INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE UE ROME
que leur vocation appelle vers l’esthétique et l’archéographie, ils ne peuvent faire une meilleure lecture. Quelle ressource pour se préparer à toute une série d'études dont l’utilité et la beauté ont été si souvent méconnues ! Certes, si le génie antique fait éclater sa force extraordinaire , c’est dans les monuments des arts; là, brille surtout son incomparable spontanéité; s’il atteint à cette perfection sublime qui n’a jamais été dépassée ni même égalée, c’est encore là. Il y a des taches dans V Iliade; le Parthénon en est exempt. Qui de Tite-Live ou du Colysée nous parle le plus éloquemment delà grandeur romaine?
Cette révélation d’un beau livre serait incomplète si, avant de terminer, nous ne jetions un coup d’œil sur la situation présente d’une science qu’il a si puissamment aidée. L’archéologie fleurit encore en Italie : elle est là sur souterrain. Depuis longtemps MM. Borghesi et Cavedoni, et plus nouvellement M. Minervini, se sont acquis dans cet ordre de recherches une juste célébrité. Comme toujours, c’est vers l’antiquité que l’activité intellectuelle de l’Allemagne est tournée. Eu ce moment, des professeurs et de jeunes érudits, tous ou presque tous collaborateurs des Annales, travaillent à la suite de MM. Welcker et Gerhard que trente années de savantes recherches n’ont point encore lassés. Resserrer, autant que faire se peut, l’alliance de la philologie et de l’archéographie, tel est leur but, et ils ont raison, car s’il est vrai que le sens complet de l’antiquité ne s’obtient que par l’étude des monuments figurés, dans bien des cas ce n’est qu’aux philologues que ceux-ci disent leur secret. L’archéolo-
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gie pourra-t-elle s’acclimater en Angleterre? Jusqu’ici elle nous rappelle ces plantes exotiques dont les rameaux un peu malingres ne peuvent s’épanouir qu'à grands frais. Cependant j’ai confiance dans la vieille ardeur de M. Cockerel, dans le profond savoir de M. Birch, dans le tact de M. Newton, et dans cet essaim de voyageurs accomplis à la tête desquels marchent MM. Leake, C. Fellows, Hamilton, Falkener; j’ai foi dans l’influence d’un musée sans rival. En France, l’état actuel de l’archéologie est alarmant.
Loin de moi la pensée d’oser condamner l’étude du roman et du gothique; cette étude est trop belle. Elle nous vaut d’ailleurs, parmi tant de bons ouvrages, les précieuses monographies de M. Vitet. Mais cette passion fort légitime, cette ardeur pour nos ruines nationales, comme l’a prouvé la discussion récente sur Alesia, ces recherches variées auxquelles la Société des Antiquaires de France imprime une impulsion si heureuse, ont donné naissance à une erreur assez grave pour qu’il importe de la relever. Trompés par les rapides progrès de l’archéologie du moyen âge et par le nombre des personnes instruites qui étudient consciencieusement les cathédrales et les donjons de leur province, les gens du monde, que ces questions au fond touchent fort peu, se sont imaginé que partout l’élan scientifique était le même. Ainsi, selon eux, la grande archéologie emploie une armée de travailleurs. Hélas! il n’en est rien. A l’exception d’un petit groupe, composé de membres de l’Institut, au mérite desquels l’etranger rend surtout hommage, de quelques explorateurs de premier ordre, à l’exception
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