QUATRE DESSINS DE HERRERA LE VIEUX
(Collection Jovellanos, à Gijon.)
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L’ART ESPAGNOL
gros apparemment qu'un cheveu pouvait avoir de si extravagant; à moins, ce qui est peu probable, qu'ils se soient imaginé qu'il s'agissait de troncs d'arbre calcinés et de brosses à l'usage des badigeonneurs. La sage application de Francisco Pachéco a été également l'objet de remarques curieuses : « Peu d'artistes, écrit M. Stirling *, ont été plus diligents et se sont donné plus de peine. Pachéco dit lui-même qu'aucun de ses ouvrages n’a été exécuté sans qu’il eût tracé diverses esquisses de sa composition, sans qu'il eût fait, d’après le modèle vivant, des études sérieuses pour les têtes et les parties les plus importantes des personnages ; ses draperies étaient toujours peintes d’après celles disposées sur un mannequin. » Voilà qui est véritablement digne d’admiration ! Etre diligent au point de consentir à ne pas faire ses tableaux « de chic », voilà ce que les siècles ne sauraient louer avec assez d’enthousiasme! Mais si, réellement, d’après ces puérils témoignages, « peu de peintres » se sont donné autant de peine que Pachéco, comment donc se fait-il que ce Pachéco ne soit pas supérieur à tous les autres, à Moralès, au Greco, à Libéra, à Zurbaran, à Roëlas, qui apparemment, ne traçaient point d'esquisses pour leurs tableaux, ne faisaient point « d'études sérieuses pour les têtes et les parties les plus importantes (?) des personnages » et ne peignaient point leurs draperies « d’après celles disposées sur un mannequin » ? Ou bien ces derniers étaient singulièrement doués, qui pouvaient se dispenser de tout cela.
Un assez petit nombre de tableaux nous permettent d’apprécier à leur juste valeur ce que furent Herrera le Vieux et Francisco Pachéco. De Herrera, le Prado ne possède rien; il nous faut aller à Séville pour le voir. Le palais San Telmo a de lui un groupe d’évêques d'un grand caractère, très espagnol, très noir, d’une facture originale, ample et onctueuse, moins dure que celle de Ribera et même de Zurbaran. Le Saint Basile dictant sa doctrine, du Louvre, n’est pas de moindre qualité; très noir aussi, avec son exécution rude et brutale et ses types de religieux vulgaires, étranges, toujours saisissante. Les quatre figures de saints, peintes par Pachéco, qui sont au musée de
i. Velaqqusq et ses œuvres, traduit de l’anglais, p. 3i.