H •LU
LES TIRAGES ARTISTIQUES
au bichlorure de mercure avec noircissement par une solution de sulfite de soude. Nous le verrons un peu plus loin.
Si nous voulons maintenant obtenir des teintes autres que le noir, nous pouvons employer les virages aux sels d'uranc. Voici ceux qui, tout en me donnant de très bons résultats, me semblent les plus pratiques d'emploi.
Vous préparez les trois solutions aqueuses suivantes qui, séparées, se conservent indéfiniment.
A. Solution d'azotate d'urane à 1 pour 100.
B. Solution de ferricyanure de potassium
(prussiate rouge) 1 pour 100.
G. Solution de perchlorure de fer sec à . . 10 pour 100.
En mélangeant, au moment de s'en servir, ces solutions dans des proportions déterminées, vous obtenez facilement des tons très différents et très francs :
Brun : 10 parties de A et 1 partie de B.
Brun rouge : parties égales de A et de B.
Rouge orangé : 1 partie de A et 2 parties de B.
Bleu verdutre : Obtenir d'abord le ton brun et traiter l'image ainsi colorée dans une partie de G et 5 parties d'eau distillée.
Bleu de Prusse : Obtenir d'abord le ton brun rouge et traiter l'image par la solution C sans addition d'eau de dilution.
On peut détruire complètement les colorations à l'uranc ou arrêter leur action à l'aide d'un pinceau trempé dans une solution de carbonate de soude à 2 pour 1000.
Vous pouvez vous ingénier, en appliquant ces solutions au pinceau, sur certaines parties de l'image, à obtenir des photocopies polychromes, par exemple le bleu pour les ciels, le vert pour les arbres, le rouge et le brun pour le toit des maisons et les terrains. La délicatesse du procédé réside dans le raccord des teintes.
Après les virages à l'urane, les lavages doivent être peu abondants et surtout courts, sous peine de compromettre la valeur du ton obtenu et désiré. 11 est bon aussi d'arrêter avant l'obtention complète du ton désiré, car au séchage ce ton monte en intensité.
Vous pouvez également préparer les deux solutions suivantes :
A. Eau distillée 500 cm3.
Acide acétique 28 —
Azotate d'urane 2,5 grammes.
A. Eau 500 cm3.
Acide acétique 28 —
Ferricyanure de potassium . . 2,6 grammes.
Séparées, ces solutions se conservent indéfiniment. Comme dans le cas précédent, l'épreuve ne doit présenter aucune trace d'hyposulfite, autrement il se formerait des taches rouges.
On compose le bain de virage en mélangeant A et B en parties égales. L'épreuve y est plongée après avoir été préalablement trempée dans de l'eau pure. Quand le ton désiré est obtenu, on lave jusqu'à l'obtention de pureté complète des blancs. Si, finalement, le ton ne satisfait pas, vous le faites disparaître en passant l'épreuve dans une solution de carbonate de soude à saturation et... vous recommencez.
Je préfère toutefois de beaucoup les variations précédentes à ce bain unique. On atteint moins rapidement, partant plus sûrement, au ton que l'on désire obtenir.
N'oubliez pas aussi que l'azotate d'urane agit toujours un peu comme renforçateur. Il est donc bon que l'image destinée à être virée avec lui soit claire et légère. Donc surexposez légèrement et diluez votre bain de développement. Il en sera de môme si vous voulez faire virer au noir par l'emploi du bichlorure de mercure.
Là aussi le lavage après le fixage exige un soin minutieux.
Il faut que l'épreuve ne contienne plus la moindre trace d'hyposulfite. Vous prenez alors un bain de bichlorure de mercure, celui par exemple dont vous avez l'habitude de vous servir pour le renforcement. L'image séjourne dans ce bain jusqu'à disparition complète. Aussitôt après elle, est passée dans une solution de sulfite de soude anhydre à 15 pour 100. On pourrait employer le carbonate de soude dans
LES TIRAGES ARTISTIQUES
les mômes proportions. Toutefois il ne donne pas des résultats aussi sûrs que le sulfite et peut, dans certains cas, détériorer l'épreuve. On obtient ainsi un ton d'un noir violacé assez franc. Ce ton est fortement réchauffé par une immersion dans le bain suivant :
Eau 1,000 cm s.
Solution de sulfite de soude anhydre à 15 p. 100. , 2,2 — Solution de bromure de potassium à 10 p. 100. 10 —
Les tons seront d'autant plus chauds qu'on diminuera le sulfite et qu'on augmentera le bromure. Mais il ne faut pas diminuer la concentration du bain.
Les virages à l'azotate de plomb permettent également bien de modifier la teinte de l'image sur papier au gélatino-bromure d'argent. Je ne vous cacherai pas, cependant, qu'ils sont d'un emploi beaucoup plus délicat que ceux aux sels d'urane.
Dans ce cas, comme dans tous les cas des virages, l'image doit être imprimée faiblement et développée avec tout autre révélateur que l'oxalate ferreux.
L'épreuve sèche est retrempée dans l'eau pendant deux à trois minutes, ensuite dans l'une des solutions suivantes ou dans plusieurs successivement :
Eau 100 cm3.
Azotate de plomb , 4 grammes.
Ferricyanure de potassium (prussiate rouge) 6 —
Ce bain blanchit l'image et la rend apte à virer dans les bains qui suivent :
En brun :
Eau 150 cm3.
Sel de Sclilippc 10 grammes.
Ammoniaque 5 —
En jaune :
Eau 100 cm3.
Ghromate jaune de potasse 4 grammes.
En vert : virer d'abord en jaune et tremper dans :
Eau 100 cm3.
Perchlorure de fer sec 10 grammes.
En rouge : virer d'abord en jaune et tremper dans
Eau 100 cm2.
Chlorure de cuivre . 10 grammes.
En vert nickel :
Eau 100 cm3.
Chlorure de nickel 10 grammes.
En orange :
Eau 100 cm3.
Iodure de potassium 4,5 grammes.
Bichlorure de mercure 3 —
Les tons rouges donnés par ces différents procédés tendent plutôt vers la terre de Sienne brûlée ou le brun rouge que vers le beau rouge sanguine qui a souvent son charme, pour les portraits surtout. Il semble que les sels de cuivre seuls soient plus aptes à nous les donner que les sels d'urane ou que les sels de cuivre combinés avec les sels de plomb. Voici un des moyens d'opérer avec eux.
Faites les solutions suivantes :
A. Eau 100 cm3.
Bichlorure de cuivre 15 grammes.
B. Eau 100 cm3.
Ferrocyanure de potassium (prus-
siate jaune) 5 grammes.