LE MUSÉE BRITANNIQUE ET SES RÉCENTES ACQUISITIONS
{Journal des Débats, 30 décembre 1858.)
Parmi les institutions libérales et scientifiques de l’Angleterre, le Musée Britannique occupe le premier rang : c’est le Louvre de la Grande-Bretagne, Louvre enfumé, mais dont les murs noircis renferment une bibliothèque splendide, l’inscription de Rosette et les sculptures de Phidias.
Kn 1732 mourait à Chelsea, près de’ Londres, un vieillard de quatre-vingt-douze ans, qui léguait à son pays plus de 50,000 volumes imprimés et manuscrits, une collection zoologique de premier ordre, nombre d’antiquités et d’objets rares et précieux. Botaniste célèbre, successeur de Newton à la présidence de la Société royale, et médecin d’une reine, sir HansSIoanc, grAce à une si magnifique dotation, eut cette rare fortune de pouvoir ajouter à tous ces titres le titre encore plus éclatant de fondateur du Musée britannique.
Au commencement 'du siècle, la bibliothèque de ce grand établissement était enrichie des manuscrits de Harley, des manuscrits et des livres de Robert Cotton. Vers cette époque, les vases recueillis dans la grande (irèce par lord Ilamilton, ambassadeur à Naples, la collection égyptienne formée par la France, mais enlevée par Nelson, — ce qui ne fut point un de nos moindres désastres, — tous ces monuments pré-
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deux pour rhistoirc de l’art, réunis et groupés, donnèrent naissance à un musée. Plus tai'd, quelques collections célèbres : celle de Towneley, acquise en 1810 ; les marbres duParthénon, vendus par lord Elgin en 1813; ceux de Phigalie; les bronzes, pierres gravées et médailles, légués par Payne Knight; les basreliefs de >anive, et tout récemment les sculptures d’Halicarnasse, sontvenus enrichir ce grand ensembleet le couronner. L’Angleterre, aujourd’hui, peut se glorifier de posséder l’un des plus nobles sanctuaires des arts, celui dans lequel, plus que partout ailleurs, la sculpture grecque' brille de sa merveilleuse beauté.
La façade du Musée britannique présente un caractère imposant. Deux ailes font saillie sur cette façade ornée de quarante-quatre colonnes d’ordre ionique dont les bases reposent sur un stylobate élevé. Huit colonnes de quarante-cinq pieds de hauteur supportent un fronton récemment terminé, et dans lequel sir Richard Westmacott, cela se «comprend, a représenté d’une haanière un peu confuse l’homme passant de l’état sauvage, sous l’influence de la religion, à la civilisation et au progrès.
En regardant ce majestueux portique, qui promet un bel édifice, un palais, — et certes, en avançant, on se trouve loin de compte, — on est tout surpris de la persévérance avec laquelle les nobles, les savants administrateurs du Britisch Muséum entassent, sans aucun avantage, constructions sur constructions dans cette rue étroite, populeuse et marchande, qui porte le nom de flrcat-Uussel Street. Est-ce donc pour se
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voir condamner à reléguer dans les caves une certaine partie de leurs collections qu’ils dépensent tant d’argent ? Comment ont-ils pu se décider à laisser si longtemps le Musée national de la riche Angleterre dans une localité si peu convenable? Est-ce l’espace qui leur manque ailleurs? Nullement : ils ont à leur disposition les bords de la Tamise. N’est-ce pas là que s’élève aujourd’hui le vaste palais de la Chambre des Communes et des Lords? En dépit de ces eaux bourbeuses et parfois empestées, la Tamise, c’est l’honneur de Londres. Nous en appelons aux souvenirs de ceux qui se sont assis sous les ombrages de la charmante et mélancolique terrasse de Temple-Bar. Vue de cette terrasse ou de l’un de ses larges ponts à une heure matinale, Londres prend un aspect fantastique ou grandiose. A demi cachée dans les replis de son manteau de brouillards, et muette, la reine du commerce du monde devient aussi poétique que Rome contemplée du mont Palatin.
