‹ L'art en Grèce, avec 67 figures dans le texte et 20 planches hors texteChapitre 8 sur 124 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

plus hautes, — intelligence, imagination, sensibilité, — et c’est de là qu’ils tiennent leur pleine dignité.

Selon qu’ils tendent à limitation ou à l’expression, les arts majeurs consittuent deux groupes : peinture et sculpture, d’un côté; danse et musique, de l’autre. L’art littéraire, le

plus riche et le plus complexe, fait aux deux lendances une part égale (1).

La littérature d'expression, le lyrisme, est en un rapport étroit avec ces arls, incontestablement très anciens, la musique et la danse, dans lesquels certains veulent voir les arts primitifs. Musique et danse prolongent l'expression spontanée de la senstbiiité débordante. Le besoin d'émotion se satisfait en manifestations réglées — de signification sexuelle, guerrière, religieuse. Alors la danse, le chant n’ont plus seulement des acteurs, mais un public. Ce public s'associe aux sentiments exprimés : par là il éprouve le plaisir esthétique. Mais il trouve aussi ce plaisir dans un autre élément : lunisson, le rythme que réalisent les mouvements et les sons (2).

Le rythme — qui existe déjà dans les cris ou les chants destinés à accompagner, à faciliter, à adouctr le travail, chansons de battage, de filage, de tissage, de navigation — conslilue une source d’agrément irès importante. Les arts de la forme ei de la couleur, à tous leurs degrés, et surtout l’architeciure, procurent le méme plaisir par la symétrie et l'harmonie. Nous tenons là l'élément le plus général de l’art, commun à ses manifestahons les plus diverses. Mais dans les arts sub- Jectifs, — et que certains nomment rythmiques, — cet élément Joue un rôle plus considérable, plus apparent que dans les auires, parce que la sensibilité y impose plus fortement, y

(1) Cf. la distinction de Wundt entre les arts d'imitation et Les arts musicaux, celle de Cornejo entre les arts construclifs et les aris rythmiques. Voir CORNEJO, ouvr. cité, 1. II, p. 253,

(2) Voir CorNEeJo, ibid., pp. 288, 293 ; R1BOT, ouvr. cilé, pp. 3306, 338. Sur lPorigine des insitrumenis de musique, voir CORNEJO, p. 294.

Page 1