C. Eau chaude ayant bouilli 1,000 cm
Sulfite de soude anhydre 150 grammes.
Hydroquinone 50 —
A 100 cm3 d'eau nous ajoutons 20 cm3 de C et 14 cm3 de A. Images vigoureuses d'un ton noir chaud. Avec insuffisance de pose, les blancs tendent à jaunir.
lconogène.
D. Eau chaude ayant bouilli 1,000 cm3.
Sulfite de soude anhydre 90 grammes.
lconogène 15 —
A 100 cm3 d'eau nous ajoutons 35 cm3 de D et 10 cm3 de A.
Images douces et harmonieuses. Quand la pose a été bien déterminée et que la réduction de l'argent peut se faire complètement sans nuire à la pureté de l'image, les noirs sont d'un ton riche.
Paramidophénol.
E. Eau distillée 1,000 cm3.
Sulfite de soude anhydre 37,5 grammes.
Chlorhydrate de paramidophénol . 5 —
A 50 cm3 d'eau nous ajoutons 50 cm3 de E et 4 cm3 de A.
L'image se montre rapidement, très brillante, sans le moindre voile. Les blancs sont dune pureté remarquable, les noirs d'une tonalité riche et profonde.
Mètol.
F. Eau chaude ayant bouilli 1,000 cm3.
Métol 32,;i grammes.
Métabisulfite de potassium 100 —
Dissoudre exactement dans l'ordre indiqué.
A 200 cm3 d'eau (ou même 400 cm3), on ajoute 20 cm3 de F et 12,5 cm3 de A.
L'image est assez semblable à celle donnée par le chlorhydrate de paramidophénol.
Amidol ou chlorhydrate de diamidophénol.
G. Eau chaude ayant bouilli .... 1,000 cm'.
Sulfite de soude anhydre 60 grammes.
Amidol ou chlorhydrate de diami-
dophe'nol 10 —
Pour l'emploi, on dilue avec 4 ou 8 parties d'eau pour une partie de la solution G. Le résultat est à peu près identique à celui donné parle chlorhydrate de paramidophénol.
Ce dernier révélateur a la spécialité d'épuiser très vite le bain d'hyposulfite de soude qui sert au fixage. Aussi faut-il, lorsqu'on l'emploie, pousser l'image jusqu'à son entière venue, alors qu'avec les autres révélateurs il faut la retirer du développement avant sa venue complète, car elle continue à noircir un peu dans le fixage.
En principe, l'addition d'un bromure alcalin est inutile dans tous ces bains, sauf peut-être dans ceux au fer et à l'acide pyrogallique. Dans ces deux derniers révélateurs il éclaircit l'image et retarde le développement, tandis que dans les autres il éclaircit sans retarder sensiblement.
Quant aux principaux insuccès à redouter on peut les grouper comme suit :
1° Les noirs sont verdâtres : la réduction de l'argent n'a pas été faite à fond, soit qu'un excès de pose ait obligé d'arrêter le développement avant la réduction complète ; soit qu'une insuffisance de pose n'ait pas permis de pousser le développement assez loin ; soit qu'on ai employé un bain ayant servi plusieurs fois.
2° Les blancs sont jaunes : insuffisance de pose ; mauvais lavage avant le fixage ; bain de développement trop vieux.
3° L'image est grise et sans relief : trop ou pas assez de pose. On reconnaît le trop à la rapidité du développement et à l'abondance des détails dans les hautes lumières ; inversement le pas assez donne lieu à un développement prolongé et à un manque de détails dans les hautes lumières.
4° L'image se développe inégalement : l'arrivée de la lumière sur le phototype négatif n'a pas été suffisamment égalisée sur toutes les parties du phototype.
5° L'image présente dans les blancs un léger voile gris général : pose exagérée ou développement trop prolongé. On y
LES AGRANDISSEMENTS
remédie en passant immédiatement après le fixage et sans lavage l'épreuve dans une solution de 1 pour 100 de ferricyanure de potassium.
Pour opérer à la lumière artificielle avec l'amplificateur à bonnettes, nous le coucherons sur une table et nous l'y calerons de façon que ses plans de base et de sommet soient parfaitement perpendiculaires à ladite table. Contre le phototype et jusqu'à contact parfait, si possible, nous placerons un condensateur. Sur l'autre face de celui-ci, posons un verre dépoli pour mieux régulariser l'entrée de la lumière provenant de la source lumineuse en le mettant à une dizaine de centimètres derrière le condensateur.
