XXVIII AVANT-PROPOS
Faisons, d’ailleurs, ici une distinciicon capitale. L’histotre littéraire, telle qu’elle est pratiquée couramment, enférme deux sortes d'œuvres. Les unes appartiennent à l’art littéraire, lendent essentiellement au plaisir esthétique. Les autres tendent à diverses fins pratiques el ne sont annexées à l’art litléraire qu’en vertu de qualités pour ainsi dire surajoutées, d’où peut naître — comme dans les arts décoralifs — le plaisir esthétique.
L’éloquence, lhistoire, la philosophie, les genres en prose nés de l’action et de la spéculation, c’est dans les votumes consacrés à la vie politique et à la pensée qw'ils trouvent leur place naturelle. Quant aux genres proprement littéraires : Pépopée (genre mixte, qui contient tout en germe, mais surtout la narration ef la description), le lyrisme, le drame, tls sont nés de la religion, — elle-même associée à toute la vie des peuples jeunes : et létude de la religion grecque évoque en grand nombre les chefs-d’œuvre de la littérature (1).
Peut-être n’aurait-il pas été sans inlérét dinsister sur ces « genres » littéraires que, précisément, la Grèce a constitués et sur les lois de beauté qu’elle a formulées, poétique ef rhétorique, nouveautés par lesquelles sa raison a voulu fortifier la spontanéité créatrice. Mais nous retrouverons dans, la oériode alexandrine, puis à Rome, puis à la Renaïssancé et à Pépoque classique, les genres, les règles, les modèles de la Grèce. |
Nous aurons, du reste, à revenir, d’une façon générale, sur les formes diverses de l’art; et nous verrons tout ce dont lhumanité est redevable à la Grèce pour avoir organisé les plus nobles joutssances. |
Henri Berr.
(1) Voir le tome XI, Le Génie grec dans la Réligion.
On ne trouvera pas ici une histoire de Part grec. Ii yena plusieurs déjà, tant en France qu’à l’étranger, et ce n’est pas en quelques centaines de pages que je pourrais, à supposer que j'en fusse capable, étudier un sujet de cette importance et, pour bien des raisons, difficile entre tous à traiter. À peine pourrais-je résumer sèchement les résultats dus à l’effort commun des savants qui m’ont précédé et guidé, et je devrais ne pas tenir compte des innombrables monographies de détail qui, au fur et à mesure des découvertes, complètent parfois et rectifient les conclusions auxquelles ils se sont arrêtés. Je renverrai avec d'autant moins de scrupule à ces histoires générales de Part (1), qu’elles ont toutes leurs mérites propres et que la France à cet égard, grâce à MM. Collignon (2) et Perrot (3), compte parmi les nations les mieux partagées. Il sera donc aisé pour le lecteur de contrôler mes vues et d’ajouter d’abondants exemples à ceux dont j'aurai fait choix.
Je n’ai, pas davantage, prétendu écrire une philosophie de l'art grec. Ce n’est pas que le sujet soit sans intérêt : je n’en connais pas de plus haut, ni qui mérite plus d’être traité, mais, outre qu'il ne saurait l’être par tous, il n’est pas non plus, il seu faut de beaucoup, à la portée de tous, et, pour en aborder
() I-XXIT. —- (2) V, LXII-IIT.