‹ L'art Espagnol, précédé d'une introduction sur l'Espagne et les EspagnolsChapitre 37 sur 122 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

confirmation décisive de l’étroite et formelle alliance de l’Église avec l’art, passée à l’état de dogme et subie par tous avec la naïve candeur des âmes inconscientes. On ne saurait imaginer un plus frappant commentaire du caractère de cet art, librement soumis, que ce livre éloquent dans sa monotone froideur pédagogique. Tout y est rapporté, exclusivement, à une pensée chrétienne. La pensée chrétienne, selon l’auteur, fait seule la grandeur de l’art; là où elle n’est pas, il n’y a point d’art digne de ce nom; elle ennoblit toutes choses, voire les plus basses et les plus infimes; à plus forte raison, elle peut ennoblir la peinture, obligée, sous peine de tous les mépris, de se conformer humblement aux ordres de la sainte religion. Encore un peu, et Pachéco s’écrierait que n’importent les chefs-d’œuvre s’ils ne sont pas catholiques, qu’il n’y a d’admirables que les tableaux peints avec l’intention de faire plaisir à Dieu, et que les « croûtes » mêmes sont sublimes pourvu qu’elles aient été conçues dans ce but pieux... Que dis-je? il l’affirme, en propres termes : — « Nuestra sagrada religion no se contenta de la forma exterior ni de la cantitad intrenseca ni de otras circunstancias con que son hechas las obras, si no son acompanadas de caridad y pura intencion de servir à Dios, y ofrecidas ci él como sacrificio de nuestras manos... De todo lo dicho se infiere, que pudiéndose por este camino ennoblecer todas las cosas, aunque seau pequehos y bajos, mejor se ennoblecera la pintura ejercitada con la régla cristiana. » (Chap. X.)

Et l’antiquité païenne ? Oh ! l’auteur ne recule pas devant les conséquences de son raisonnement : « Oui, un peintre chrétien, continue-t-il, est supérieur à Apelle, à Protagoras, à n’importe quel peintre illustre de la Grèce ou de Rome ! » S’il s'était agi aussi de la sculpture, il n’aurait évidemment pas hésité non plus à mettre Phidias et Praxitèle bien en dessous du dernier fabricant d'images de sainteté, parce que Phidias et Praxitèle n’avaient point pour habitude, que nous sachions, d’offrir leurs statues à Jésus-Christ comme un « sacrifice de leurs mains ».

A en croire Pachéco, le rôle de la peinture, c’est « de mettre les hommes en communication avec le Créateur, de le faire mieux connaître

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