Bibliothèque, cabinet d’histoire naturelle, collection d’antiquités, telle est la triple destination ou la triple nature du Musée britannique. Nous ne parlerons, nous ne pouvons parler que des parties de ce vaste établissement consacrées aux beaux-arts. Si nous essayons d’en faire l’examen rapide, c’est qu’il nous a paru qu’en dépit de son immense célébrité le Musée britannique, de ce côté-ci de la Manche, était encore bien peu connu. Sans l’Exposition de Londres, sans cet appel à la curiosité intelligente de tous les pays, cette splendide création serait encore, pour beaucoup de gens en France, quelque chose de lointain, comme
les grottes indiennes de Salsette ou le temple de Bisvakurma â Ellora.
A l’exception delà salle de lecture, vaste rotonde dont la coupole reluit d’or, la décoration intérieure du Musée britannique vous étonne par sa simplicité : les murailles sont nues, quelques méandres, peints à l’encaustique, entourent des plafonds percés par un viti'age par où passe une lumière froide et grise. Voilà tout ce que l'orgueilleuse Albion a cru devoir accorder à l’embellissement intérieur de son musée : décoration conçue avec un tel puritanisme qu’elle est restée au-dessous des salles d’attente des chemins de fer, comme ornementation et comme goût. Une large cheminée de fonte, chauffée à blanc huit mois de l’année, occupe le centre de chaque pièce, et forme, par son prosaïsme, le plus étrange contraste avec les œuvres élégantes, filles du soleil, dont elle est entourée.
Les sculptures, la bibliothèque, les manuscrits se partagent la presque totalité du rez-de-chaussée. Un grand escalier conduit au premier étage ; trois spécialités l’occupent entièrement : l’histoire naturelle, les médailles, les antiquités. Le cabinet des médailles n’existe que depuis 1800. Beuxlegs, celui du révérend Mordaunt Cracherode, à cette époque, et un autre legs du savant Payne Knight, en 1824, ont mis la collection numismatique de Londres en état de rivaliser avec les plus riches musées de l’Europe. Les choses se passent ainsi en Angleterre : le zèle d’un savant, le patriotisme d’un amateur, la fantaisie d’un riche particulier, créent, fondent, organisent des établissements
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précieux. Semblable à ces dieux de l’ancienne philosophie qui, daus un ciel lointain, présidaient à la marche générale du monde, mais sans le régenter, le gouvernement de la Grande-Bretagne abandonne à la spontanéité individuelle et au génie de l’association, si puissants en ce pays, toute liberté d’agir : ils y ont fait des miracles.
Sept ou huit salles de ce second étage sont consacrées aux antiquités domestiques de l’Égypte, delà Grèce et de l'Étrurie. On ne pourrait imaginer une collection de vases plus utile et plus belle que la collection des vases peints. Là se trouvent réunis, et dans l’ordre scientifique, un très-grand nombre des plus précieux entre ces fragiles chefs-d’œuvre ; révélations ' charmantes sur l’association, si commune en Grèce, de l’art et de l’industrie.
L’importance de la collection des bronzes n’est pas moindre. Le Mars de Fallerone témoigne des premières tentatives de la toreutique, et les merveilleux fragments d’armures trouvés dans le Siris nous montrent la sculpture des métaux parvenue à une adorable perfection. Le célèbre vase de Portland, les terres cuites de M. Temple, les bijoux d’or de l’Étrurie, les objets of Personal or domestic use de l’Égypte, les reliques du moyen âge, tant de monuments beaux, précieux, d’un intérêt sans égal pour l’art et l’histoire, demanderaient des volumes : nous n’avons pas même une ligne à leur donner !
Redescendons maintenant le grand escalier du Musée dont les murs sont revêtus de granit rouge d’Aberdeen. Entrons daus la première galerie au rcz-dc-
chaussée. Là sont rangés d’un côté plusieurs monuments que le catalogue {Synopsis) classe sous ce titre : Monuments anglo-romains. De l’autre côté, de nombreux piédestaux supportent les bustes antiques de personnages célèbres et de quelques empereurs de Rome. Dans le nombre, le portrait de Néron se fait remarquer par la puissance et le caractère. Cette galerie sert de vestibule aux salles consacrées à la sculpture.
