HERRERA LE VIEUX. — SAINT FRANÇOIS S’ÉLEVANT AUX CIEUX
(Cathédrale de Séville.)
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L’ART ESPAGNOL
Madrid, n’ont qu'un mérite secondaire. Comme Herrera, Pachéco est resté à Séville, et ses fresques seules comptent vraiment dans son œuvre. Dans ses tableaux religieux, y compris son Jugement dernier, la fièvre de l'Italie, qui le mordit au cœur, lui aussi, a troublé ses qualités natives; le ressouvenir de Raphaël et de Michel-Ange les absorbe et empêche parfois de deviner, sous ces habits d’emprunt et cette science de seconde main, trop constamment gourmée, un vigoureux et fin coloriste.
Les relations de Velâzquez avec Herrera le Vieux furent courtes ; celles qu'il entretint ensuite avec Pachéco eurent pour principal résultat son mariage avec la fille de son maître; en cet atelier nouveau, il écouta plus volontiers les leçons de l'amour que les leçons du professeur; et celui-ci, de son coté, eut l'art de bien placer sa fille tout en plaçant bien ses conseils : c’était d'un père adroit autant que d’un peintre habile. Les nombreuses études de nature morte et de types populaires auxquelles Velâzquez se livra avec acharnement lui apprirent certainement beaucoup plus que les exemples de Pachéco et la fréquentation de son atelier. Tout de suite ainsi, dès le début de sa carrière, on le voit, dédaigneux des sujets traditionnels et prétendument nobles, ne s’occuper que de ce qui attache son regard, autour de lui, à ses pieds. Qu’importe le rêve? Le réel lui suffit, et pourvu que sa main et son œil trouvent à s’exercer, le but lui semble atteint. Oh ! que de fois le beau-père dut rougir du gendre ! Prêcher le respect des choses sacrées, l'horreur de la vulgarité, les égards dus aux saints et aux saintes, seuls personnages dignes, avec la Trinité, des honneurs de la reproduction, — et voir ces préceptes méconnus à ce point ! L’auteur du séraphique traité de l’Arte de la pintura forcé de proclamer avec orgueil, comme étant son meilleur élève et le mari de sa fille, l’auteur du Porteur d’eau, des Buveurs et d’une quantité de mendiants déguenillés, bragards et va-nu-pieds, — quelle humiliation !
Les premières œuvres de Velâzquez trahissent également, mieux que l’étude de ses professeurs, l’étude qu’il fit des maîtres d’autres écoles dont les tableaux arrivaient à Séville, particulièrement de Luis