AVANT-PROPOS XXVII
on la rapproche pour y trouver lexplication cherchée (1). » Ce qui est vrar pour les époques où la sculpture et la peinture sont fortement constituées, munies de traditions et de modèles, ne s’applique pas, semble-t-il, aux origines. Là, si les réalisations plastiques ont précisé les mythes, les mythes ont précédé les réalisations plastiques (2).
Les mythes sont des essais spontanés et naïfs d'interprétation de la nature et de la vie. « Dans le ciel vide » la riche imagination des poètes de la Grèce « a projeté la multitude des êtres divins ». « Le mythe apprii aux aèdes à voir dans l’âme de leurs personnages; et les passions qui conduisent Agamemnon, Diomède, Achille, furent étudiées d'abord chez Zeus, Arès ou Poseidon (3). » L’anthropomorphisme des premiers poèles grecs traduit, avec un épanouissement de vie physique, une vive efneïle conscience du mot, une haute idée de la personnalité humaine, une ferme confiance dans le Noù. L’épopée homérique, les poèmes d'Hésiode « révélèrent que la représentationde la vie était la matière la plus propre à toucher les hommes et à faire naître en eux l'impression de la beauté » (4).
Pourquoi donc laisser l'art liftéraire à l'arrière-plan P — C’est, précisément, que l’art littéraire est lié de façon si étroite, en Grèce, à la vie et à la pensée, que tous les volumes de la série grecque ont affaire à lui, rencontrent des auteurs et des œuvres. Si nous voulions traiter la littérature grecque à part, à moins de nous contenter d’un sec et vain résumé, nous serions amenés à bien des redites el nous devrions insister sur des détails bien techniques ou spéciaux.
(1) La méthode en Histoire de l’art, dans la Rev. de Synth. hist., 4 XX VZZZ, fév. 1914, p. 31.
(2) « La staluaire antique est sortie du paganisme grec, sans doute; mais inversement, est-ce que le paganisme grec n’est pas en partie une création des artistes, comme des poèles P » — Des poètes surtout, croyons- nous, Voir HOURTICQ, ibid., p. 40.
(3) Voir OUvrÉ, Les formes littéraires de la Pensée grecque, pp. 17, 50.. (4) M, CROISET, La Civilisation hellénique, 4, 7, p. 60.