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NATURE MORTE ET ORTHOCHROMATISME
présentent seulement pour certaines radiations. 11 en résulte que la méthode rationnelle consisterait à faire usage d'un écran formé de zones vertes, jaunes et rouges, que l'on ferait passer devant l'objectif en maintenant chaque zone immobile pendant une durée qu'il faudrait proportionner à la sensibilité que la plaque employée montrerait pour chacune des trois radiations principales.
Malgré les qualités de l'orthochromatisme, cette complication est d'une mise en pratique peu commode. Toutefois, on arrive relativement assez bien à rétablir la gamme des tonalités en ne cherchant qu'à absorber les radiations violettes et bleues, par l'interposition d'un écran jaune.
Au bord de la mer, où tout sujet peut être pris pour ainsi dire instantanément, mais où les radiations bleues et violettes se rencontrent à leur maximum d'intensité, je vous conseillerai, même pour les plaques ordinaires, l'emploi courant d'un écran de verre jaune à l'argent. J'en dirai autant pour les montagnes et les glaciers. Vos phototypes y gagneront beaucoup. Les ciels, les lointains, les eaux et les glaces apparaîtront plus purs et plus francs. Par une belle lumière vous pourrez même obtenir, à la mer, des épreuves instantanées avec cet écran. Les vagues sont d'un mouvement lent ; l'obturateur armé au vingtième de seconde suffit amplement.
D'ailleurs nous devons nous habituer à l'usage des écrans colorés. La photographie des couleurs nous les imposera.
L'interposition d'un écran vert, nous permet de combattre très efficacement les oppositions violentes que présente une maison blanche vivement éclairée et entourée de masses de verdures sombres. Celle d'un écran jaune vous donne le moyen d'arrêter ou de diminuer les radiations bleues-violettes qui se manifestent d'une façon très intense et par conséquent très gênante dans un motif à horizon lumineux ou brumeux : soit marines, soit paysages alpestres avec des neiges ou des glaciers. Tout dernièrement, dans une remarquable séance du Caméra Club de Londres, de vives discussions ont été engagées, tendant à établir, avec preuves à l'appui, que la combinaison des écrans jaunes et verts donne une échelle de modelé plus exacte» que l'un des deux écrans employé séparément.
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Certes aucun écran monochrome ne saurait s'approprier utilement à toutes les circonstances. Pour réussir toujours, et bien, il faut faire usage d'écrans permettant des combinaisons différentes de couleurs pour les divers sujets et spéciales à chacun d'eux. J'ai, pour ma part, assez étudié la question et, à mon avis, il n'est pas douteux que le double écran donne des résultats très efficaces. Ciel et eaux viennent d'une façon remarquable sur le phototype. J'ai bien constaté, dans les premiers essais, que le rendement de l'effet était peut-être moins accusé dans les premiers plans. Défectuosité apparente au demeurant. Elle disparaît lorsqu'on a trouvé la valeur réelle de l'écran employé, c'est-à-dire le coefficient exact par lequel il faut multiplier le temps de pose.
Parlant de ces résultats incontestables, j'ai cherché comment l'amateur pouvait faire usage couramment et surtout pratiquement des écrans colorés. Sur mes indications, M. Gh. Monti a construit un petit appareil qui n'encombre point le photographe, n'augmente pas sensiblement son matériel et lui permet cependant l'emploi de tous les jeux d'écrans.
Cet appareil n'est autre qu'une manière de boîte fixée a demeure sur la planchette porte-objectif. Comme complément, elle est accompagnée d'un écrin renfermant des verres jaunes, bleus et verts déteintes variées. A l'intérieur de la boîte se trouvent deux feuillures aussi rapprochées que possible l'une de l'autre. Dans chacune ou dans l'une seulementvous glissez l'écran choisi. Un couvercle très ingénieux ferme hermétiquement la boîte et, quand vous l'ouvrez, un ressort fait assez sensiblement émerger les écrans des bords pour permettre de les prendre et de les retirer aisément. Rien de plus simple, rien de plus commode, rien de moins encombrant. Grâce à la juxtaposition des deux feuillures et à l'emploi des verres de différentes nuances, vous pouvez varier pour ainsi dire à l'infini la tonalité de l'écran translucide. Môme couleur contre même couleur, nous donnera cette couleur avec une tonalité plus intense; une couleur contre une autre couleur donnera lieu à une couleur dont la tonalité variera. Un jaune clair avec un bleu foncé par exemple vous donnera un écran vert tirant sur le bleu; inver-
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sèment il vous donnera un écran vert aussi, mais tirant cette fois sur le jaune. Un jaune contre un vert jaunira le vert primitif... Les exemples pourraient être multipliés à profusion. A quoi bon! Ceux donnés suffisent à montrer tout le parti que l'on peut tirer du porte-écrans colorés. La planchette d'objectif de tout artiste soucieux d'obtenir de
Le porte-écrans colorés.
Fermé. Ouvert.
bonnes épreuves et d'atteindre à l'Art photographique doit en être munie.
L'écran coloré que, à l'état jaune très clair, je considère presque toujours comme bien dans tout travail en plein air, qu'il soit exécuté avec des plaques ortliocliromatiques ou des 'plaques ordinaires, devient, à l'état plus foncé, une nécessité absolue quand on vise à obtenir surtout des nuages de toute forme et de toute lumière. Il est difficile de s'entendre sur la teinte. Aussi préfôre-t-on avoir affaire à une solution titrée d'un sel quelconque. Par exemple, dans le cas du ciel : une solution de bichromate de potasse à saturation. Comme cela on est sûr de sa nuance.
Mais pour se servir d'une solution il faut une cuve. Et une cuve ne semble pas au premier abord d'un emploi facile. Yoici cependant un moyen assez simple d'en placer une
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maniable à l'arrière de l'objectif, comme l'indique la figure 4.
La construction de la cuve est montrée dans la deuxième gravure, dans laquelle a, a! sont des verres plats et carrés,
Dispositifs d'une cuve à l'arriére de l'objectif.
et /; est un anneau coupé dans un tube de verre, puis poli pour rendre ses bords parallèles et lisses. Cet anneau est percé et pourvu d'un bouchon. On le cimente entre les deux verres plais avec du baume de Judée, ou tout autre ciment semblable. La solution saturée de bichromate de potasse est
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introduite par le trou, et la cuve ainsi préparée est insérée dans un morceau de liège c, lequel est fixé à l'arrière de l'objectif monté sur la chambre noire. L'ajustement approprié pour la cuve est montré dans la gravure 1. Le diamètre doit varier naturellement avec le diamètre et l'angle de l'objectif. Avec une cuve ainsi faite et remplie d'une solution à saturation de bichromate de potasse, on obtient de fort beaux ciels avec des poses de trois à quatre secondes.
Cette construction de cuve, extrêmement simple, peut être une excellente indication, puisqu'il semble qu'en fait d'orthochromatisation et de chromophotographie nous sommes appelés, commeje l'ai dit, à nous servir constamment d'écrans colorés.
En tout cas notons bien ceci : l'emploi d'un écran jaune clair avec une plaque ordinaire et une légère surexposition donnent de merveilleux résultats.
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