‹ L'art en FranceChapitre 55 sur 92 · M. ROYBET · texte numérisé non relu

M. ROYBET

La Sarabande de M. Roybet, avec la Main chaude de l’année passée et les Propos galants de l’année précédente, constituera le trio dont peut s’honorer un artiste. II y a dans les œuvres de ce peintre une facilité d’exécution et une promptitude de faire qui rassure le spectateur ; on ne sent là ni la fatigue ni 1 effort. C’est à la fois très exécuté et très large, bien rendu sans appuyer, correct sans raideur: ajoutons aussi que la peinture en elle-même est aimable.

Dans un riche intérieur du dix-septième siècle hollandais, belge ou flamand, deux heureux époux font danser la Sarabande à leurs deux petits enfants. Infants et Infantes par le costume. La mère, charmante, richement vêtue, sourit à leurs pas empruntés; le père, qui semble sorti des mains de Terburg qui l’a frisé et lui a mis sa plus belle collerette, prend au sérieux son rôle de ménétrier. La servante du logis jouit aussi du spectacle.

Tout cet intérieur est chaud de peinture ; l’ouvrier, en M. Roybet, est de premier ordre ; il a donné maintes preuves de sa maîtrise dans les grandes toiles que nous avons citées, et dans un temps où on fait un effort vers la pensée et l'idée même qui inspire le tableau sans toujours se préoccuper de l’exécution ; il est bon qu’il nous reste quelques peintres au sens du mot, c’est-à-dire des exécutants solides, à la brosse agile, à la couleur brillante, à la matière saine, qui tiennent compte du jeu de la lumière sur les corps. M. Roybet n’est pas resté seul dans cette voie, mais il est certainement le représentant le plus qualifié de ces qualités que nous admirons dans la mesure où il convient de le faire.

M. Roybet est français, né à Uzès, dans le Gard, aux environs de l’année i84o, il a eu la Grande Médaille d’honneur au Salon, et a marché de succès en succès ; sa réputation est grande dans les deux hémisphères. Les Propos galants ont mis le sceau à une renommée déjà solidement établie.

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