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pas connu ses ressources. Les personnages des différents plans sont superposés, ou bien leurs pieds sont sur la même ligne, leur taille ne décroissant pas avec éloignement ; les lignes ne convergent pas encore en s’éloignant du spectateur. C’est parfois même une perspective inverse : fréquente chez les enfants et les primitifs, elle est déjà connue des paléolithiques où, dans un groupe de bovidés vus de profil, la seconde tête est plus grande que la première ; elle est admise par l’art de
Fig. 61. — Cratère d’Orvieto. Paris.
Byzance et du moyen âge occidental; encore par Giotto, dont une peinture montre un homme descendant d’un escalier, plus grand que celui qui est placé devant lui. En Grèce aussi, les profils se chevauchent, les plus éloignés étant les plus grands (vase protoattique), et le guerrier au second plan ayant des proportions plus fortes (vase à figures noires).
Mais ce sont dès le vif siècle des essais naïfs de perspective, sur les vases ioniens, corinthiens, attiques. Sur un vase ionien d’Éleusis, par exemple, deux femmes sont assises l’une en face de l’autre : les pieds des sièges reposent sur la ligne du terrain qui est ondulée, chacun n’étant pas tout à fait à la même
hauteur ; entre elles, un homme debout, de profil, est à un niveau plus bas; il y a là un curieux désir de noter les différents plans (1). Les vases à figures rouges au début du v® siècle multiplient ces tentatives qui aboutissent à la perspective polygnotéenne, avec arrière-plans, figures vues en profondeur se masquant les unes les autres, disposées à des hauteurs variables (fig. 61-2) (2). Sur un lécythe blanc, un monument funéraire est vu au second plan en perspective; ailleurs c’est un autel dont les lignes fuient; Meidias aime les figures en