Quatre de ces salles, où les collections Towneley et Payne Knight se trouvent à cette heure, renferment de très-beaux spécimens de l’art gréco-romain. De tous ces marbres l’apothéose d’Homère est le plus célèbre. Rien que d’une époque de décadence, ce petit basrelief a surtout un mérite à nos yeux : c’est d’avoir suggéré, nous n’osons pas dire inspiré, à un grand artiste contemporain, à un Français, l’une des plus nobles et des plus belles conceptions de la peinture moderne. La pièce voisine renferme les monuments découverts à Xanthe en Lycie (1842-1846) par un voyageur aussi > instruit qu’infatigable, M. Fellow. Cette collection est unique en Europe. Le célèbre tombeau appelémrnôea?/ des Harpyes, les sépulcres de Satrapes, où les finesses du ciseau grec s’allient à la barbarie orientale, ouvrent des perspectives nouvelles aux historiens de l’art. Rien de plus virginal que ces jeunes filles entourées d’attributs maritimes et dont le chœur protégeait la cendre d’Harpagus.
Un petit salon dépourvu d’ornement, tel est le modeste sanctuaire où rayonnent les débris des frontons du Parthénon. Lors de notre visite au Musée, pendant la fermeture, on lavait ces marbres illustres.
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Débarrassé d’une couche de fumée, la fumée de Londres ! le Thésée venait de reconquérir son immortelle jeunesse. Les plâtres ne pourront jamais rendre ces tons chauds et transparents ! Aussi nous a-t-il semblé contempler pour la première fois ces formes grandioses et pourtant si vraies, ce corps héroïque, divin, dont les chairs semblent palpiter. Phidiœ simulacris nihil perfectius, rien ne surpasse les statues de Phidias, disait Cicéron, cet autre grand artiste.
De nombreux fragments de la frise de la cella du Parthénon, détachés des côtés nord, est et sud, se développant sur cent quarante pieds de longueur environ, autour d’une pièce immense; quinze ou seize métopes, placées au-dessus de cette frise, voilà l’admirable spectacle que présente la salle de lord Elgin. Chacun s’iipagine connaître ces œuvres sans rivales; elles sont si populaires, si vulgarisées par le moulage et le dessin! Serait-il permis de dire à ceux qui n’ont pas visité le Musée britannique qu’ils se font illusion? Pour juger l’auteur du Jupiter olympien ; pour avoir une impression vraie de cette radieuse sculpture des frontons; pour parler des Panathénées, de ces dieux protecteurs d’Athènes, qui accueillent la plus gracieuse des processions ; pour se faire une idée fidèle de cette vivante et bondissante cavalcade ; en un mot, pour emporter de ces marbres sublimes un souvenir qui soit digne d’eux, il faut les voir eux-mêmes, recouverts d’une belle teinte d’ivoire jauni, ou plutôt doucement colorés par les rayons du soleil del’Attique, dont l’or s’est comme imprégné dans nue pierre soigneusement polie parles élèves de l’hidias.
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Une des colonnes de l’Erechtéion et l’une des cariatides du temple de Pandrose achèvent la décoration de cette salle; décoration d’une surprenante beauté. Cette cariatide est la seule qui soit au Musée britannique ; mais ce n’est pas la faute de lord Elgin.Il enlevait les autres lorsqu’il apprend que la population d’Athènes se courrouce. Les Grecs voyaient dans Ces ravissantes statues, qu’ils nommaient les vierges^ des êtres surnaturels et protecteurs. L’ambassadeur anglais choisit la nuit. U envoie des soldats turcs. Ceux-ci vont mettre la main sur ces filles de l’Attique, quand tout à coup un loug gémissement frappe leur oreille. C’est le vent du soir sifflant à travers les ruines de l’Acropole. Saisis d’une terreur superstitieuse, les Turcs croient entendre les vierges sacrées pleurant sur elles et sur la soeur qu’elles ontperdue. Ils fuient laissant à la Grèce ravagée ces derniers témoignages de son génie et de ses douleurs.
