‹ L'art Espagnol, précédé d'une introduction sur l'Espagne et les EspagnolsChapitre 103 sur 122 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

se font. Bayeu y Subias (1734-1795), élève des Gonzalès et de Mengs, mêle éclectiquement Van Loo et Raphaël dans ses fresques, où tous les deux se reconnaissent. Le Vénitien Tiepolo arrive à son tour pour exécuter au Pala\o Reale des plafonds décoratifs, et apporte, dans cet affadissement général , une note du moins charmante d’habile distinction et de maniérisme raffiné. Il meurt à Madrid en 1770. Raphaël Mengs était parti l’année précédente, après avoir semé partout, traîtreusement, pendant un séjour triomphal de huit années, les germes perfides de ce pseudo-classicisme qu’il perpétrait avec son ami Winckelmann, et qui, un peu plus tard, allait causer de si cruels ravages. Lui parti, la vogue reste, en attendant, à l’aimable et au joli. Et c’est en somme le goût français, Lancret, Pater, Natoire, Fragonard, les bergères enrubannées et les bergers coquets, les voluptueux abandons et les polissonnes mignardises sous l’indiscrète feuillée, qui l'emportent. Un disciple de François Boucher, Charles La Traverse, artiste et diplomate — comme Rubens — - vient, après tous les autres, les faire aimer, brosse de petits sujets innocemment égrillards, parle de la Grèce à ses élèves. Mais l’art national, dans tout cela, l’art espagnol, on continue toujours à n’y songer jamais; on piétine sur sa fosse, joyeusement, l’esprit libre et le cœur léger.

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