‹ L'Art et l'archéologieChapitre 59 sur 102 · I-’ART GREC · texte numérisé non relu

I-’ART GREC

l’Apôtre à une lumière plus pure, sur le chemin de Damas.

Maisl’histoire de l’art hellénique n’est-elle pointpar elle-même un précieux et philosophique enseignement? Vous allez voir combien les destinées de cet art sont étroitement unies h celles de la Grèce. Depuis son origine jusqu’au siècle de Solon, est-ce un art à vrai dire? Nullement; c’est plutôt une industrie. De Solon à Périclès, c’est un jet magnifique ; il correspond à l’héroïsme des temps. Dans cette période, la guerre des Perses éclate, c’est-à-dire la lutte de l’intelligente et jeune liberté humaine contre le vieux et niais despotisme de l’Orient. L’art sous Périclès s’élève à une hauteur inconnue ; il plane dans la région du sublime. Athènes est glorieuse, la Grèce maîtresse d’ellc-même. Périclès meurt, et les Cléons, ces vils flatteursde ladémocratie, arrivent au pouvoir pour en abuser. Avec eux la vulgarité s’introduit dans les mœurs athéniennes, avec eux s’enracinent le luxe domestique et ce besoin d’émotions et de jouissances qui présage l'abaissement des âmes. L’art mûrit et se perfectionne, mais, comme tout ce qui mûrit, il touche à la corruption. C’est ainsi qu’il se maintient sous Alexandre et ses vaniteux successeurs. Englouti dans la civilisation romaine, tout meurtri par les rudes caresses des compatriotes de Mumniius, cependant il ne périt point encore : sa vitalité est trop puissante. Il se ranime pour servir de nouveaux maîtres. C’est au temps d’Adrien que brille sa dernière flamme, éclat mourant et bientôt éteint.

Au sortir du moyen âge, sombre dédale où l’esprit

Digiti^

humain se trouva fatalement engagé, l’art moderne, essayant ses ailes, entrevit l’art antique qui lui montrait la route à suivre. De ce moment, la Grèce a été chez les modernes l’étoile polaire du grand art. Se rapproche-t-il de cet astre protecteur, il devient puissant et s’anoblit; s’en éloigne-t-il, on le voit faiblir et déchoir. Il y a deux cents ans, à cette heure, l’inspiration profonde du Poussin, ce grave admirateur des anciens, raffermissait Part ébranlé.

Plus tard notre David et M. Ingres ont amené une autre renaissance. Puis, par suite du flux et reflux accoutumé des choses humaines, malgré les efforts de quelques grands talents, surtout dans la peinture religieuse, efforts isolés, mais si dignes de louanges, de belles espérances se sont évanouies. Étudions-lesdonc ces œuvres sublimes, étudions cet art grec qui étonne et enlève par la force de son élan, qui charme par la poésie du vrai ; et peut-être qu’à la fin du siècle, une renaissance semblable à celle qui en a marqué le commencement viendra répandre sur l’horizon de vives et pures clartés.

Quelques semaines avant son voyage dans le midi de la France, l’Empereur a visité les plâtres exposés au Palais de l’Industrie. La haute approbation du souverain, si nettement exprimée dans cette visite, l’appui donné par le ministre d’État aux premières tentatives pour former cette galerie, tout fait espérer qu’une entreprise si utile pourra bientôt être conduite àson terme avec une libéralité qui réponde à la fois et à la hauteur du but vers lequel il faut tendre et au rang qu’occupe la France parmi les nations.

1/AKT GREC.

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