La frise du temple d’Apollon Épicuriusà Phigalie est placée dans la pièce voisine [PhigaleiansaloQn).C&Viü frise, découverte en 1812, représente avec une grande exubérance de mouvement et de vie des combats de Grecs et d’Amazones, de Lapithcs et de Centaures. Trente-trois fragments la composent ; sa longueur est d’environ cent vingt pieds. L’élégante sobriété, la distinction suprême qui caractérisent les Panathénées ne se retrouvent plus dans cette sculpture un peu confuse, où la verve du ciseau n’exclut point la lourdeur. Pour l’ensemble toutefois, les marbres de Phigalie sont dignes d’une magnifique époque. On y retrouve ce génie qui était dans l'air, quand un artiste divin, l’ami d’un
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grand homme, imprimait aux arts de la Grèce une impulsion souveraine. Deux frontons moulés en plâtre sur ceux qu’on voit aujourd'hui dans le Musée de Munich ornent les parois supérieures du salon de Phigalie. Ces figures ont été rétablies dans l’ordre primitif par un de ceux qui les ont rendues â l’archéologie, par un homme dégoût, le savant architecte anglais, M. Robert Cückercll. Les bas-reliefs du tombeau de Mausole ont été déposés dans cette pièce, en attendant mieux. Mais avant de parler de ces fragments remarquables et du monument auquel ils appartiennent, nous avons à dire quelques mots sur les sculptures de Ninive et la collection égyptienne du Musée britannique ; on les visite en sortant du salon de Phigalie.
Rien n’est mieux fait pour frapper l'esprit que l'histoire écrite par les monuments. Mais lorsque ces monuments sont âgés de plus de vingt-cinq siècles,lorsqu’ils dissipent les ténèbres dont était enveloppée naguère une des plus vieilles civilisations du monde, alors de la curiosité on passe à la surprise, de la surprise à l’admiration. Tels sont les sentiments qu’on éprouve en parcourant la galerie de Konyoundjek, la galerie et le salon de Nemrod, le transept assyrien. Là, une centaine de bas-reliefs sculptés par des artistes contemporains deTlicglat-Phalasar, de Sennacherib, d’Essharadon, nous montrentles despotes de l’Asie adorant leurs dieux, accueillant leurs courtisans, combattant, triomphant, ramenant des prisonniers, et tout cela avec une roideur, une absence de vie, ou, si l’on veut, uneinajesté orientale inconnue à notreOccident. Parmi ces bas-reliefs il y en a de très-beaux : ce sont les plus
anciens; d’autres étant un réalisme puéril: ce sont les plus modernes. Un obélisque de marbre noir, couvert de sculptures et d’inscriptions cunéiformes, a singulièrement éveillé l’attention en Angleterre, parce qu’un homme de beaucoup d’esprit et d'imagination, M. Ravvlinsou, croit pouvoir reconnaître dans cet obélisque un monument commémoratif des victoires et conquêtes du fils de Sardanapale le Grand. C’est à l'incroyable activité d’un autre homme de mérite, de -Al. Layard, que le Musée britannique doit de pareils trésors. Eclairé par de belles découvertes de Khorsabad, jaloux des succès de notre savant et persévérant consul, M. Botta, M. Layard, de 1843 à 1847, se mita fouiller avec ardeur deux autres monticules qui s’élevaient sur le sol assyrien : Kouyoundjek et Nimrod. A quel point a-t-il été servi par la fortune? On vient de le voir à l’instant. Aujourd'hui les méditations des antiquaires .se portent sur l’art assyrien ; on lui attribue l’bonneur d'être le père de l’art grec. L’alliance entre le génie hellénique et le génie sémitique a-t-elle pu être si étroite? Homère serait-il si près de la Bible ? Question bien délicate, dont nous attendons encore la solution.
