I. Journal det Débats, 30 octobre I8S
chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et comment, dans leur terrible ignorance, ces gentilshommes bastionnèrent leur castel avec des bas-reliefs de Scopas.
A son arrivée à Londres, cette sculpture fit du bruit; moins de bruit cependant qu’elle n’en eût fait si l’on avait été convaincu de sa haute origine dans le monde des connaisseurs. Un homme d’une compétence reconnue, M. Newton', prit soin, dans un savant mémoire, de démontrer cette origine. D’un autre côté, un archéologue allemand, M. Urlich, proclama les marbres de Boudroum dignes des grands maîtres auxquels on hésitait à les attribuer. Il est certain que, mutilée, hors de place, privée de la lumière de l’Asie, cette sculpture essentiellement décorative demandait à être comprise. Le premier aspect a dérouté bien des gens.
Ces marbres réveillèrent les architectes anglais. Ils essayèrent de restaurer le tombeau de Mausole. Un homme qui réunissait la triple vocation de l’architecte, du voyageur, de l’antiquaire, Robert Cockerell^, descendit le premier dans la lice, où il fut suivi par Falkener’. L’impulsion était donnée. Elle se communiqua rapidement. Deux officiers de la marine anglaise, MM. Graves et Brock, enrichirent le mémoire de M. Newton du plan delà ville et du golfe d’Halicarnasse. Ce plan fut rectifié plus tard dans une très-belle carte dressée par le capitaine Spi’att. Voilà bien des
1 . On the Sculptures of Halicarnassvs, dans Ctassical Aprii 1847,