‹ L'Art et l'archéologieChapitre 15 sur 102 · I.’ÉCOI.R FRANCAtSE D’ATHÈNES. OS · texte numérisé non relu

I.’ÉCOI.R FRANCAtSE D’ATHÈNES. OS

on demande de fournir à l’érudition des résultats sérieux, on veut qu’ils soient publiquement constatés.

Quelques jours après (30 janvier), M. de Parieu écrivait à l’Académie des inscriptions que son intention en rendant cet arrêté était de confier à la savante Compagnie la direction de l’École française d’Athènes. Qui donc en effet mieux que l’Académie des inscriptions, ce centre d’érudition, ce foyer de lumières, pouvait tracer la voie et donner avec plus d’autorité les encouragements et les conseils?

Réunis en commission, les hellénistes et les antiquaires de l’Institut, auxquels un homme éminent, M. Guizot, vint se joindre comme président de l’Académie, préparèrent un projet de règlement relatif aux travaux de l’École française. Le 8 mars 18.'50, le profond et habile interprète de Creuzer, auquel cette École doit sa prospérité en partie, lut en séance publique un rapport sur le travail de la commission dont il était l’organe. M. Guigniaut préludait ainsi à ces rapports amples, érudits, instructifs qui pondant neuf années(18Sl-.^19)nousont montré la marche del’École d’Athènes : rapports où rien n'est omis, où l’on trouve, à cêté des questions mises à l’étude par l’Académie des inscriptions et de tous les desiderata de la science relativement à la Grèce, le tableau le plus exact des efforts et des progrès de la jeune colonie universitaire; rapports bienveillants, mais où les avertissements et les conseils ne font pas défaut. Aujourd’hui c’est à un maître en philologie, à un philhellène dévoué, à un ami également éclairé et sincère de l’École d’Athènes,

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que cette tâche délicate est confiée : M. (iuigriiant ne pouvait éü-e mieux remplacé que par M. Egger.

Le décret rendu par le président de la république, le 7 août suivant, est une des conséquences de la féconde initiative de l’Académie des inscriptions; nonseulement, par ce décret, qui ratilie presque tout ce qui a été fait jusqu’alors, l'École se trouve affermie sur ses bases; non-seulement, pour la première fois, un crédit lui est affecté dans la loi du budget de 1851, mais une disposition fondamentale de ce même décret lui impose une direction si féconde, en ce qu’elle est plus scientifique, que l’École lui doit la plus grande part de ses succès. Voici cette disposition :

« Une année et plus sera employée par chaque membre à des explorations et à des recherches dans la r.rèce et les autres pays classiques soit de l’Orient, soit de l'Occident. »

Notef que le lien qui existe entre l'Académie et l’École d'Athènes se trouve ici officiellement constaté :

« Les résultats des travaux des membres seront transmis par le Ministre à l’Académie des inscriptions, invitée à" en faire l’objet d’un rapport, et à en rendre compte dans sa séance publique où elle annoncera les sujets d’explorations et de recherches plus spécialement proposés pour la seconde et troisième année d’études. »

J’ai dit plus haut que le décret du 7 août ratifiai tout ce qui avait été établi jusqu’alors. Nous en excepterons toutefois ce qui concerne le recrutement de l’École ; car on y trouve ce qui suit :

« Considérant qu’il importe de mettre l’École frau-

Digiti

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çaise d’Athènes en harmonie avec les principes de liberté qui y régissent l’instruction publique, d’en élargir les bases, d’en assurer le recrutement et d’en compléter l’organisation, décrète : A partir de la prochaine année scolaire, l’École française sera formée concurremment d’agrégés sortis de l’École normale et A' agrégés pris en dehors de celte École. »

11 faut le reconnaître, cette mesure a vivement inquiété les amis de l’École française d’Athènes. Ils se sont demandé si elle ne perdrait point une partie de sa force, n’étant plus composée exclusivement d’agrégés, docteurs, professeurs, tous sortis de l’École normale, c’est-à-dire de l’élite de la jeunesse universitaire. Heureusement que le décret impérial du 9 février 18.o9 est venu les rassurer. Grâce à ce décret, les portes de l’École française ne s’ouvriront désormais que devant les plus capables, car il a remis en vigueur l’article 1" de l’ordonnance du 11 septembre 1846.

Ce n’est pas tout ; une lettre du Ministre de l’instruction publique, lettre interprétative du décret du 9 février, est venue démontrer que, loin de vouloir affaiblir l’influence, purement littéraire en définitive, de l’Académie des inscriptions sur l’École française, le gouvernement était bien plus disposé à favoriser qu’à restreindre l’action du plus légitime comme du plus honorable patronage.

Du reste si, parmi les mesures diverses que renferme le décret impérial du 9 février, quelques-unes ont pu sembler d’une efficacité douteuse , par exemple , la création d’une section des sciences à l’Ecole française d’.Uhènes (car on n’a point encore vu jusqu’à présent

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d’agrégé de cette Faculté se promenant sur les cailloux du Céphise ou dans les gorges du Taygète pour lorraer des collections d’histoire naturelle ), il en est d’autres d’une utilité incontestable, et auxquelles U faut applaudir. Ainsi l’École devra beaucoup au Ministre qui a décidé que nos jeunes professeurs, eu se rendant à Athènes, s’arrêteraient ‘pendant trois mois dans la Péninsule, trois mois répartis entre Rome, Naples et Florence. Certes M. Rouland a eu raison de croire que, dans l’ordre des études et de l'idéal classique, le péristyle de la Grèce, c’était l’Italie.

La création d’une section d’architecture annoncée par ce même décret (section composée de quelques élèves pensionnaires de l’École de Rome envoyés en Grèce pour y continuer leurs études) est encore une de ces mesures qui ne méritent que des éloges. Athènes ne renferme-t-elle pas le monument le plus parfait entre tous ceux qui ont été érigés par la main des hommes ? Je le demande : que ne peut-il pas sortir de bon et d’excellent de ce rapprochement entre do jeunes architectes et de jeunes antiquaires, entre les élèves, déjà si habiles, de l’Académie de France et les élèves de notre brillante École normale? Du reste, l’expérience n’est plus à faii’e, elle est faite. Maintenant on a la preuve que cette réunion vraiment féconde « concilie à la fois les intérêts de l’art et de l’érudition. » C'est ce que M. Sainte-Beuve voulait.

Nous pardonnera-t-on de nous être arrêté si longtemps sur des détails administratifs? L’histoire de l’École française d’Athènes est généralement si peu connue, on sait si peu, ou si mal, ce qui concerne la

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