L'OSTÉOLOLOGIE DE LA FACE
A Frontal.
B Pariétal.
C Occipital.
D Temporal.
E Os malairc ou pommette.
F Arcade zygomaiique.
G Maxillaire supérieur.
II Maxillaire inférieur.
I Os du nez.
J Trou orbitaire.
K Symphyse du menton.
L Trou auditif.
M Apophyse mastoïde.
N Bosses frontales.
O Arcade sourcilière.
P Épine nasale.
Q Incisives.
H Canines.
S Petites molaires.
T Grosses molaires.
U Angle du maxillaire.
V Trou occipital.
X Condyle du maxillaire inférieur
Y Suture coronale.
Z Écaille du sphénoïde.
a Suture temporo-pariétale.
b Suture lambdoïde.
e Suture sagittale.
g Apophyse coronoïde du maxillaire.
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Face et visage demeurent parfaitement distincts et l'artiste ne doit pas ignorer cette distinction.
La face se délimite par l'implantation des cheveux, le bord inférieur et l'angle de la mâchoire. Sa forme générale tend à représenter un ovale, l'extrémité rétrécie tournée vers le bas.
Il comprend les sens de la vue, de l'ouïe, du goût et de l'odorat.
Le visage ne s'étend que des lèvres au sommet du front. Ce n'est donc pas la face, mais une partie de la face.
Et de fait cette partie, par les organes qui la composent, n'est-elle pas ce qui peut le mieux exercer la vue?
N'est-ce pas dans les yeux, autour des lèvres, sur le front, que l'on peut lire les divers états des sentiments et des pensées?
Les organes qui composent le visage ne sont-ils pas les organes les plus éloquents et les plus actifs du langage du cœur et de l'esprit?
Maladies, passions, vices, vertus opèrent sur le visage des changements très marqués.
L'on ne peut nier qu'il ne soit la partie de notre organisme qui garde le plus de rapports avec l'affection de l'âme.
Gela même est si vrai, que le mot visage ne s'applique qu'à l'homme, c'est-à-dire à l'être qui possède une vie intellectuelle et une vie morale. On ne saurait se servir de cette expression en parlant des animaux. C'est qu'aussi, si grande que soit leur face, le visage s'y montre à peine et ceux qui en ont le plus sont certainement les plus intelligents.
Il résulte de tout ceci qu'il faut chercher les caractères essentiels de l'homme dans la forme de la tête en général et en particulier dans la forme du visage. Par conséquent l'on ne saurait trop étudier, par le menu, les différents éléments qui servent à la structure du visage, tout en expliquant comment il peut être aussi expressif, comment, dans le petit espace qu'il embrasse, il peut devenir, ainsi que le dit Shakespeare, un théâtre assez vaste pour que les passions s'y viennent peindre à l'envi avec toutes les nuances et toutes leurs combinaisons.
D'ailleurs les moindres éléments de cette structure ne
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semblent-ils pas disposés pour favoriser les rapports du physique et du moral de l'homme? Rapports qui se manifestent par cette expression spéciale qu'on nomme physionomie.
A l'artiste de bien se pénétrer de la nature et du jeu de ces divers éléments, agissant ensemble ou séparément ; à l'artiste d'apprendre la grammaire de leur langage ; à l'artiste de reconnaître le caractère qu'ils prennent dans chaque émotion.
Ces divers éléments sont les os, les muscles, les vaisseaux, les nerfs et ces mille vaisseaux capillaires qui donnent à la peau souple et transparente, à cette caractéristique de la forme extérieur, à ce vêtement des chairs, sa couleur propre et la vérité des nuances dont elle se pénètre sous l'influence des sensations morales ou intellectuelles.
De là cette division de la physionomie humaine en : physionomie passive; physionomie mobile; physionomie active; physionomie expressive.
La physionomie passive comprend l'ostéologie de la face, dans les différences, plus ou moins significatives, qu'elle peut présenter.
Pour l'anatomiste, la physionomie passive demeure assez complexe, pour l'artiste elle se borne à quelques traits individuels et passagers, importants à noter à cause de leur caractère primordial : âge, race, variété nationale, tempérament, etc., etc.
