X AVANT-PROPOS
des jeux — et ensuite des arts — que le jeu peut être soumis à l’influence de la société, peut étre même institutionalisé, quoiqu'il réponde à un besoin originellement et absolument individuel : nous insisterons plus loin, à propos de Part, sur celte importante question.
S? le jeu, comme on la dit, est une forme de passage entre l’activité pratique et laclivité purement contemplative ou esthétique, entre la vie et Part (1), les jeux sont marqués également de ce caractère mixte. L’enfant, l'adolescent qui font Jouer leurs organes physiques, en même temps qu'ils se « soulagent », ont la satisfaction d’éprouver leur force, dexercer un pouvoir soit sur leur corps, soit sur le monde extérieur, sur les choses ou sur les étres. Les jeux physiques, et aussi la plupart des autres jeux qui ont été imaginés ou instilués pour les Jeunes comme pour les adultes, produisent, tendent même à produire, conjointement avec le plaisir du jeu, tel avantage pratique. Les jeux physiques sont une simulation de travail qui rend plus aisé le travail véritable} ils assurent des victoires, sans nécessité pratique de vaincre, mais non sans que des victoires ultérieures s’en trouvent factlitées. Résoudre des difficultés pour le plaisir el en méme temps pour le profit est le but de jeux et de concours de toute nature. Mille exemples pourraient illustrer cette proposition — que la dépense inutile d'énergie se couronne souvent d’utilité
Beaucoup de jeux, — comme les jeux gymniques des Grecs, — beaucoup de fêtes, périodiques et réglées, font apparaître un élément particulier dont le rôle, dans le jeu, n’est pas actif, n’est pas direct : le public. On ne saurait dire que ce rôle soit purement contemplatif, puisque des intérêts divers — religieux, civiques, dans le cas des Jeux de la Grèce — peuvent se mêler au plaisir d'être spectateur. Mais il y a, pour une part
(1) Voir K. GRroos, ouv. cité, p. 303; EBBINGHAUS, Précis de Psychologie, p. 288.