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Gesenius, Lexicon Hebraicum, au mot Sion

2. Macchabées, 1, v. 33. — Vojei sur ce point d’excellentes observations dans l'Encyclopédie de Ersch et Grbber. (Altgemeine BncijcL, au mol Jérusalem, S, 293.-) II en résulte que le nom de ville de David désijtne toujours dans les Macchabées la partie sud et sud-ouest de Jérusalem, où sVIevait la nionlagnc de Sion.

JÊRUSAT,RM ET LA MER MORTE. Ut

(io David, parce que c’était le siège de sa cour cl le berceau de sa dynastie. »

On le voit clairement, s’il faut chercher le tombeau de David quelque part, ce ne peut être que sur la montagne de Sion ; en voici une preuve non moins forte que nous devons signaler. Lorsque le Juif Néhémias eut reçu d’Artaxercès Longue-Main l’autorisation de reconstruire Jérusalem, il distribua les travaux entre certaines notabilités de la ville qui s’occupèrent principalement de la restauration des murailles ; ce furent ses chefs d’ateliers. Ainsi, dit l’Ecriture, Sellum,fils de Choloza, fut chargé de reconstruire « la muraille de la piscine de Siloé, le long àa jardin du roi, et jusqu’aux degrés qui descendent de la viUe de David. » Après lui Néhémias, fils d’Azboc, continua la restauration du mur d’enceinte de la ville de David « jusqu’en face des tombeaux de David, jusqu’à la piscine et jusqu’à la maison des forts de David. » Nous le demandons : estil possible de trouver rien de plus concluant que ces deux passages de l’histoire hébraïque? N’en ressort-il pas que le tombeau de David se trouvait placé à l’extrémité méridionale de la ville de David?.Ici, la topographie antique est indiquée par un témoin muet, mais irrécusable, par la piscine de Siloé, qui se voit encore aujourd’hui au sud-est du rocher de Sion, là où la vallée des enfants d’Hinnom et le ravin de Tyropéon se rejoignent, là où était jadis l’emplacement du jardin du roi.

L’esprit de système a un grand inconvénient, c’est de rendre obscur ce qui est clair, et clair ce qui est obscur. Quand on a découvert les restes de Sodome,

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on ne peut plus être admis à prétendre « qu’il n’y a pas \ ombre de possibilité de reconnaître quoi que ce soit dans les lieux qui se trouvent énumérés dans cette partie du récit de Néhémias. » C’est encore l’esprit de système qui, peu scrupuleux sur le choix des arguments, enregistre, au nombre des preuves qu’il croit pouvoir citer, le fait que nous allons rapporter. Un jour, un certain Antiochus, un de ces voisins incommodes qui harcelaient sans cesse le peuple de Dieu, vint mettre le siège devant Jérusalem, et déclara qu’il ne battrait en retraite qu’à la condition de recevoir des assiégés une énorme contribution de guerre. Or, à ce moment les finances de la ville étant épuisées, le pontife Hyrcan, qui la gouvernait, ne put offrir au roi syrien que la moitié du tribut imposé par l’esprit de rapine. Le croirait-on? c’est de cette particularité qu’on s’autorise pour soutenir que l’enceinte de Sion n’a jamais renfermé le tombeau de David ! Si ce tombeau avait eu son emplacement dans l’enceinte de Sion, répète-t-on avec insistance, nul doute, comme il contenait d’immenses richesses, qu’Hyrcan ne l’eût mis à sec 'pour éloigner l’ennemi. Mais comment n’a-t-on pas vu que de ce récit de Josèphe résultait la condamnation la plus formelle de tout ce qu’on met en avant au sujet des grottes royales ? Vraiment, les Juifs auraient perdu le sens, s’il leur fût venu seulement dons l’idée de placer un monument si vénérable, si utile dans les moments de crise, comme l'histoire l’atteste, et ce qu’on pourrait appeler un trésor funéraire, de le placer, disons-nous, aux portes d’une ville si souvent assiégée et justement sous la main de l’ennemi.

Enfin, car pourquoi argumenter plus longtemps eu faveur de l’évidence? l’esprit de système seul pouvait se prévaloir de l’usage judaïque qui consistait à exclure les tombeaux de l’intérieur des villes pour cause d’impureté. A cette coutume, générale dans l’antiquité, nous en opposerons une autre non moins bien établie en Palestine : c’est que de tout temps les tombes des rois et celles des prophètes y furent afiranchies de cette loi d’impureté; c’était une sorte d’hommage rendu à la sainteté et à la puissance. Les exemples en sont nombreux. Où Samuel fut-il enseveli? Dans sa maison, à Ramatha. Et Basa, général des armées de Nadab et devenu roi par trahison? Dans la ville de Thcrsa, dont il avait fait sa capitale. Et Amri, fondateur de Samarie, et Joachas, roi d’Israël, et Joas son fils, où furent-ils ensevelis? Dans leur bonne ville de Samarie. En présence de pareils faits, comment croire que Jérusalem seule aurait été déclarée impure à perpétuité, ainsi qu’on l’affirme, en conservant dans son acropole le corps de son fondateur et de son prophète? Ce serait là assurément une étrange loi d’impureté. Mais non, cette loi n’existe point, si ce n’est dans l’imagination de ceux qui prétendent que toutes les fois qu’on lit dans la Bible qu’un roi de Juda fut enterré dans la ville de David, cela signifie qu’on l’enterra hors de la ville de David.

M. de Saulcy est-il mieux fondé dans ses appréciations sur le caractère architectural du tombeau des rois? M. de Chateaubriand en a esquissé l’ornementation avec cette précision singulière, l’une des grandes qualités de son style, qualité assez rare chez les hom-

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mes d’imagination : « Au centre de la muraille du midi, vous apercevez une grande porte carrée d’ordre dorique, creusée de plusieurs pieds de profondeur dans le roc ; une frise un peu capricieuse, mais d’une délicatesse exquise, est sculptée au-dessus de la porte. C’est d’abord un triglyphe suivi d’une métope ornée d’un simple anneau; ensuite vient une grappe de raisin entre deux couronnes et deux patères. A dix-huit pouces de cette frise règne un feuillage entremêlé de pommes de pin. » Écoutons un autre voyageur, le docteur Robinson, l’auteur du meilleur livre sur la Judée, comme M. de Saulcy s’empresse loyalement de le reconnaître : « Ce roc est également sculpté, mais il est de la dernière époque de l’art chez les Romains, in the latter Roman style. Au centre du portique, on a représenté de larges grappes de rai.sin entre des guirlandes de fleurs, mêlées de chapiteaux corinthiens'. » C'est dans ce tombeau, que M. de Chateaubriand comparait à des bains d’architecture romaine, c’est dans ce riche échantillon de l'abaissement du génie de la Grèce que M. de Saulcy croit avoir retrouvé un merveilleux spécimen d’architecture hébraïque, un édifice contemporain d'Homère, plus vieux que les plus archaïques des monuments grecs, et qui porte sur son front une de ces dates effrayantes dont l’Égypte ale privilège, la date de mille ans avant Jésus-Christ! Comment M. de Saulcy a-t-il été amené à proclamer cette nouveauté hardie? Yoilà ce qu’il faut examiner. Pendant son excursion autour de la mer Morte, il a

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