Ces traits, spéciaux pour l'artiste, mais nécessaires pour lui, se résument dans la connaissance des os qui constituent particulièrement la forme du squelette du visage. En première ligne se voit i/os frontal. Il apparaît dans tout son développement lorsque le visage se montre de face, et résume la partie du crâne la plus intéressante à observer pour le portraitiste à cause des variétés de sa configuration, donnant naissance à des accentuations plus ou moins grandes des bosses frontales, des bosses sourcilières, et des arcades sourcilières.
Il est accosté de droite et de gauche par les os temporaux. Ceux-ci le relient à l'occipital formant la partie postérieure du crâne.
De celui-ci rien à noter pour nous. La chevelure abon-
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dante, ou clairsemée nous empoche de le percevoir. Quant aux temporaux ils se dessinent nettement sous la peau et le relief qui les détermine varie. Dans leur développement et dans leur expression, suivant le degré de force du sujet, suivant ses habitudes, sa profession, suivant surtout son tempérament et son âge, ils viennent encore contribuer à la structure de la face non seulement par la place que chacun assigne au trou auditif, mais encore par le prolongement concourant à former l'arcade zygomatique.
Immédiatement au-dessous du frontal se montrent les os du nez, dominant les fosses nasales. Ils se dessinent peu sous la peau. Toutefois, très rapprochés l'un de l'autre et articulés avec l'os frontal, ils forment avec celui-ci un angle. L'ouverture de cet angle, très différente dans les individus de la même espèce, l'est plus encore dans les grandes variétés de l'espèce humaine. Aussi le portraitiste doit-il la prendre très en considération. Observons en passant, que la proéminence des os du nez donne lieu à la forme aquiline, caractéristiques de certaines races.
Sous les fosses nasales, et comme enclavé dans le système osseux de la face, l'os maxillaire supérieur ne joue qu'un rôle très effacé, caché qu'il est par l'épaisseur de la lèvre. Cependant nous devons le noter. Il modifie beaucoup, en effet, l'aspect de la tête vue de profil. Nous verrons en outre, tout à l'heure, qu'il a son importance dans la détermination de l'angle facial.
Entre le maxillaire supérieur et le temporal se place, sur les côtés de la face, Vos de la pommette uni par une articulation très serrée à l'os maxillaire et à une saillie qui vient de l'os temporal. Il affecte une forme irrégulière, présente plus ou moins de relief, plus ou moins de longueur, plus ou moins de largeur. On comprend que l'artiste doive faire très attention à cet élément du squelette de la face. Ses différences de forme produisent des variétés constantes et fondamentales dans le visage, partant dans la physionomie.
L'os maxillaire inférieur termine la face. Beaucoup plus détaché, beaucoup plus mobile que les autres éléments, il produit, plus encore que l'os de la pommette, de nombreuses variétés dans la physionomie, suivant sa largeur, son étendue, et ses différents degrés de relief ou d'enfoncement. Plus
FACE ET VISAGE
encore que la pommelle, il se dessine, s'accuse même nettement sur le bord inférieur de la face et joue un rôle considérable dans la physionomie.
Il ne me paraît pas utile de pousser plus à fond Fostcologie de la face.
Vous vous souvenez de la superbe tirade d'Hamlet dans le cimetière?
« Cette tête avait une langue autrefois... ne pourrait-elle
L'angle facial.
être celle d'un ministre qui, dans son orgueil, se croyait capable de tromper Dieu même?... ou d'un courtisan qui savait dire tous les matins : Bonjour, mon aimable Seigneur?...
« En voici encore une autre !
« Ne serait-ce pas le crâne d'un avocat?
« Où sont maintenant ses équivoques, ses subtilités, etc. »
Le physionomiste le plus exercé ne pourrait guère répondre avec précision aux interrogations indiscrètes du philosophe. Presque toutes les différences propres à chaque
individu, dépendant de l'emploi de ses facultés, formant son caractère moral, sont bien trop délicates pour qu'il soit possible d'en reconnaître et d'en soupçonner la trace dans la physionomie passive. La science et l'art ont leurs limites. Ils ne sauraient substituer un système, plus ou moins plausible, à la vérité ni à l'observation. Nous ne devons donc prendre, dans l'ostéologie de la face, que les éléments pouvant vraiment se voir sous la peau. Mais ces éléments, pour restreints qu'ils soient, gardent leur importance. Ils la gardent surtout quand la tête humaine se présente de profil.
