ÉCOLE FRANÇAISE D’ARCHÉOLOOIE, A ROME
U défendu de songer à quelque amélioration féconde et de souhaiter qu’à la place d’un simple rapport destiné àêtre enseveli dans les archives de l’Institut, l’Académie des Inscriptions voulût bien admettre en principe une publication à l’instar de \'Instit%it de correspondance, publication rédigée par les élèves de l’École française, soit avec le concours du directeur, soit simplement sous sa surveillance? La reproduction de ce que les fouilles nouvelles offrent de plus remarquable compléterait ce recueil, recueil vraiment beau, car on appellerait, pour l’illustrer, les jeunes talents de la villa Médicis. On sait ce dont ils sont capables. D’ici je vois la place de ces Annales françaises honorablement marquée dans toutes les bibliothèques. Notez que j’évite de parler des voies et moyens pour fonder cette publication ; la question doit être traitée ailleurs. L’essentiel, c’est que l’administration est là pour soutenir, pour encourager, et qu’elle peut et même qu’elle doit joindre ses souscriptions à celles des amis de la science et leur donner le signal.
Nous touchons à un point délicat et sur lequel j’ai hâte de m’expliquer. — Quoi ! va-t-on dire, vous conseillez de publier des ébauches ; oubliez-vous que les membres de l’École romaine ne seront que des recrues inexpérimentées ? — Oubliez-vous, dirai-je à mon tour, que ces recrues seront de jeunes maîtres rompus aux méthodes, à la critique, et dont le savoir est doublé de talent? Rappelons-nous les Mémoires envoyés par l’École d’Athènes. Croyez-le bien, guidés par une main amie et sûre, il leur sera toujours facile d’écrire une bonne page d’archéologie. Pourquoi ne les met-
archéologie: classique.
trait-on pas en communication avec le public compétent? Pourquoi ne ferait-on pas connaître leurs essais, leurs travaux? Pourquoi ne tenterait-on pas, par ce moyen, de les captiver, de les piquer au jeu et d’allumer le feu sacré dans la nouvelle École, en un motd’y tuer pour toujours l’indifférence?
L’indifférence, voilà ce qu’il faut craindre de nos chers compatriotes. En France, généralement,- on est indifférent pour ce qui n’est ni le gain ni le plaisir. Le govit du savoir, la curiosité intellectuelle désintéressée nous manquent. Les esprits sont las, saturés, troublés par des questions futiles ou dangereuses même. Nos désastres nous montrent cependant que ce sont les peuples lourds qui font la leçon aux peuples agréables et légers.