‹ L'art en Grèce, avec 67 figures dans le texte et 20 planches hors texteChapitre 7 sur 124 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

tère d’utilité foncière : « On peut à la rigueur l assimiler à une extension du vêtement (1). »

Quand on recherche l’origine historique, le point d'inserton, en quelque sorte, des divers ornements, des embellissements successifs qu'a reçus la vie humaine, on peut très bien rencontrer, on doit même trouver généralement des intentions pratiques, des circonstances sociales. Le latouage, la peinture du corps, les incisions, les plumes, les peaux répondent, sans doute, à des distinctions de tribus, de rangs, à des croyances, à des fins magiques. Mais, dès le début, peut-étre y a-t-il, dans tout cela, plus ou moins vague, un élément esthétique : « Dans l’ornementation de la personne, aux motifs mythiques el sociaux s'ajoute lattraction exercée par les couleurs fortes, facilement perçues par la vue, comme le blanc et le noir mis en contraste, le jaune el surtout :e rouge qui rappelle le sang (2). » ET à un moment donné le symbolisme s’efface, fandis qu’avparaît de plus en plus la fin esthétique.

Il y a des sens qui ne sont pas étrangers aux Jouissances esthétiques, mais desquels ne relève aucun art organisé, parce qu’ils sont irop engagés dans les besoins immédiats de la vie : le goût, le toucher, l’odorat (3). Les sens nobles sont ceux de la vueetde l’ouïe, parce qu’ils sont liés aux facultéssupérieures. Ils ont donné naissance non seulement aux arts décoratifs (4) mais aux aris majeurs. Ceux-ci, délachés de utile, — au moins en apparence, — jouent avec le monde des images qui reflètent la réalité exlérieure et avec le monde intérieur des sentiments. Par delà les sens ils s'adressent aux faculiés les

(1) TH. RiBor, ouvr. cité, p. 345.

(2) M.-H, CORNEJO, Sociologie générale, 4. II, p. 261.

(3) On aspire cependant à un « art culinaire » et on s’ingénie pour saitsfaire le toucher et lodorat. Voir P. LORQUET, L’Art et l'Histoire, pp. 110-

(4) L’oreille a, comme la vue, ses arts mineurs, pendants des arts décoralifs, « appels modulés, refrains ou mélopées des travaux, « cris de Paris » ranz des vaches ». Voir P. LORQUET, ouvr. cité, p. 96,

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