I . Voyeï l'arlicle de M. Sainle-Bcuve, rilé plus haut
I/KCOI.E FRANÇAISE D’ATIIÉNES. IOd
que dans cet ordre d’études l’École normale et la jeune Université prétendent ne pas rester en arrière.
J’ai indiqué plus haut l’heureux début de quelques membres de cette jeune Université sur la terre d’Athènes (1847-49)^ début brillant, bien que l’impulsion alors ne fût point aussi ferme, aussi caractérisée qu’elle l’a été depuis. A cet égard, il me suffira de rappeler les études d’un de ces Burnouf, dont le nom est si glo rieusement populaire, études pleines de sève et de goût, dès qu’il s’agit du Parthénon et des Propylées, et marquées au coin de l’exactitude scientifique dans les recherches sur remplacement du vieux Pnix, sur la topographie d’Athènes et le lac Copais. Je noterai aussi le travail de M. Henriot, sur les dômes de l’Atlique, travail très-iemarqué, et particulièrement les observations sur l’histoire et le caractère des monuments de la Grèce, par M. Charles Lévêque. Ici je me trouve en pré.sence d’un esprit fin, juste, élégant, nourri d’art et de philosophie; d’un auteur couronné par l’Académie française pour un livre sur la science du beau ; livre inspiré par la Grèce et l’Italie, livre éloquent et honnête, que tous les artistes devraient avoir entre les mains.
Une entreprise d’un véritable intérêt pour la géographie et l’histoire marque la quairième année de l’École française d’Athènes. Trois membres de cette École, MM. Bertrand, Mézières et Beulé explorent en 1830 les parties principales du Péloponèse, se réservant chacun d’exposer, à son point de vue, les résultats de cette enquête. L’étude attentive de l’Argolide et des vieilles fonstructions pélasgiqiies d’Argos, de Mycènes , de
Tirynthe, de bonnes descriptions du sanctuaire d’Esculape à Épidaure, voilà, en deux mots, la part de M. Bertrand. La Laconie, la Messénie, telle est celle de M. ilézières, dont les recherches annoncent un esprit critique, un voyageur instruit, sachant résoudre, sur le terrain, les difficultés nées dans le cabinet. En esquissant d’une jnain légère et sûre le récit de son voyage' à travers l’Arcadie, la Triphylie, l’Élide, l’Achaïe et sur les bords du golfe de Corinthe, en expliquant des inscriptions, en mêlant à des études sévères de délicates appréciations sur les sculpteurs et les peintres de Sicyone et de Corinthe, M. Beulé, qui sait décrire les paysages riants ou grandioses qu’il trouve sur sa route, donne, à cette date, un premier témoignage de l’heureux talent que son grand travail sur l’Acropole va nous montrer dans sa plénitude et dans sa force.
Ce travail peut être considéré comme une savante réponse à la question posée en i 852 par l’Académie des inscriptions, qui demandait : « une étude et une description complète et approfondie de l’Acropole d’Athènes d’après l’état actuel et les travaux récents comparés aux données des anciens auteurs. » Le désir bien naturel de rendre cette étude aussi complète que possible a entraîné M. Beulé à la recherche d’un problème fort embrouillé : il a essayé de retrouver l’antique entrée de l’Acropole. Je ne reviendrai point sur des fouilles célèbres, sur une question dont le retentissement
1 . Ce voyage a é(é publié sous le litre suivant •• Eludes sur le Pitoponése. Paris, Oidot, ISSSî I vol. in-8.