‹ L'Art et l'archéologieChapitre 44 sur 102 · An Account of ditcoveries in Lycia · texte numérisé non relu

An Account of ditcoveries in Lycia

se cachent dans le sein de la terre, c’est sous le ciel bleu, vers lequel elles montent, que les nécropoles lyciennes s’étalent complaisamment. Vous allez en juger.

Quelques plateaux soutenus par d’immenses rochers, voilà toute laLycie. A Telmessus, à Tlos, àMyra et dans vingt autres endroits, ces éternelles murailles sont percées par des milliers de grottes sépulcrales où brillent tous les caprices de l’architecture. Plusieurs de ces tombeaux ont l’apparence d’un temple dont la cella serait engagée dans le roc -, parfois deux colonnes entre deux piliers surmontés d’un fronton forment la façade; d’autres nous offrent une imitation minutieuse de la construction en bois; à ce point qu’on retrouve le chalet dans lequel le berger turc se met encore aujourd’hui à l’abri de la neige : solives, poutres, chevrons, mortaises et assemblages sont reproduits ici dans la pierre massive de la montagne avec une fidélité scrupuleuse. L’illusion est complète. L’intérieur de ces tombes fait songer aux grottes étrusques de Tarquinie, où des jeux, des festins, des scènes familières égayent les demeures de la mort. Il en est de même en Lycie : la seule différence, c’est qu’en Lycie, des bas-reliefs coloriés tiennent la place des tableaux. Ajoutez que dans cette architecture troglodyte, circule le génie grec avec son élégante liberté. Quelques traits de mauvais goût ne sauraient le faire méconnaître; d’ailleurs nous sommes ici aux portes de l’Orient.

L’audace heureuse de Fellows a eu un grand résultat : elle a réveillé l’Europe savante. Fellovvs a eu des imitateurs. Parmi ceux qui ont suivi ses traces, il faut nommer principalement le révérend Daniel, le lieute-

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liant Spratt, et le professeur Forbes, ingénieurs et antiquaires : ils nous ont donné les plans de onze villes lyciennes. On doit à ces habiles explorateurs les mesures de dix théâtres ‘ . Dix théâtres dans une seule province de l’Asie ! N’est-ce point là une exhumation? Que savait-on de la Lycie avant 1812, avant la description de ces côtes par le capitaine Beaufort? A peine étaitelle indiquée sur la carte. Tel est le privilège de la science, rien ne l’effraye, rien ne l’arrête, elle éclaire de son flambeau le pays où naquit la chimère, et tout devient réalité.

Non loin de la Lycie, dans une autre province, limite méridionale de la Péninsule, en Cilicie, existe un monument dont nous devons parler. C’est aux portes du Tarse, dans le jardin d’un fellah, en face des neiges du Taurus, que se trouve le Dunuk-Tasch. Figurez-vous un énorme parallélogramme qui possède, y compris quelques appendices, cent quinze mètres de longueur sur sept mètres de hauteur. Construit avec de petits cailloux mélangés de chaux et de sable, il offre l’aspect et la solidité du rocher le plus dur ; deux murailles parallèles au petit côté du nord-ouest paraissent avoir été rattachées au massif principal par une voûte disparue; deux blocs de pierre de forme cubique ont été vus dans l’intérieur de ce tumulus, dont certains morceaux de marbre encore attachés au pourtour indiquent l’ancienne splendeur. Nous dira-t-il son secret, ce vénérable riverain du Cydnus? Ouel

1. Ce sont les théâtres de Telmessus, d’Anliphellus, Œnounda, Cvbira, Pinara, Balbiira, Rliodiopolis, Cyane et Datouiii.

est-il? Le tombeau de Julien l’Apostat, comme le suppose Macdonald Kenneir ‘ ? Ou bien peut-être le sanctuaire d’un de ces oracles si répandus dans la Cilicie et la Cataonic, comme le suppose M. Texier’? Enfin était-ce un autel consacré au feu, un Pyrœon, comme le conjecture Barth®?

L’extrême difficulté d’une question si débattue n’a point eff rayé un jeune et savant explorateur, M. Victor Langlois^. Envoyé en mission en 1852, par Napoléon 111, à l’effet d'explorer la Cilicie, il est allé droit au Sphinx ; et voici en substance quelles sont ses conclusions ; le Dunuk-Tasch (la pierre renversée) n’est autre que le tombeau d’un Sardanapale, qu’il ne faut pas confondre avec l’épicurien couronné. Le Sardanapale du tombeau est tout simplement un Sardanapale obscur qui se retira en Cilicie après la perte de ses Étals; d’après cela, ce monument est assyrien, et texte, médailles et indices de plusieurs sortes concourent à le prouver.

Cette solution — peut-être ne sera-t-elle pas la dernière — ne fut point, heureusement, le seul fruit du voyage de M. Langlois. On lui doit des notions intéressantes et même certaines révélations : exemple, cet arc situé entre Néapolis et Lamas, sur lequel on distingue les emblèmes des Cabires. Je signalerai encore

1. Voyage en Asie Mineure, p. 902 de la traduelion française.

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