‹ L'art Espagnol, précédé d'une introduction sur l'Espagne et les EspagnolsChapitre 72 sur 122 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Velâzquez et les grands portraitistes.

e réalisme n'exclut pas nécessairement la fantaisie et l'imagination. Les grands réalistes ont été parfois de grands fantaisistes : Rubens, Diirer, Rembrandt lui-même, la plupart des gothiques et la plupart des « petits maîtres » flamands et hollandais, en leurs diableries et en leurs kermesses. Le réalisme espagnol a ceci de particulier, qu'il ne connut point la fantaisie. Direction d’esprit que nous avons expliquée. Velâzquez fut moins que personne tenté par elle. 11 borna ses essais aux Borrachos et à la Forge de Vulcain; puis, le portrait l'absorba exclusivement. La Fabrique de tapis n’est pas plus un tableau, dans le sens compliqué du mot, que la Reddition de Bréda, très défectueuse au point de vue de la « composition », classiquement et réglementairement entendue, et au point de vue même de l’effet. Les figures baptisées de noms conventionnels, Ménippe (n° 1101), Esope (n° noo), sont d'admirables portraits, aux types très espagnols, n'ayant rien de grec assurément. La Chasse au sanglier, de la National Gallery de Londres, n'est qu’un décor encadrant les personnages de la cour de Philippe IAT et Philippe IV lui-même, réunis dans une mise en scène assez vaste pour les contenir tous. Et les études de paysage que l’on voit au Prado n’ont pas été peintes avec d’autre préoccupation que celle de conserver sur la toile l'image fidèle de certains sites des domaines royaux, sans doute pour être agréable à Sa Majesté; ce sont des « vues », — des portraits encore, — non des traductions émues de nature en plein air, non des paysages enfin.

Le genre paysage est du reste resté lettre morte dans kart espagnol. Pas plus Velâzquez qu'aucun autre, ses peintres ne le cultivèrent pour lui-même, par amour et par dilection, — ni pour y chercher,

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