‹ L'Art et l'archéologieChapitre 17 sur 102 · L’ÉCOLE FRANÇAISE D’ATHENES · texte numérisé non relu

L’ÉCOLE FRANÇAISE D’ATHENES

tuition que donne la connaissance précise du pays, et fortement aiguillonnés par l’Académie , religion , mœurs, ethnographie, épigraphie de l’antique Hellade, ils abordent tout. L’histoire du Bas-Empire elle-même, sans parler de bien d’autres choses, y trouve aussi son compte et l’interprétation des actes des empereurs de Byzance, actes que recèlent encore quelques monastères, augmente la masse des documents relatifs à cette période. Telle s’offre à première vue la jeune colonie universitaire. Ainsi, à la place de cette École de perfectionnement et de langue créée par une initiative généreuse, à laquelle il faudra toujours rendre hommage, nous avons devant nous un plus vaste foyer où l’ardeur de l’érudit devenu géographe, la passion de l’antiquaire, la sagacité de l’épigraphiste sont mises enjeu sous un ciel qui excite la pensée; où des études variées comme les esprits et comme les vocations ouvrent des jours nouveaux sur l’antiquité classique.

tout serait pour le mieux dans ce centre d’activité et de lumière si la philologie y était l’égale de la géographie. Qui le croirait? les fils de TUniversité ont délaissé la langue d’Homère et de Sophocle. L’Académie des inscriptions s’en étonne. Après avoir donné une si vive impulsion à la géographie comparée, la voilà qui s’alarme en reconnaissant que l’étude du grec est négligée là même où se trouve sa source la plus pure. Dans les rapports de la commission, cette inquiétude se fait jour. Aussi, il y a déjà longtemps, a-t-elle demandé aux membres de l’École française de « recueillir dans les dialectes de la Grèce le vocabulaire des arts et de l’industrie et, qui plus est, de comparer

les mots de ce vocabulaire avec celui du vieux grammairien Pollux. » Cette année, elle a mis à l’étude les variétés de la prononciation dans diverses parties de la Grèce, les relations que cette même prononciation peut conserver avec les anciens dialectes, et les altérations que ces changements ont amenées dans la langue parlée. Mais ce qu’il importe de noter, comme une preuve certaine de la guerre que l’Académie entreprend contre la routine, elle demande que l’on présente quelques aperçus relatifs aux moyens de faire cesser le désaccord entre la prononciation usitée dans une partie des Écoles de l’Occident et celle des Grecs modernes. Que dirait Larcher s’il revenait au monde ; Larcher qui reprochait à travers les âges à Lascaris et à ses compagnons d’exil réfugiés en Italie après la prise de Constantinople par les Turcs, d’y avoir porté une prononciation vicieuse ‘ ?

Ici, puisque l’occasion s’en présente, je remarquerai en passant que dans les arrêtés constitutifs de l’École, et leur silence sur ce point nous autorise à le croire , une classe d’agrégés , les agrégés de grammaire, sont exclus du privilège d’aller à Athènes. C’est là un témoignage singulier et bien regrettable du discrédit qui , chez nous , s’attache à l’étude de la philologie ; discrédit qu’accroît encore l’indifférence de l’autorité, qui trop souvent a suivi en cela le mouvement de l’opinion publique. On est en droit de s’en plaindre, surtout lorsque, dans ces dernières années, le doctorat ès lettres a produit plus d’une dissertation qui prouve

Page 1