A les bien considérer dans cette position particulière, on reste tout d'abord frappé de la défectuosité de la méthode qui assigne à la face une forme ovale. Puis, insensiblement, on se trouve amené à constater que les différences de physionomie dans l'espèce humaine et dans les autres espèces d'animaux, proviennent des différents degrés de relief et de prolongement des maxillaires. On remarque surtout que ces différences varient suivant une certaine ligne tirée le long du front et de la lèvre supérieure, que l'on a désignée sous le nom de ligne faciale.
Dans le beau idéal, cette ligne conserve une direction constante et déterminée, de laquelle se sont peu écartés les anciens artistes.
Elle se rapproche de la verticale. Inclinez-la, vous arriverez au type nègre; inclinez-la encore, vous vous rapprocherez de la tête du singe; inclinez-la toujours, vous aurez des têtes de chiens, de bécasses, etc.
Le développement intellectuel semble se trouver en parfait rapport avec ces signes d'inclinaison.
« Nous ne voyons pas du moins, dit Guvier, qu'aucun des peuples à front déprimé et à mâchoire proéminente ait jamais fourni des sujets égaux au général des Européens, par les facultés de l'âme, et nous sommes si bien accoutumés à cette liaison entre les proportions de la tête et les qualités de l'esprit, que les règles de physionomie qui s'y rapportent sont devenues un sentiment vulgaire. L'importance de cette proportion du crâne à la face ne se dément pas plus dans les diverses espèces de singes que dans les diverses races d'hommes. »
Pour mieux définir cette ligne d'inclinaison on est con-
FACE ET VISAGE
venu de joindre le canal auditif à l'extrémité de la mâchoire supérieure et cette extrémité à la base de l'os frontal. On détermine ainsi un angle fictif dont les variations constituent, pour ainsi dire, les bases des traits du visage. Nous pouvons presque affirmer que plus cet angle est ouvert, plus le visage montre d'intelligence.
Ces variations de l'ouverture de l'angle facial se balancent entre 70° et 100°, dans les sept types principaux de l'espèce humaine.
Le photographe devra donc se pénétrer longuement de ces observations quand il aura à faire poser un modèle devant son objectif. Non seulement à cause des lignes mais encore pour la distribution des ombres et des clairs. Cette distribution tendra, soit à bien faire ressortir les détails caractérisant la beauté de l'angle facial, soit à atténuer, tout en les conservant, ceux qui pourraient influer en mal sur la physionomie.
Dans cette distribution, l'artiste devra surtout apporter tous ses soins à la partie de la physionomie passible dont il est le plus maître, c'est-à-dire à l'os frontal.
Je ne crois point avoir besoin d'insister pour faire comprendre que de l'éclairage dépend toute l'étendue et toute la convexité de cette partie, étendue et convexité qui annoncent le volume du cerveau et par conséquent la supériorité de l'intelligence de celui qui pose.
Le système osseux se trouve immédiatement recouvert par un appareil formé de muscles.
L'ensemble de ces muscles constitue ce qu'on a nommé Yécorché.
Les différents jeux de ces muscles donnent lieu à ce que j'ai nommé la physionomie mobile.
Ces muscles, essentiellement actifs, demeurent les principaux et pour ainsi dire les seuls organes de la physionomie en mouvement.
Leur structure, en forme de faisceaux élégants, délicats, est disposée aussi heureusement que possible. Leur entrelacement, mis au jour dans Yécorché, nous dévoile le secret de leurs divers degrés de flexion. Les directions variées de leurs fibres, les renflements ou les dépressions qu'ils peuvent produire lorsque la peau et la graisse les recouvrent,
nous donnent l'ensemble et le merveilleux de la face. La ligne ondoyante que prend alors la figure humaine, si elle est bien modelée et mise dans une heureuse position, peut certes faire naître l'idée du beau et de l'agréable.
En présence de l'écorché, le véritable artiste ne peut s'empêcher non seulement d'admirer la structure de la physionomie mobile, mais encore de remarquer la simplicité de cet appareil qui révèle et développe, sur une surface aussi restreinte que celle du visage, tous les mouvements multiples et nécessaires qui mettent en relief nos sentiments et nos pensées.