Quant à. la durée de l'exposition nous prenons, comme unité, le coefficient d'éclairage consigné dans notre formule du temps de pose pour la lumière diurne, nous pourrons établir d'après les travaux des Eder, des Abney et des Vogel, les coefficients de certaines sources lumineuses. Ils seront, par exemple : 9 pour la lampe électrique à arc; 450 pour la lampe électrique à incandescence d'Edison oudcSwan ; 12,5 pour la lumière oxyhydrique ordinaire ; 1,25 pour la lumière d'un fil de magnésium plat de trois dixièmes de millimètres de largeur; 562,5 pour une lampe à huile ordinaire aussi bien que pour une lampe à pétrole mèche ronde ; 250 pour un bec de gaz papillon ; 4,500 pour une bougie de stéarine.
Ces coefficients ne sont exacts qu'autant que la source lumineuse est placée à un mètre du phototype et sans qu'il y ait entre elle et lui interposition de condensateur. Vous ne devrez donc pas les prendre tels quels pour multiplier par eux les valeurs données pour l'exposition à la lumière diurne. Il vous faudra les diminuer, en tenant compte du rapprochement de la source lumineuse, de la loi des carrés des distances et de la puissance du condensateur.... Toutes choses qu'on ne peut vraiment pas déterminer à priori.
Tous ce que je viens de dire ne concerne que l'agrandissement direct sur papier.... ou sur plaque, car dans ce dernier cas il suffit de substituer une plaque au papier, de tenir compte dans l'exposition de la sensibilité relative à celui-ci à celle-là. Mais il peut vous sembler agréable de tirer des photocopies sur tout autre papier que celui au gélatinobromure ; soit sur celui au platine, soit sur celui au charbon-
velours, pour ne parler que des inaltérables et des artistiques. Dans ce cas il faut faire de l'agrandissement indirect c'est-à-dire obtenir une photocopie négative sur verre, agrandie, au lieu d'une photocopie positive sur papier. Il ne saurait y avoir dans ce travail de quoi vous embarrasser. Il suffit, en effet, de tirer par contact, comme pour la projection, une photocopie diapositive de la petite épreuve et de la mettre dans l'amplificateur à bonnettes au lieu et place du phototype négatif. Là cependant, plus encore, si c'est possible, que dans l'agrandissement direct, n'oubliez pas qu'une longue pose et qu'un développement faible vous donneront le minimum de grain.
L'agrandissement indirect possède encore un avantage sérieux, c'est que, dans les manipulations qui exigent la confection de la photocopie négative agrandie, on peut obtenir une copie modifiée de l'image primaire. Celle-ci est-elle dure? Vous exagérez la pose pour l'obtention de la petite photocopie diapositive, et si vous avez eu soin d'ocrer le dos de celle-ci avant le tirage, vous aurez, sans la moindre trace de voile, une épreuve douce et harmonieuse, pour constituer la photocopie négative agrandie. Votre phototype est-il trop faible? Vous opérez d'une façon inverse, et la sous-exposition vous donnera une épreuve plus ferme et plus accentuée pour constituer la photocopie négative agrandie. 11 vous est loisible encore, au moment où vous retirerez la photocopie diapositive du bain de fixage, d'atténuer ou d'enlever même telles parties que vous jugerez trop denses ou d'un mauvais effet. Vous pourrez même vous livrer à tous les effets de dégradé et de vignettage que vous vous voudrez. Il suffit pour cela de mélanger, à parties égales, une solution à 1 pour 400 de ferricyanure de potassium et une solution à 1 pour 100 d'hyposulfite de soude, puis de traiter, au pinceau, les parties à affaiblir, à faire disparaître ou à dégrader, en lavant vivement après chaque effet obtenu. Cette méthode peut servir à recouvrer ou à aviver les hautes lumières qui pourraient être un peu grisai liées, comme nous avons vu qu'on les retrouve, dans le virages à l'urane, par l'eau carbonatée.
Maintenant, pour conclure, que doit-on employer de préférence ? La lumière du jour ou la lumière artificielle?
