livre : ce sont des statues
archaiques conservees dans
divers niusees europeens, a
Bologne, Londres, Berlin, Tu-
P,(; I,«^;, StATUK DK KHASAKHMÜUI
Ashmolean Museum, :i Oxford.
pl. XI, I. — V.,.r, en outiv. i.R MoR.iAN, Rec/urc/m sur les Oriirines. 11. i-l. iv
1 <,\nVi.^K\.mA^V.,(ksc/iu-/iU: der ch:yl.iiscl,en l^unsl nn .l/vvss dargestellt . Leipzig, ic,o3. Je comprends, sous le nom d'art profane, les monuments art.sUques crces
rill, Leide, Bruxelles, Naples et Paris et qiii coiidiiiseiit, par une lente Gradation, aux chefs-d'ceuvre realistes des IV^ et V^ dynasties '. Noiis en donnons quelques specimens dans les figures i8i ä 183.
Nous citerons encore un seuil de rre decouvert a Hieraconpolis et dee d'une tete humaine. L'artiste a l'intention evidente de representer captif ecrase par les battants de la rte -.
Nous venons de voir ce que fut la Statues du
Ipture des premieres dvnasties, en , ,
hors des oeuvres ofificielles. Les sta-
royales nous sont connues jusqu'ä
esent par deux specimens seulement.
eux-ci suffiront cependant ä nous mon-
■ toute la distance qui les separe des
Iptures privees, distance analogue ä
le que nous avons constatee prece-
demmentdans la sculptureenrelief.
Ces deux statues ont ete decou-
vertes ä Hieraconpolis et portent
le nom d'un roi qui se place vrai-
semblablement vers la fin de la
IL dynastie ou au debut de la IIP''.
M. Weill en a donne une des-
cription fort precise ; « ... deux
petites statues assises, d'une fac-
ture etrange et delicate, presque
Fig. 186. — Tf.th dk i.a statuk
DE KhASAKHMOUI.
Ashinolean Museum, ä Oxford.
par la religion populaire, suite des cro3'ances de repoque primitive, en Opposition avec la religion officielle des envahisseurs pharaoniques.
' Capart, Recueil de Motiuments egvptiejis. Notice des pl. 11 et iii.
^ QuiBELL, Hierakoiipoiis, I, pl. iii et p. 6 ; 11, p. 36.
■^ Maspero, Guide du visilcur an Miisee du Caire. Le Caire, 1902, p. 165 : «de la III^ dynastie ». — Navu.i.e, /es Plus Ancic7is Mimuiiicnts cg\pticns,\\\, dans \q Recueil de traiHiux rclatifs ä la philologic et ä l'arch&ologie egypiieruies et nssyrienncs, XXV, 1903, pp. 237-239 : « un roi de la III- dynastie ». — Petrie, History of Egypt, \, 5® ed., 1903, pp. 27, 27", 28, 28*, 29, qui distingue deux rois, les 8 et 9 de la 11^ dynastie ; dans Ouibeix, Hicrnhonpolis, 1, p. 5 : « after the 1^' dynasty, and probably not Viefore the middle c)f the ir"'dynas1v >■-.
freie, cxtremement eloignee de lastatiiaire im peii massive dudebut de l'Ancien Empire. La premiere statiie, eii calcaire, est brisee et privee de tont le liaiit du corps ; la tete, ramassee a part, a iine expression cxtraordinaire, tres jeime, melancoliqiie et serieiise.
L'attitude et le costume sont les memes qiie ceiix que nous montre l'autrc Statue, en schiste, qui est a peu pres intacte. Le corps est (Irape dans un vetement tombant, largement ouvert sur la poitrine, avec des manches qui habillent
le bras jusqu'au poignet
L'avant-bras gauche est repliecontre le corps, le poing droit repose sur le genou et tient l'extremite d'un sceptre. La tete porte la grande tiare blanche ... Les deux statuettes ont leurs socles entonres de souples dessins a la pointe, qui representent des multitudes mises en deroute, des figures d'hommes culbutees dans les positions les plus singulierement inattendues et variees. Des chiffres d'ennemis tues accompagnent ces petits tableaux^ et devant les pieds de la statue se trouve grave le cartouche de l'Horus Khäsakhmoui • ». On a remarque que l'ceil etait orne de traits de fard l'allongeant jusqu'ä l'oreilleetdont la mode,d'apres une theorie emise par M. Borchardt, n'apparaitrait qu'a la VP dynastie •■■. Ces
Fig. 187. — Statukttk dk Liox kn terrk cuitk.
Ashmolean Museum, ä Oxford.