Traversons maintenant les vastes galeries égyptiennes du Musée britannique. Toutes les évolutionsde l’art se développant durant des siècles sur les rives du Nil sont représentées dans cettelonguc série de monuments : les uns remontent à près de quatre mille ans avant notre ère ; les autres sont de beaucoup postérieurs à la domination romaine dans ces contrées. Nulle part ailleurs le grand art égyptien n’offre déplus
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beaux, de plus majestueux spécimens de son âge d’or: la dix-huitième et la dix-neuvième dynastie; il s’y trouve des colosses. Nous aurions à décrire les images de ces rois, de ces demi-dieux, Aménophis III ouMemnon, Rhamsès II ou Sésostris. Nous aurions à signaler un bien remarquable échantillon de zoologie égyptienne, les lions donnés pai’ lord Prudhoe, et il ne serait pas inutile d’indiquer ceux de ces monuments qui caractérisent le mieux un pays où « la température toujours uniforme, dit Bossuet, faisait les esprits solides et constants ; » mais des découvertes encore peu connues et attrayantes par leur nouveauté nous appellent.
(,>ui n’aentendu parler du tombeau de Mausole ? Érigé par une reine dont la fastueuse douleur est devenue proverbiale, il fut classé au nombre de ces prodiges de talent ou d'opiniâtreté, nommés par les anciens les sept Merveilles du monde. Comment les débris de ce tombeau célèbre, mais à jamais perdu, suivant une opinion très-répandue ; comment des marbres sculptés par Bryaxis, Timothée, Pythis et Scopas, se trouventils en Angleterre? Voilà ce que nous allons brièvement expliquer.
En 1846, le Musée britannique recevait de sirStratford Canning, ambassadeur à Constantinople, onze bas-reliefs ou plutôt onze fragments d’une frise dont le Sultan Abdul-Medjid lui avait fait présent. Ces basreliefs provenaient des murs du château de Saint- Pierre, à Budrum, vieille forteresse qui domine l’entrée du port d’Halicarnasse. Budrum n’est qu'un pauvre village dont les masures occupent un l’ecoin de
cette ville célèbre. Faut-il accuser les chevaliers de Rhodes d’avoir détruit le tombeau de Mausole pour se l’aire des remparts coutre les Sarrazins? se sont-ils bornés simplement à faire usage, et comme matériaux, des ruines déjà faites par d’autres barbares qu’euxmêmes? On ne sait rien de précis à cet égard. Ce qui n'est pas douteux, c'est l’excellence des bas-reliefs eqcastrés dans les murs de leur forteresse.
Apeine cesmarbres étaient-ilsarrivéseq Angleterre, que déjà l’attention des amis de l’aqtiquité se trouvait éveillée. Les sujets de ces bas-reliefs offraient un thème des plus classiques : le combat des Grecs et des Amazones ! On admira la hardiesse de ces compositions ; on alla même j usqu’à soupçonner .qu’elles pouvaient avoir servi à l’ornement du mausolée d’Halicarnasse, Dix années plus tard, un fin connaisseur de l’artgrec, un des plus persévérants, un des plus actifs parmi les savants attachés au Musée britannique, M. Newton, plantait ses tentes non loin dq château de Saint-I’ierre, Au mois de décembre 1836, il commençait à fouiller profondément le sol de Budrum. En mpins d’un an, l’archéologue anglais a eu le bonheur et la gloire de retrouver des parties notables du plus orgueilleux des sépulcres, de celui dont Martial disait :
Aere. nec vacuo pendentia mausoha Laudibus immodicis Gares in astra ferunt.
