CHAPITRE V
Héritier d’une technique parfaite, d’une exacte connaissance des problèmes qu'avait dû encore résoudre le v* siècle, le iv° siècle a pour tâche d’introduire des nuances plutôt que d’innover entièrement. On a vu comment il assouplitles attitudes, adoptant la station hanchée du corps (2), comment il adoucit le modelé encore trop sec et schématique par une vision plus picturale et pittoresque de l’anatomie et de la draperie (3).
Mais si les thèmes et les motifs n’ont guère changé, lesprit qui les anime est autre. L’âme de l'artiste est moins haute; l’idéalisme pur et noble du Parthénon commence à fléchir. Les malheurs de la guerre du Péloponnèse ont transformé la mentalité hellénique. Le relâchement de lesprit de tradition, les progrès de l’incrédulité, Paffaiblissement des croyances religieuses, linvasion des cultes étrangers plus sensuels et passionnés, le luxe croissant, la libération de l’individu qui, en toute époque troublée, revendique une place plus grande au détriment des liens communs, détournent les regards des hauteurs sereines d’autrefois, et les reportent sur agitation humaine, sur les multiples accidents de la vie courante. L'étude de l’homme, entreprise de toutes les façons possibles, dans ce qu’il a d’individuel et de particulier et non plus seulement de général, dans ses faiblesses et non plus seulement dans son héroïsme, voilà la note dominante du 1v° siècle. L’art néglige maintenant le caractère général et commence à rechercher le caractère particulier. Dans la société, de même, cest le
(4) VI, t. IT, p.261. — (2) Ci-dessus, p. 230. — (3) Gi-dessus, p. 250, 271.
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