Pinacothèque de Munich
L’ART ESPAGNOL
Ainsi, les liens se multiplient. Mais la signification de ce lien-ci ne doit pas être exagérée. Le plus solide est et restera celui qui fait de Velâzquez et de Rubens, plus que n'importe qui, plus encore que le Titien, auquel il faudrait joindre alors Paul Véronèse, les précurseurs de ce qu’il est convenu aujourd'hui d'appeler « la modernité ». Et tous les deux se complétant, ils en sont l’expression parfaite : Rubens, preuve convaincante que cette modernité ou ce réalisme, dont nous parlions dans un chapitre précédent, car le nom seul diffère, ce respect absolu de la vérité, cette soumission nécessaire à ce qui est «. vu » et « vécu », ne sont pas exclusifs, nous le répétons, de toute fantaisie; que l'art vivant n'interdit pas l’imagination; que le rêve peut faire bon ménage avec la réalité, pourvu qu'il lui emprunte ses éléments et que ces éléments arrivent à ce résultat de donner au rêve la puissance vitale de la réalité...; Velâzquez, démonstration glorieuse et décisive du prestige de l'art honnête, sincère, se livrant tout entier, comme il pense, comme il sent, et comme il est.