Un a réuni dans une baraque en planches, baraque élevée provisoirement sous le péristyle du Musée britannique, les débris en marbre retrouvés par l’ardéur intelligente de M. Newton. Ils ont été rapportés à lahp
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de 1857 sur le navire anglais la Gorgone. C’est là, dans ce poudreux hangar, que nous les avons vus il y a quelques mois, tropàla hâte malheureusement. Aunombre de ces précieux restes de l’art hellénique florissant en Asie, nous avons remarqué deux statues : un homme et une femme d’environ dix pieds de hauteur, toutes deux d’un grand style et supérieurement drapées; douze lions et lionnes à la gueule ensanglantée, car elle offre des traces de couleur rouge ; une grande figure équestre d’amazone, figure dont il ne reste que la moitié, mais cette moitié annonce dujetet de la souplesse ; un cheval de dix à douze pieds de haut, un vrai chef-d’œuvre ! On sent, on reconnaît ici la plus belle antiquité grecque. Léger, grave et môme unpeu fier, comme doitl’être tout cheval de triomphateur, ce noble animal faisait partie du quadrige qui couronnait le mausolée. Pythis est l’auteur de ce quadrige. Par bonheur, Pline et Vitruve nous l’apprennent, sans quoi ce nom de Pythis, qui méritait la gloire jusque dans la dernière postérité, serait resté dans l’oubli. Un fragment de corniche, d’autres ornements d’architecture, le bas d’une colonne supérieurement cannelée, unchapiteau ionien, étaient encore à terre en attendant que M. Westmacott leur eiit trouvé quelque emplacement plus convenable. Plus heureux que ses prédécesseurs, les Caylus, les Choiseul-Gouffier, c’est à l’aide de ces fragments que M. Cockerell a pu imaginer une restauration élégante et judicieuse du monument qui fut le type de tous les mausolées. On a vu ce beau de.ssin à Londres, au mois de mai de cette année, dans une des salles de la galerie nationale, pendant l’exposition des
artistes vivants. Nous n’avons point encore parlé de quelques bas-reliefs rapportés par la Gorgone. Ils représentent un combat d’ Amazones et de Grecs. Entre ces bas-reliefs et ceux qui furent envoyés il y a dix ans par sir Stratford Canning, l’analogie est si étroite qu’il devient évident que tous ces marbres, sans exception, proviennent du même édifice, le tombeau de Mausole. Le Musée britannique possède donc à cette heure une frise de quatre-vingts pieds de long, extraite de ce tombeau. Quel magnifique pendant aux Panathénées ! Un deces nouveaux fragments, découvert du côté oriental du mausolée, le côté sculpté par Scopas, nous montre une amazone assise à cheval, tournée vers la croupe et combattant avec furie. Cette virago antique serait-elle de Scopas ? Son génie l’appelait à reproduire les expressions fortes, les mouvements passionnés.
En dépit du vent de la mer, vent rongeur ; en dépit de l’injure des siècles, les bas-reliefs de Budrum, bien que nous ne les voyions plus à leur place, sont loin d’avoir perdu leur beauté. Dans une certaine mesure ils peuvent justifier cette louange de Lucien : « Les chevaux et les hommes sculptés sur ce tombeau immense sont si admirablement faits et d’un si beau marbre, qu’on ne saurait trouver aisément même un temple aussi magnifique. » Supérieure à la frise de Phigalie, la frise du tombeau de Mausole le cède aux Panathénées. Ne faut-il point que tout s’abaisse devant Phidias? Mais dans ces sculptures coloriées, comme quelques vestiges l’indiquent encore, on retrouve ce grandiose et cotte lumière des âges favorisés. Sans doute l’exécution est négligée danscer-
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tlincs parties de ees bas-rcliefs, mais où trouver ailleurs plus de sève et plus de vie?
La vie, voilà le caractère essentiel de l’antique. Regardez ces trois ou quatre cents pieds de sculpture grecque qui couvrent les murs du Musée de Londres, et vous la reconnaîtrez à des signes certains : le calme et le repos sont exclus de la majeure partie de ces vastes compositions. Partout les bras se lèvent ou s’abaissent, les corps plient, se redressent ou tombent, les pieds bondissent, les draperies volent. Ardeur méridionale, inspiration guerrière sous la beauté des formes grecques, c’est là ce qui bouillonne dans ces marbres où circule une sorte de fureur homérique.
