‹ L'art en Grèce, avec 67 figures dans le texte et 20 planches hors texteChapitre 65 sur 124 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Dan. toates :es branches de l’art, architecture, peinture, sculpture, arts industriels, le Grec innove, crée des formes qui lui sont propres.

Il dote le dieu d’une demeure, le temple (1), inconnu des égéens, dont les lieux de culte sont des grottes, des hautslieux, des chapelles dans le palais. En Grèce continentale, il utilise le méyaron mycénien qui devient le temple dorique; en Grèce d'Asie, ii demande peut-être aussi quelques éléments du temple dorique à des constructions préhelléniques, et les autres en tout cas à l’Orient. Mais ces emprunts sont si bien transformés et adaptés, que l’ordre dorique et l’ordre ionique constituent des créations vraiment grecques. Le travail d’élaboration s'achève au vi® siècle. Le temple durique, d’abord en bois et en brique, puis en pierre depuis la fin du vu siècle, a élancé ses formes trop trapues, cherchéles meilleurs rapports entre les diverses parties, colonnes, entablement, étudié lharmonie de ses lignes, réparti la polychromie et l’ornementation. De légères modifications sont désormais seules possibles, par exemple celles de l’échine dont la courbure se redresse de plus en plus (2). Les chapiteaux d’Égine (vers470)(3), de Delphes (trésor des Athéniens, vers 485), déjà classiques, annoncent ceux du Parthénon (447-38). Celui-ci marque l'apogée du

(4) XXIIT sq.

(2) Évolution du chapiteau dorique depuis le vris siècle, Joa1, XIX-XX,

(3) FURTWAENGLER, Aegina, 3906,

dorique; les architectes ultérieurs ne pourront y introduire que des nuances, des contaminations, souvent peu heureuses, qui trahissent l’épuisement.

De son côté, la colonne ionique, passant aussi du bois à la pierre, constitue’ son: ornementation végétale, redresse les volutes de son chapiteau qui, à Délos, à lAcropole d’Athènes

À ire (fin du vi®), annonce celui déjà Fig. lfe © Cape JonIAne SES (420-407)

(fig. 18). Cèlui-ci donne l’exemple typique de cet ordre architectural, dès lors rival du dorique sur le continent (1).

Le chapiteau corinthien qui, si ses éléments peuvent être cherchés plus haut, apparaît pour la première fois dans le temple de Phigalie (vers 420), ne constitue pas un ordre proprement dit, n’étant qu’une variante de l’ionique. Par sa richesse plus grande que celle de l’ionique, et surtout du dorique, il sera préféré à une époque tardive, quand le luxe croissant aura remplacé la sobriété ancienne (Ag, 19).

Ces trois formes sont caractéris-

PARA a. A ie Sent tiques de larchitecture grecque, daure, début du rv° 5, et révélatrices de la pensée esthétique. Nées des nécessités du culte,

elles sont adaptées aux diverses constructions, édifices funéraires, bâtiments de la vie publique, fontaines, stoas, marchés, et de la vie privée, maisons. Partout on retrouve le prin-

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