XX AVANT-PROPOS
époques qu', obsédés par le désir de la jouissance esthétique, ont perdu de vue le bien et le vrai. À la recherche constante des joies de l’art se lient l'amour galan!, la conversation mondaine, la vie de sal n, l’observation amusée des hommes, la contemplation détachée dela nature : ce pur Jeu — sans élan vital nt passion vigoureuse — avec les êtres et les choses est dissolvant et, à la longue, peut étre mortel.
La recherche du bien et du vrai répond à la tendance de l’étre : la recherche du plaisir aboutit à l’immobilüté. Quelque analogie foncière qu’il y ail entre l’art et la science, — car celle-ci est un jeu, elle aussi; et la curiosité, dès l’animal, manifeste un surcroît de vie, un commencement de libération, — plus la science est désintéressée, plus elle comporte virtuellement des conséquences pratiques; le pouvoir sur les choses, plus elle accroît la conscience des fins humaines. La Science cherche en définitive le Paradis. L'Art peut créer des paradis artificiels et faire oublier le but de la vie : c’est alors une façon de Nirvana.
Somme toute, st l’art est un symbole de progrès et un agent de développement dans l’évolution de l'humanité, l'abus de l’art est à la fois un signe el un facteur de décadence.
Nous pensons que les considérations précédentes seront bien 1llustrées par le présent volume. Il ne constitue pas un iraité d'archéologie. Il n’a pas pour titre l'Art grec, maus Art en Grèce; et A. de Ridder, dans les premières pages, en précise Pobyet.
Cet objet — montrer quel rôle l’art a joué dans la vie des Grecs, quels caractères il a pris chez eux, en sorte que s’explique l’influence exercée par leurs artistes sur l'art des autres peuples el des âges suivants, — répondait bien aux préoccupations de toute sa vie La Grèce, dès la première jeu-