LES AGRANDISSEMENTS
Je n'hésiterai pas une seconde : Employez la lumière du jour tant que vous le pourrez. Laissez l'autre à ceux qui ne savent pas développer un bon phototype. La lumière artificielle est, en effet, dans l'agrandissement, la providence des mauvais phototypes ; comme dans le tirage par contact, les papiers aristotypiques sont aussi leur providence. Suivant la nature de la source qui l'a créée la lumière artificielle possède une coloration propre : bleu-vert avec l'arc électrique, jaune avec la lampe à incandescence et le gaz, jaune verdâtre avec le pétrole, bleu violet avec le magnésium, vert avec les calcaires incandescents. Ces différentes colorations agissent différemment sur le bromure d'argent, et aucune n'atteignant à la blancheur absolue de la lumière diurne au plein du jour ne saurait remplacer celle-ci, qui par cela môme qu'elle est d'une blancheur relativement absolue reste la seule susceptible d'interpréter, avec exactitude, la véritable gradation des teintes du phototype. Un très bon phototype a toutes les chances possibles de donner une mauvaise photocopie agrandie, c'est-à-dire manquant d'harmonie, si on le soumet à la lumière artificielle. Le gaz et le pétrole poussent au heurté; le magnésium à l'affadissement. Les lumières électrique et oxhydrique donnent également des agrandissements heurtés quoique à un degré plus faible que le gaz ou le pétrole. Or si les unes durcissent, un phototype mou gagnera 'avec elles; si les autres affadissent, un phototype dur gagnera également avec elles.... Providence! vous dis-je ! Providence ! Mais si vous avez souci de votre art et si vous
voulez et ne devez employer que de bons phototypes, laissez de côté la lumière artificielle. Contentez- vous, au cas où il y aurait un peu de faiblesse dans l'un deux, de mettre entre le ciel et le phototype un verre finement dépoli, mais à une distance du phototype qui soit au moins d'une dizaine de centimètres pour que l'objectif ne vienne pas saisir le grain de verre et le consigner sur la photocopie.
Avant de terminer je vous rappellerai que si vous avez fait de l'agrandissement indirect sur papier au gélatinobromure, vous pouvez toujours modifier la coloration de l'image par un des procédés que je vous ai indiqués au chapitre précédent.
LES PROJECTIONS
La magie de la projection.
Quelles sont les meilleures plaques à employer. — Impression par réduction et par contact. — Bordage du phototype. — Images claires et brillantes par l'emploi de l'anti-lialo. — Le révélateur. — Effets du bromure d'ammonium et de la durée de l'exposition sur la couleur finale de l'image. — Colorations chimiques et colorations manuelles. — Montage des épreuves de projection et indication du sens vrai. — Lanterne de projection et différentes lumières employées.
En faisant de l'Art en photographie, il est évident que, par satisfaction personnelle ou amour-propre d'auteur bien pardonnable, vous tâcherez à faire voir vos œuvres au plus grand nombre de parents, d'amis ou même de simples connaissances. Or, il n'est pas douteux que la projection soit l'unique magicienne capable de vous faire atteindre , de prime coup, à la réalisation de ce programme. La projection demeure, en effet, la seule méthode susceptible, au moyen de la lanterne, de montrer des photographies à un grand nombre de personnes, pouvant en même temps examiner la même épreiive , dans les meilleures conditions possibles. De son chef, une petite épreuve qui ne mesure que 6,5 X 9 pourra, étant projetée avec une puissante lanterne, donner naissance à une image mesurant 3m.X 4,5m. tout en conservant, à la perfection, les menus détails de la petite épreuve. Menus détails qui sont présentés , au reste, par la photocopie diapositive , mieux que par n'importe quel autre mode de tirage.
