‹ L'art en Grèce, avec 67 figures dans le texte et 20 planches hors texteChapitre 75 sur 124 · DEP ET A NT TR PE · texte numérisé non relu

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bouleus) (1), par Scopas (têtes de Tégée) (2), par Lysippe (Agias) (3), sont pittoresques et picturales.

Les hellénistiques développent ces tendances. Ils précisent les différences anatomiques entre les sexes, les âges, les conditions sociales, intellectuelles, morales; ils aiment à traduire les chairs potelées des bambins, comme les chairs flétries des vieilles femmes, des vieux pêcheurs, et, d’un extrême à l’autre de cette échelle humaine, ils observent mille nuances. Ils ne

craignent pas de noter les tares physiologiques, pathologiques,

surtout les modeleurs dans les figurines de terre cuite (4). L’art du v® siècle, sur ce point comme sur d’autres, était idéaliste ; connaissant la forme et la position des différentes parties du corps, il donnait à la musculature un caractère général, abstrait, le même pour tous; le 1ve siècle avait apporté déjà plus de diversité; mais il appartenait aux hellénistiques de rendre les multiples différences avec une précision souvent impitoyable, avec la complexité de la vie même. Jusqu’alorsles artistes étudiaient uniquement le corps vivant; ils demandent maintenant des renseignements aux médecins : qui, déjà sous les premiers Ptolémées, tels Hérophilos et Érasistratos, pratiquent la dissection. L’anatomie scientifique fait désormais partie de l'éducation artistique. L'aspect des œuvres en est modifié. Elles révèlent souvent une connaissance anatomique trop précise. On aime les musculatures exagérées que l’on peut détailler à plaisir. A voir le corps de Marsyas atta-

. ché à l’arbre de son supplice (5), on comprend que le sculpteur

ne compatit guère aux souffrances du Silène, mais qu’il est épris surtout de cètte ossature si curieusement indiquée sous la peau. On a souvent reproché au combattant Borghèse (6) de ressembler à un écorché, d’être plus un modèle anatomique qu’une œuvre d'art; on sent que la musculature de Vathlète, desséchée au soleil, est devenue comme une cuirasse, où

(D) LXX, pl. XVI; CLIX. — (2) CLIX, fig. 3-4. — (3) CLX, fig. 2. (4) CXI, p. 95. — (5) LXIT t. IL, p. 547. — (6) Jbid., p.673.

chaque détail est buriné, que l’attitude violente est calulée en vue de faire jouer les muscles, et cette précision commence à devenir trop savante, trop réfléchie, un peu ennuyeuse par son excès d’exactitude. Les muscles se gonflent, forment de vraies montagnes. Au v° siècle, Héraklès était un homme robuste, mais sans exagération : il devient un athlète de foire dans la

statue Farnèse (1), et cette enflure est un trait hellénistique

dont on retrouve maints exemples dans la frise de Pergame. L’anatomie est tourmentée, ampoulée, déclamatoire, elle est une science d’école, elle tombe dans les recettes d’atelier. Les œuvres hellénistiques n’ont plus la fraîcheur sincère des sculptures du ve siècle, du temps où l'artiste ne connais-

sait lPanatomie que par le modèle vivant, qu'il voyait

s'exercer sous ses yeux.

(1) Zbid., p. 427.

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