Les constituants de l'appareil musculaire se divisent en deux classes :
1° Les muscles qui n'appartiennent pas à la vie de relation, c'est-à-dire à l'ensemble des phénomènes que comprennent les sensations, la pensée et la locomotion, et dont l'usage principal, par conséquent,, contribue à la vie animale; 2° les muscles du visage relatifs à la vie morale et intellectuelle.
Six muscles forment la première classe; quarante-sept la seconde. Donc l'organisation totale de la face se compose de cinquante-trois muscles dont les mouvements particuliers se combinent de mille manières. Chacun se trouve plus ou moins mis au service d'un certain ordre de pensées et de sentiments. Néanmoins, je croirais dépasser le but que je me propose dans cet ouvrage, non seulement en vous donnant la nomenclature de tous ces muscles, mais encore en m'appesantissant sur l'action particulière de chacun. Ce serait un hors-d'œuvre d'une digestion assez difficile peutêtre. Ce que nous voulons, ce qu'il nous faut savoir, c'est juste assez d'anatomie et de physiologie pour nous rendre compte de la chose visible et pour nous permettre de placer cette chose dans son meilleur jour.
Dans la première classe il n'y a guère que les buccinateurs qui méritent notre attention, parce qu'ils peuvent, dans Certains cas, influer sur la forme des joues. Ainsi, par exemple, tous les individus obligés de retenir dans leur bouche une certaine quantité d'air, comme les joueurs d'instruments à vent, auront des buccinateurs très développés et dont la largeur influera sur l'état de leurs joues.
La profession met ici dans la face une empreinte profonde»
FACE ET VISAGE
Les masscters peuvent aussi modifier le dessin de la face quand ils appartiennent à des individus avides, mangeant
Ensemble de la Face.
beaucoup, enclins à la colère, ou à toute autre passion convulsive et cruelle. Mais ils ne sont pas, comme les muscles de la seconde classe, les organes vraiment directs, vraiment particuliers de la physionomie. Ceux-ci plus petits, plus
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délicats, plas élégants que les autres, donnent lieu à des combinaisons que l'artiste ne saurait trop étudier au point de vue de la physionomie.
Lepeaucier, qui s'étend du sommet de l'épaule et de la partie supérieure de la poitrine à l'angle des lèvres et au bord extrême de la mâchoire inférieure, appartient plus au cou qu'au visage. Il mérite une attention toute spéciale. N'est-ce pas lui qui se dessine très nettement sous la peau et forme, surtout chez les individus faibles, maigres ou âgés, des reliefs si accusés, que l'artiste, en éclairant son modèle, doit mettre tous ses soins à en atténuer l'aspect dur et désagréable, à en éviter la saillie trop prononcée et provenant soit d'une pose anormale, soit d'un geste forcé.
Le muscle frontal, sorte de toile musculaire, se présente sous l'aspect d'un plan charnu très mince. Ses fibres sont longitudinales et elles dessinent des rides transversales et régulières en se contractant également sur tous les points. Leurs fonctions habituelles consistent à élever les sourcils et à ouvrir les paupières. Quelquefois leur contraction s'opère dans le sens vertical.
Les rides et sillons qui résultent d'un jeu habituel, en ce dernier sens, assombrissent et attristent la physionomie. L'artiste doit donc éviter de les faire disparaître dans un éclairage trop uniforme. N'imitez pas certains portraitistes de métier qui, en vue de flatter leur client, ont grand soin de les détruire complètement sous les coups de crayon d'une retouche maladroite. Yous obtiendrez un effet contraire à. celui que vous devez obtenir, ou absolument en désaccord avec l'état général du modèle. Un léger aperçu sur le rôle du muscle frontal dans l'expression nous le prouvera.
Sous le coup d'une émotion brusque, tranquille, ce muscle coopère encore à l'élévation des paupières, au développement du front, à l'expansion du visage. Il y a épanouissement. C'est à peine alors s'il soulève quelques rides à la surface de la peau. Son effacement complet indique la plénitude de la sérénité d'âme. Violemment contracté, il laisse lire sur le visage toutes les nuances d'une terreur subite ou d'une épouvante. Il serait donc mauvais, inhabile, grotesque, de réduire à néant les rides profondes et rapprochées qu'il creuse vers le nez.