Si vous voulez écouter les doléances de quelques vieux praticiens qui, avec l'entêtement sénile des gens qui se sont toujours refusés à admettre, donc à suivre le progrès, ils vous diront que pour faire une bonne diapositive de projection il faut préparer des plaques au collodion ou à l'albumine. Ils ajouteront même que si, pour le phototype, la gélatine est très inférieure au collodion, elle est inférieure encore à cette infériorité dès qu'il s'agit de diapositive. Eh bien ! je le déclare très haut, quand on veut développer lentement et avec intelligence un phototype sur gélatino-
LES PROJECTIONS
bromure, on arrive à toute la légèreté, à toute l'harmonie et à toute la finesse de l'image donnée par le collodioiodure, et l'on bénéficie, en plus, de toute l'épaisseur de la gélatine qui donne une variété plus infinie aux demi-teintes et un relief bien plus considérable à l'image. C'est faute de comprendre la façon de développer l'image latente que la différence entre les deux procédés semble exister. Il en est de même pour les diapositives. Avec un développement bien conduit, les images données par le gélatino-chlorure d'argent sont infiniment supérieures, quoi qu'on dise, à celles fournies par le collodio-chlorure ou Talbumino- chlorure, supérieures pour les mêmes raisons que celles précédemment énoncées. Toujours la question du développement bien et intelligemment conduit ! J'irai même jusqu'à affirmer que plus la couche de gélatine est épaisse, plus belle est l'image donnée. Il faut alors un bon éclairage, j'en conviens. Mais l'électricité n'est-elle pas là !
Je vous conseille donc, pour vos diapositives, de ne faire emploi que de plaques au gélatino-chlorure. Quant à la marque, choisissez et comparez. Toutefois, comme je ne saurais raisonner d'une façon utile, sans préciser, je vous dirai que, pour ma part, je préfère employer la marque Cadett et Neal, certain, par expériences prolongées, que tous les faits dont j'ai à vous entretenir s'appliquent admirablement à cette marque.
D'après les décisions des Congrès photographiques, les plaques destinées aux diapositives mesurent 8,5 X 100. Je ne suis pas fanatique de ce format pour bien des raisons. Mais il importe peu dans l'espèce. Ce format est. Prenons-Je donc. D'autant mieux que les petits phototypes , depuis le 4,5x6 jusqu'au 9x12 inclus peuvent être directement tirés , par contact, sur les plaques 8,5 X 100. Quant aux épreuves supérieures à 9X 12, on peut les tirer par réduction en se servant de l'amplificateur à bonnettes dont je vous ai parlé au chapitre des agrandissements, et qui est réversible, ou en tirant par contact une portion d'épreuve de la grande, en se servant d'un châssis spécial et très commode construit par la maison Jonte.
C'est par contact qu'on opère le plus souvent. Le mieux consiste à se procurer des chàssis-presse spéciaux
à chaque format, dont les bords, par conséquent, mordent sur les bords de la petite épreuve , et permettent ainsi d'éviter la diffusion de la lumière sur la tranche de la plaque. Cette diffusion, très réelle, amène fatalement un léger voile. Donc, au cas où vous ne posséderiez pas un châssis spécial à la dimension de votre phototype, et que vous fussiez, par exemple, obligé de vous servir d'un châssis-presse 9x12, vous devrez, tout d'abord, passer une couche de vernis noir sur la tranche du phototype, ou border celui-ci, avec une bande de papier aiguille ou de papier d'étain. Vous n'aurez plus à craindre alors les rayons obliques qui viendraient, sans cela, frapper sur la tranche du phototype, se propager dans la masse de son verre-support, se réfléchir sur sa face arrière, comme sur un miroir et amener avec un léger voile général sur la diapositive, une bande noire accusant très nettement les contours de l'image.
Au reste, avant d'effectuer l'exposition à la lumière, il est bon, je dirai plus, il est nécessaire de se livrer à une opération préliminaire.
Vous connaissez ce phénomène d'irradiation photographique vulgairement désigné sous le nom de halo1. Il se présente, d'ordinaire, sous trois espèces nettement définies. Dans le cas qui nous occupe, celui de la projection, nous n'avons à prendre en considération qu'une seule espèce : celle relative au débordement lumineux qui se verra sur la diapositive au voisinage immédiat de tous les contours des grands blancs du phototype se détachant sur un fond très obscur ou, inversement, de tous les grands noirs se détachant sur un fond très clair. Si le phénomène se montre nettement visible dans le cas de grandes plages lumineuses, il le sera moins, mais il existera cependant, dans tous les cas où il y aura un noir franc à côté d'un blanc pur, c'està-dire, en somme, dans toutes lignes ou nuances qui doivent concourir à la formation de l'image finale.
Or, M. Drouet a rappelé et démontré, à la Société française de Photographie, qu'en recouvrant l'envers de la plaque diapositive avec une mixture ayant pour base de l'ocre rouge et de la dextrine, les rayons diffusés se trou-