' Weill, R., Ilirrnronpd/ix et les Ori^incs de l'Fgvjic, dzj\% \a Revue archeologiquc, 1902, II, p. 123. — OuiBKiJ,, Hieralionpolis, J, pl. xxxix-xi.i et p. 11 ; II, p. 44.
^ Borchardt, über das Aller des Sphinx hei Giseh, dans les Sitzungsberichte der königlich preussischen Akadeviie der Wissenschaften zu Berlin, XXXV, 1897, PP- 752-755-
Hieraconpclis.
traits peints, extremcment visiblcs siir la pliotographie prise au moment de la decouvcrte, n'ont plus laisse actuellement que quelques traces ä la surface de la pierre, comme on pourra s'en rendre compte eil examinant les figures 184, 185 et 186, prises sur l'original conservea l'Ashmolean Museum, k Oxford. II est vraisemblable que l'etude attentive des statues royales de Hieraconpolis permettra de repiendre la question de Tage- des statues ro3'ales de la IV^ dynastie du Musee du Caire, et qae cette etude modifiera quelque peu les conclusions auxquelles s'etaient arretes plusieurs savants ^ Lion de Nous avous vu precedeiuiiient combien les statuettes d'animaux
etaient frequentes dans la periode primitive et avec quelle perfection l'artiste avait saisi le caractere de chacune des especes animales representees. Outre le beau chien en ivoire reproduit sur la figure 131, les fouilles d'Hieraconpolis ont donne une magnifique statue de lion, en terre cuite. Les circonstances dans lesquelles eile a ete trouvee permettent de l'attribuer sans trop d'hesitation a la periode qui precede la IV^ d^'uastie \ Des fragments de statues de la meme matiere et de la meme technique ont ete retrouvees, d'apres MM. Petrie et Ouibell, a Coptos, au Ramesseum, ä Medinet Habou et a Abydos ^. La comparaison faite par M. Quibell entre le lion de Hieraconpolis et les figures de lion qui decorent une table d'offrandes du Musee du Caire apporte un serieux argument a ceux qui attribuent cette statue de lion ä la periode archaique ^. La figure 187 permettra, mieux que toute description, d'apprecier la vigueur d'execution de cette belle statue.
Nous aurons ainsi rapidement passe en revue les principaux monuments que Ton peut attribuer ä la periode qui separe les Egyptiens primitifs des contemporains des debuts de la IV^ d)^nastie. Nous devons^ avant de chercher a tirer quelques conclusions
^ BoRCHARDT, Über Jas A/Zir Jcr Chcfrenstatuai, dans la Zeitschrift für ägyptische Spraclu und Alterthuniskwide, XXXVI, 1898, pp. 1-18.
- OuiBF.LL and Green, Hierakonpolis, II, pl. XLVii et p. 45.
^ Petrie, Koptos, pl. v et p. 5 ; dans Quibell, Hierakonpolis, I, pp. 11-12.
* BoRCHARPT, über das Alter der Chefreiistatuoi, dans la Zestschrift für ägyptische Sprache und Alterthuiiiskittide, XXXVI, 1898, }). 5, fig. 3. — Wiedemann, Compte rendu de Quibell, Hierakonpolis, I, dans la Orieiitalistische Litteraturzeilung, III, 1900, col. 333 : zur Nagada Periode, ibidem, cul. 85.
generales de l'ensemble de nos recherches, examiner brievement les dociiments qui nous permettent de nous faire au moins une idee des arts du mouvement dans l'Egypte primitive : la danse, la musique et la poesie.
Mais avant de clore ce chapitre, je ne puis resister au plaisir Figurine de de reproduire ici trois aspects de la tete d'une figurine en ivoire, Cheops. decouverte pendant l'hiver 1902- 1903 a Abydos, et qui nous niontre le roi Cheops, le constructeur de la grande pyramide de Gizeh 1 (fig. 188). Comme Tecrivait M. Maspero, dans un article public en 1901, « il y a six annees ä peine, l'histoire de l'Egypte s'arretait pour nous au siede oü les grandes Pyramides furent construites. Les colosses de Gizeh semblaient interposer leur masse entre le plan du monde oü nous vivons et les lointains extremes du passe... La pioche des fouilleurs a soudain fait breche dans l'obstacle qui nous masquait les dynasties primitives » ^. Ce qui nous paraissait naguere encore le commencement d'un monde peut etre parfaitement choisi comme le resultat de l'evolution de toute une civilisation.
1 Petrie, AbydoSj II, pl. xiii et xiv et p. 30 ; the Ten Temples of Abydos, dans le Harper's Monthly Magazine, n° 642, novembre 1903, fig. 6 et pp. 839-
^ Maspero, les Premiers Temps de lliisioire d'Egyptc d'afres les decouvertes recentes, dans le Lotus. Alexandrie, n''4, juillet 1901, p. 185.