à leur service, que d'élever ces mêmes édifices pour placer au-dessus de leurs têtes des gens qui ne peuvent y être sans incommodité et même sans péril. Quand on leur dit qu'un roi de France a soixante-douze marches à monter pour entrer dans ses chambres, ils trouvent la salle des Suisses, qui est au-dessous, beaucoup plus commode. (Lamothe Le Vayer.)

Fig. 72. — Médailles, par Chapu.

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L’Art plastique et les autres arts.

J.- H. Rosny, nous dit un jour ( Les Arts et leur Technique) : « Les matériaux du littérateur sont plutôt sociaux et naturels qu’organiques, opposés à ceux du peintre dont la rétine s’impressionne directement par des procédés d’identité et de logique.

« Notez que le bon peintre se reconnaît à cette exactitude d’expression, mais lorsqu’il représente un personnage, un arbre, il est évident pour tous, il saute aux yeux; un sauvage même n’en douterait pas, bien qu’il ignore le langage de ce personnage, l’essence de cet arbre. Au surplus, on a cité l’anecdote d’un chien reconnaissant le portrait de son maître ! »

Et J.- H. Rosny, envisageant parallèlement l’expression du littérateur, poursuit : « Un rayon de soleil traduit par le littérateur est un rayon de soleil écrit, une lumière filtrée, entrevue à travers le prisme des magiciens précurseurs tels que J. -J. Rousseau, les Bernardin de Saint-Pierre, les V. Hugo, les Lamartine, les Flaubert et autres fameux descripteurs de cette même lumière. »

« En des dessins bizarres, tourmentés, dans l’attente du

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mot sonore et en face du cahier de papier blanc, s'objectivait inconsciemment la pensée encore confuse de Victor Hugo. »

« La belle affaire, disait un jour Ingres au sculpteur Duret, de représenter une bosse par une bosse, un trou par un trou ! Il ne s'agit que d'établir la proportion des bosses et des trous. Voilà tout ! tandis que lorsqu'on veut peindre, il faut rendre ce qu'on voit par des lignes droites ou courbes, des artifices, une science profonde ! »

Et voici la réponse de Duret : « Mais alors, la peinture n'est qu'un art de convention, puisqu'il faut tant de combinaisons pour mettre le public dedans !... — Un art de convention ! conclut Ingres, le visage empourpré, pourquoi ne dites- ' vous pas un art faux? » Puis, se retournant indigné vers Duret qui portait perruque : « C'est votre toupet qui est faux ! » ( Causeries sur quelques artistes , Philippe Gilles.)

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Si toutefois les arts entre eux sont solidaires, le parallélisme de l'architecture avec la musique mérite une mention toute particulière. Ecoutons sur ce point Viollet-le-Duc. « On me confiait à un vieux domestique qui me menait promener où sa fantaisie le conduisait.

« Un jour, il me fit entrer dans l'église de Notre-Dame et me portait dans ses bras, car la foule était grande. La cathédrale était tendue de noir. Mes regards se fixèrent sur les vitraux de la rose méridionale, à travers laquelle passaient les rayons du soleil, colorés de nuances les plus éclatantes.

« Je vois encore la place où nous étions arrêtés parla foule. Tout à coup les grandes orgues se firent entendre; pour moi, c’était la rose que j'avais devant les yeux qui chantait. Mon

vieux guide voulut en vain me détromper; sous cette impression de plus en plus vive — puisque dans mon imagination j'en venais à croire que tels panneaux de vitraux produisaient des sons graves, tels autres des sons aigus — je fus saisi d'une si belle terreur, qu'il me fallut faire sortir. »

On a dit d'autre part, d'une manière pittoresque, « que le trombone était le maçon de l'architecte » et Novalis, parlant d'un beau monument, le qualifie de « musique pétrifiée » et Goethe de « musique muette ».

Au surplus, les anciens n'avaient-ils point caractérisé ces affinités entre les deux arts d'une façon charmante dans la fable d'Amphion?... d'Amphion qui, aidé de son frère Zéthus, s'empara de la ville de Thèbes pour venger les injures faites à sa mère et bâtit alors les remparts dont les pierres, suivant les récits des poètes, venaient se placer d'elles-mêmes au son de sa lyre.

Enfin Pythagore, dit-on, ayant écouté le bruit alternatif et cadencé de trois marteaux sur une enclume, charmé par la résonance inégale de l’enclume sous le choc des trois marteaux, fit peser ceux-ci, et, de la proportion de leur son et de leur poids, se basant sur les lois de la gravité, déduisit les secrets d'une harmonie musicale.

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Le métier de librettiste n'entraîne pas forcément, pour ceux qui s'y adonnent, l'amour de la musique. Henri Meilhac, qui connut pourtant des triomphes avec les musiciens, le prouvait. Meilhac, très sincèrement, exécrait la musique.

Le quatrième acte de la Manon de Massenet, dont il devait écrire le livret avec Philippe Gille, se termine, comme on sait, par un magnifique effet de sonorité. La première fois

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