L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHENES
clignes de fixer leur attention. Kn eüet, la Grince moderne s’y montre à peu près comme devait être la Grèce antique aux premières lueurs d’une civilisation dont les traces dureront autant que l’humanité ellemême.
Que -AIM. Lebarbier, Ilinstin et Deville me le pardonnent : j’allais oublier les patientes fouilles du premier dans les bibliothèques des monastères, à Patmos, au mont Athos, au saint sépulcre, et je n’ai point encore parlé soit des intelligentes recherches du second sur les systèmes de défense pour l’Attique, soit de l’exploration du dernier au delà de l’Axius et dans la Thrace maritime. Je voudrais bien aussi noter les travaux de M. Ghebart. Ce qui m’y engage, c’est qu’il a fait choix d’une de ces rares questions posées par l’Académie pour lesquelles il faut être à la fois artiste et philologue, ou pour lesquelles il faut tout au moins aimer sincèrement l’art. Polyclète, son école, son style, étudiés au milieu des débris de sculpture que renferme encore l’Argolide, tel a été le sujet d'un Mémoire du nouveau membre de l’École française. Mémoire resté inédit, parce qu’il demande à être complété.
Un mot encore, car je tiens à ne point passer sous silence deux noms honorables pour l’École : ceux de MM. Foucarl et Wescher.
En explorant, les textes à la main, Delphes et sa banlieue, en décrivant, ce qui n’avait point encore été fait si bien, ces ruines célèbres, en nous racontant riiistoire du grand foyer religieux du paganisme , M. Foucart avait déjà bien mérité de l’.àcadémie. Il a
no ARCHÉGLOGIR CLASSIQUE.
fait plus, car il a continué l’œuvre d’ÜtlVied Millier, et cela est vraiment glorieux. Le grand antiquaire de Gœdtingue ayant découvert en 1840 le mur qui formait le soubassement du mur méridional du temple de Delphes sur une longueur de dix mètres environ, M. Foucart a repris ses travaux. 11 a mis à nu quarante mètres environ de ce soubassement, dont les blocs énormes conservent, depuis plus de deux mille ans, quatre cent quarante inscriptions environ : — et je ne mentionne point ici quarante autres inscriptions gravées, soit sur une pierre détachée de ce mur, soit sur un monument semi-circulaire dont les restes ont été trouvés dans les fouilles, au pied d’une terrasse inférieure à celle du temple, soit dans le village de Castri ou dans le ravin de Castalie. — Ces quatre cent quarante inscriptions forment trois classes composées ainsi qu’il suit : décrets des amphictyons, six ; actes de la cité de Delphes, douze ; actes d’affranchissement d’esclaves, quatre cent vingt-deux. Je n’ai pas besoin d’insister sur l’importance d’une pareille découverte, une des plus belles de l’épigraphie dans notre siècle, et je renvoie, pour plus de détails, au rapport officiel inséré ici même le i I septembre 1 86 1 ‘ . La part de M. Wescher est grande dans la lecture, la transcription et la publication de ces documents très-neufs. M. Wescher est uu épigrapliistc ardent et sagace, et la moissou qu’il a recueillie en Asie Mineure, dans l’Arcldpel et en Crète, moisson qu’il
1. Voyez on outre Touvrage inlUulé : Inscriptions recueillies à Delphes et publiées pour la première fois sous les auspices de Son Excellence M, flou/nnd, ministre de VInstruction publique, par C. Wescher et P, Foucarl. Paris, Didol, 1863; 1 vol. in-8.
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