AVANT-PROPOS XXI
nesse, l’avait attiré; elle l’a retenu ensuite, puis hanté. Fouulles, rédaction de catalogues, travaux divers, fonctions officielles, tout dans sa vie s’est rapporié à ce coin de terre, à ce peuplé élu, qu’il a voulu bien connaître parce qu’il les aimait el qu’il les a aimés davantage à mesure qu'il les a mieux connus. Aussi a-t-1l élé tenté, tout de suite, par le sujet lui ai proposé. Puisque tout dans sa vie se rapportait à la queje Grèce, toute sa vie devait aboutir à cet ouvrage.
Dès novembre 1913, il en a tracé le plan. Doué d’une mémoire extraordinaire, il en a précisé le détail de tête, par une méditation continue. La guerre a retardé la rédaction du manuscril. Quand je lui ai demandé de se mettre à cette tâche, le livre étaït prét, — sans qu’une ligne en fût écrite. À mon appel, de sa fine écriture, élégante et nette, il a jeté sur le papier trois chapitres, — et ce premier jet constituait une rédaction à peu près définitive. Les autres chapitres ont été ensevelis, avec ce cerveau si riche et st lucide, dans la tombe prématurément ouverte (1).
J’ai souhaité que les pages précieuses de celui qui de 1913 à 1921 a porté la pensée de ce livre, que cette relique au moins ne fût pas perdue. J’ai obienu de W. Deonna qu’il voulât bien se charger de l’ouvrage en conservant ces pages comme introduction et en remplissan!, avec une pleine liberté, le cadre tracé par À. de Ridder.
Les travaux importants de W. Deonna, — « athénien » lui ausst et lut aussi conservateur de musée, — sa connaissance particulière de l’archéologie grecque, sa vaste curiosité, son effort si attachant pour élargir le champ de l'archéologie, pour remonter aux sources premières de l’art el pour le relier aux autres marifestalions de laclivité humaine, rendaïent très désirable sa collaboration à Y'Évolution de l'Humanité.
Il n’a pas seulement, dans le présent volume, étudié —
(1) Voir da nolice de J. CHAMONARD dans l’Annuaire. de 1922 de l’'Association des anciens élèves de l’École Normale supérieure.