FACE ET VISAGE
Ce serait, permettez-moi l'expression, museler son éloquence.
Les muscles pyramidaux s'attachent aux os du nez et sont, dans ce cas, les auxiliaires du muscle frontal. Ils se mettent toujours en mouvement sous la pression d'une méditation profonde et soutenue. Ils se meuvent aussi dans l'expression des passions oppressives et tristes.
Les sourciliers, attachés à l'articulation des os du nez et de Fos frontal, ne manquent jamais d'être très contractés dans ces états d'âme. Cette contraction constitue le symptôme le plus sûr des expressions concentrées, des sentiments sombres.
Quant aux muscles orbiculaires ils appartiennent plus particulièrement à l'organe de la vue, mais agissent cependant concurremment avec les sourciliers.
Ils ont, pour antagonistes, les muscles élévateurs des paupières. Le relâchement de ces derniers, dont les coquettes connaissent sciemment ou inconsciemment le rôle, donne à l'œil, par un abaissementdelapaupiôresupérieure, une grande expression d'abattement, de modestie, voire de pudeur.
Suivant la nature des passions dominantes de l'individu, ou suivant ses habitudes morales, plis, lignes, attitude, direction et volume des différents muscles du front et des paupières, produisent des caractéristiques constituant des traits particuliers, absolument significatifs, qui doivent guider l'artiste dans la pose et dans l'éclairage à donner à son modèle.
Si le front ne possède pas un degré d'éloquence aussi élevé que l'œil, ni que la bouche, il n'en décèle pas moins des significations nombreuses, tranchées. On ne saurait les négliger sans nuire à la vérité et à l'harmonie. Ce n'est point sans raison que chez toutes les nations civilisées, grands poètes et grands peintres ont attribué au front unevaleur de signification énorme.
Si les muscles du front et des paupières forment, pour ainsi dire, le premier appareil musculaire de la face, les muscles du nez forment le second.
Ils se composent des r éleveur s communs des ailes du nez et des angles des lèvres, des transverses ou triangulaires des abaisseurs du nez.
Bien que très bornés dans leurs mouvements, ces six muscles prennent cependant part à la physionomie. Les abaisseurs, par leur contraction, resserrent les narines ; les triangulaires aident les releveurs à les soulever et à les dilater. Or le resserrement ou la dilatation des ailes du nez a son langage particulier. L'orgueil et le dédain les dilatent et les gonflent. La contrainte, la timidité, la ruse, la sévérité les resserrent. Aussi l'artiste doit-il s'ingénier à bien mettre les narines en valeur, si menu que lui paraisse ce détail dans l'ensemble du visage.
Le troisième appareil est celui des muscles des lèvres. Appareil important s'il en fut. Des lèvres dérivent, en effet, des lignes ondoyantes, éminemment variables suivant l'expression et dont l'inflexion, au repos, caractérise chaque visage.
Examinons donc soigneusement les différents muscles qui composent cet appareil.
JJorbiculaire des lèvres ou labial se présente sous la forme d'un anneau ovalaire constituant la partie charnue des lèvres.
Placé entre les autres muscles de l'appareil labial, il ne possède en réalité aucun point fixe, mais résiste aux mouvements simples ou combinés de ceux-ci, modérant leurs efforts, balançant leurs effets. Ou bien encore il agit seul, en donnant de la saillie aux lèvres.
Les muscles moteurs de la lèvre supérieure se composent des releveurs communs, des releveurs particuliers, des canins et des zijgomatiques. Ces derniers quelquefois doubles et même triples.
De tous ces muscles, les zygomatiques, fixement attachés en dehors, agissent sur la bouche entière et jouent un rôle considérable dans l'expression. Leur contraction, susceptible pour ainsi dire d'un nombre infini de degrés de force, produit aussi des variations infinies dans l'écartement des angles des lèvres. Quand les zygomatiques sont doubles, ils s'écartent sous la plus légère contraction et donnent lieu à cette fossette qui demeure un des plus grands charmes d'un visage souriant. On les trouve toujours en mouvement dans les grimaces aussi bien que dans les sentiments exprimant la gaieté expansive.