En 1832, un habile antiquaire gémissait sur l’état d’abandon dans lequel se trouvait un établissement nommé par dérision, disait-il, le Musée britanblque. Quelle ne serait pas la joie du savant Millingen, s’il était témoin de la prospérité de ce Musée, autrefois si délaissé ! Depuis plusieurs années les hommes importants de l’Angleterre travaillent avec le zèle le plus louable à l’accroissement d’une collection déjà splendide, sachant à merveille que ce ne sera pas sans profit pour l’honneur de leur pays et de la civilisation. Aussi une antiquité précieuse, un monument rare sont-ils à vendre, tout aussitôt l’or de l’Angleterre est là pour l'acheter.
Afin de donner à nos lecteurs une idée des sacrifices que, dans une vue purement libérale, -on s’impose de l'autre côté de la Manche, nous dirons que les dépenses du Musée britannique pour l’année 18S7 se sont élevées à f million 694,300 fr. Dans ce budget,
les Iniitements des personnes attachées au Musée figurent pour 811,02.') fr. ; 422,975 fr. ont été consacrés aux acquisitions; enfin les reliures et l’entretien de la bibliothèque n’ont pas coûté moins de 296,500 francs. Assurément voilà des chiffres très-respectables. Eh bien, la somme demandée pour l’année 1858 les dépasse; elle est de 79,275 liv. st., près de 2 millions !
Deux millions pour la dépense annuelle d’une bibliothèque et d’un musée! Et par qui ce budget formidable sera-t-il voté? Par les représentants d’une nation essentiellement commerçante, par des hommes positifs qui savent très-bien compter. Ils le voteront cet argent qu’ils pourraient parfaitement appliquer ailleurs : à la marine, à l’armée; ils se garderont bien de lésiner à propos d’une institution qui n’existe que pour la science et pour l’art, et qui n’a rien de cette utilité pratique tant préconisée de nos jours. Tel est le génie de la race anglaise, race énergique, sérieuse, qui apporte dans l’exécution des plans formés par elle, en vue d’accroître les domaines de la science ou de régénérer le goût, les gi’andes, les solides qualités que Dieu lui a données : Tardeur, l’esprit d’entreprise, et la patience nécessaire pour persévérer.
Certes personne n’admire plus que nous cette direction féconde des esprits chez une nation aussi éclairée que puissante ; personne ne peut être plus frappé que nous ne Eavons été en parcourant le merveilleux musée dont nous venons de crayonner une esquisse. Mais, s’il fallait compléter toute notre pensée, nous dirions qu’il manque quelque chose au Musée britan-
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nique, et à ce sujet le lecteur nous permettra de rappeler ici même un de nos souvenirs.
Peu de temps avant la mort de Orégoiz-e XYl, l’auteur de cet article eut l’honneur d’être reçu par le Souverain Pontife. Le Saint-Père se tenait dans une petite salle verte, décorée d’arabesques empruntées aux loges, et située près des Arrazi, au Vatican. Le Pape était debout, la main appuyée sur une table. Une robe de laine d'une finesse et d’une blancheur merveilleuses tombait jusque sur ses mules de maroquin rouge, brodées d'or. « Vous croyez donc, nous dit-il, avec un sourire bienveillant qui vint illuminer son visage fortement coloré, vous croyez que le Musée grégorien, créé par moi avec tant de zèle et de constance, égale presque celui de Naples? Ah! vous avez bien raison, il est vraiment beau, mon Musée. Au moment où il s’ouvrit, un seigneur russe me blâma de r, avoir livré trop promptement au public; bien des places étaient encore vides; comment ferait-on pour remplir ces vastes galeries? Le Russe s’absente, ajoute le Saint-Père, et de retour quelques mois après, il se rend au Musée grégorien. Quelle n’est pas sa surprise ! Tout regorgeait des trésors découverts dans les tombeaux de l’Étrurie ! Ému, touché jusqu’à l’enthousiasme, il ne put s’empêcher de s’écrier en me voyant: O Santa Padre, Rama e sempre Rama ! »
STATUE D’ATHLÈTE
FOUILLES DU TRANSTÉVERE
STATUE D’ATHLÈTE
( /ievue archéologique t VII* anaiie, t. Tiï, p. 535.)
