‹ L'Art et l'archéologieChapitre 48 sur 102 · Papers respeclinfj the e.rcavaiions at Pndrnm · texte numérisé non relu

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Plus long que large, le mausolée avait sur les deux grandes faces soixante-trois pieds, circonférence totale, quatre cent onze pieds. Trente-six colonnes (le Pteron) l’entouraient, et sa hauteur n’eùt été que de vingt coudées sans la pyramide qui le surmontait. Celle-ci, également haute de vingt-cinq coudées, se composait de vingt-quatre degrés en retraite surmontés d’une plate-forme où l’on voyait un quadrige de marbre, ouvrage de Pythis. Ce bel appendice donnait au mausolée une élévation totale de cent quarante pieds. Quatre grands artistes travaillèrent à la décoration de ce tombeau : Bryaxis sculpta le côté du nord, Scopas celui du levant; le midi et le couchant furent ornés par les mains de Timothée et de Léocharès.

Chacun sait dans quelles circonstances le mausolée a été érigé. La douleur d’Artémise, ce type des veuves inconsolables, est un lieu commun ; nous n’en parlerons point. Toutefois, je ne puis m’empêcher de remarquer que ce monument si célèbre ne témoigne pas seulement de la tendresse de la femme, mais aussi des goûts fastueux du mari. Mausole aimait la truelle: par lui la petite ville d’Halicarnasse transformée devint une capitale où il lit construire un superbe palais. De ses connaissances en architecture Vitruve paraît faire cas. AiTémise, près de ce roi artiste, était à bonne école : on voit qu’elle en a profité. — Je reviens à M. Newton.

Retrouver sous les cabanes d’un village turc ce mausolée tant vanté, et le retrouver après le comte de Chüiseul-Gouffier, qui, sortant d’Ualicarnasse, déclarait qu’il n’en restait pas vestiges, quelle entreprise

magniüque ! mais aussi quels regrets pour celui qui, après avoir vivement sollicité l’honneur d'en être chargé, laisserait échapper l’heureuse et rare fortune d’en venir à bout ! Échouer était d’autant plus facile que M. Newton resta quelque temps perplexe entre deux opinions parfaitement respectables, mais complètement fausses : celle d’un célèbre antiquaire, Louis Ross, dont l’Allemagne déplore la perte récente, et celle du capitaine Spratt, l’excellent investigateur.

Louis Ross plaçait le mausolée tout en haut de la ville, dans les flancs d’un monticule où l’on avait supposé avant lui que s’élevait jadis le temple de Mars. Selon M. Spratt, la septième merveille était enfouie sous un autre monticule à moitié chemin de la ville et du port.

Une fouille vigoureusement commencée dans ce second monticule vint prouver une fois de plus l’imprudence de s’arrêter à des conjectures fondées sur le simple aspect des lieux. Ce fut alors que M. Newton songea qu’il serait à propos d’attaquer la plate-forme désignée par M. Ross. Quelques semaines devaient s’écouler avant qu’on fût d’accord avec le propriétaire. M. Newton eut l’idée d’utiliser pendant ces délais les bras des excellents marins placés sous ses ordres. Un jour il leur fit sonder un champ voisin de l’habitation de l’Âga, où, plusieurs années auparavant, M. Donaldson, le savant architecte, avait remarqué les ruines d’un édifice ionique. Heureuse inspiration ! ce jour-là, il est permis de le dire, le tombeau de Mausole fut découvert.

L’emplacement du tombeau, son enceinte {peribo-

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/os), une chambre pratiquée dans la terrasse moitié naturelle, moitié artificielle, sur laquelle le monument était assis, terrasse d’où il fut précipité pai‘ un tremblement de terre, tout cela mis au jour, tout cela mesuré, dessiné, forme ia base, ou, si l’on veut, la partie élémentaire et topographique de la belle découverte de M. Newton.

L’autre partie nous offre un intérêt plus vif en un sens, car ce sont des fragments d’architecture et de sculpture réunis autour de VArca qui la constituent. Ces fragments, ces bas-reliefs, nous pouvons les voir et jes toucher : ils sont à Londres aujourd’hui. Quatre bas-reliefs, dont la réunion, avec ceux que sir Stratford Canning a envoyés, forment une notable partie de cette frise' admirée déjà au siècle d’Alexandre, et sur laquelle on voit Grecs et Amazones combattre avec furie ; ajoutez un des chevaux du quadrige sculpté parPj this; une figure équestre mutilée, mais savamment exécutée; deux statues colossales d’un beau caractère, très-probablement Artémise et Mausole, plusieurs lions, plusieurs torses, beaucoup de débris ; en tout vingt-deux morceaux , voilà le contingent de la sculpture dans le magnifique envoi de l’explorateur anglais. Je ne dirai rien de ces marbres; avec une concision incisive, le propre de son rare talent, M. Mérimée {Gazelte des beaux-arts, 15 juillet 1859) les a appréciés et loués. Non, je ne dirai rien ici de ces œuvres frémis-

I. Ce qui lui manque particulièrement, ce sont les magniliques bas reliefs de infime origine qui se voyaient encore il ii'y a pas bien longlenips dans une collection particulière à Gènes, lis ont été publiés par F. Braun, Anmli deW Instituto ili Corrisp. Arclieol. 1819.

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santés de vie. Je les ai signalées ailleurs ‘.On ne peut traiter incidemment un si beau sujet.

Le mausolée sera-t-il reconstruit sur le papier? Nous devons l’espérer. Affranchis désormais de l’obligation de commenter le texte de Pline, appuyés sur des données certaines, les artistes qui voudront rétablir scientifiquement ce tombeau * arriveront à des restaurations capables de satisfaire la logique et les yeux.

M. Newton prépare, du moins on l’annonce, la publication de ses belles découvertes dans l’Asie Mineure : l’Europe sera donc bientôt instruite des résultats acquis par les fouilles qu’il a entreprises en 1858 et 1859 à Gnide et près du temple d’Apollon Didymœus, dans le voisinage de Milet. Disposées avec méthode, illustrées par des gravures et des photographies accompagnées de certains éclaircissements que ne peuvent nous fournir les lettres adressées parle savant antiquaire aux comtes de Clarendon-et de Malmesbury, lettres que j’ai sous les yeux, ces nouvelles et curieuses recherches se présenteront au public dans un beau cadre et sous le meilleur aspect ^

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