11 faut que cette statue aujourd’hui au Vatican ait un mérite très-réel, puisque son apparition a pu exciter une certaine émotion dans Rome agitée par une politique incandescente. J’ai donc pensé, non sans quelque raison, que je ferais bien de mettre sous les yeux des lecteurs un crayon de cette œuvre remarquable’. J’ai fait plus, j’ai cherché à devancer l’Institut archéologique qui se propose, dit-on, de la publier prochainement; mais comme le public érudit aime assez ces sortes de primeurs, j’ai l’espoir qu’il voudra bien excuser cet empressement peut-être trop hâtif, j’allais dire cette témérité.
L’origine de cette découverte remonte au mois d’avril de l’année dernière. A cette époque, les religieux du collège de Santa-Lucia firent opérer, dans un but fort peu scientifique, quelques excavations au milieu du Vicolo delle Palme, l’une des ruelles tortueuses qui servent à la circulation dans 1e Transtévère. Déjà les ouvriers avaient atteint la profondeur de trente palmes, lorsqu’ils découvrirent un très-beau cheval en bronze. M. Canina, appelé à se 'prononcer sur le mérite de ce monument, reconnut une œuvre
1 . Ce tnt^moire a paru dans la Hevne^ illustré par la gravure au Irait d'un croquis de rapoxuomenos dû au crayon de M. Baymond Bal.se.
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du Style grec le plus pur. En homme expérimenté, l’hnbile antiquaire comprit que l’on venait de retrouver sous les fondements de l’un de ces taudis qui désenchantent ceux qui visitent Rome pour la première fois, un filon de la mine inépuisable sur laquelle s’étend la ville éternelle; il fit continuer les fouilles, et après quelques jours d’attente, il obtint ce que l'on n’atteint souvent qu’après de longs efforts. Près de l’endroit où l’on avait trouvé le cheval de bronze, on mit la main sur notre statue brisée en plusieurs morceaux. Fort heureusement, rien d’essentiel n’y manquait*; aussi, sous les habiles mains de l’excellent Tenerani, chargé de la restaurer, elle ne tarda pas à r(!Cüuvrer sa grâce et son premier éclat.
Cette statue, en marbre de l’IIymette, un peu audessus de nature, représente un jeune homme debout, entièrement nu, et se frottant le coude du bras droit avec le strigile. La tête est petite, le torse court, les cuisses et les jambes un peu longues; peut-être voyons- nous un coureur. La force et la souplesse se marient heureusement dans cette belle nature athlétique qui s’est développée dans la poussière brûlante du Stade. A ces proportions sveltes, à la manière gracieuse dont les bras sont jetés, à cette expression élégante de la vigueur corporelle, on sent, on reconnaît que l’on est en présence d’un art très-fin, très-élevé ^
1 . Je dis rien d’essentiel : eu ettet, il n’y manquait que les doigis de la m.iin droite.
2. Quelques personnes d'un goût timoré ont inféré de la longueur des cuisses et des jambes que cette slatue n'était qu'une œuvre incdiocre. Ces personnes sont bien difficiles!
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mais qui, pourtant, n’est pas lart de Phidias; que c’est l’art d’une école plus jeune et peu soucieuse d’imiter dans ses œuvres la simplicité grandiose de la sculpture dans les frontons du Parthénon.
Si j’osais décider en pareille matière et si j’avais à rattacher cette statue à une époque quelconque, je choisirais de préférence celle de Lysippe ; car les qualités dont elle est dépourvue m’autorisent tout autant que les qualités qu’elle possède, à lui assigner pareille date.
A cette même époque, vers la cxi' olympiade, on voit s’accomplir dans les arts du dessin une grande révolution commencée par le peintre Euphranor. Ce fut Lysippe qui vint la couronner. Il en est le véritable représentant. Winckelmann ne me paraît pas en avoir saisi toute la portée; la connaissance de la sculpture athénienne manquait à l’illustre auteur de l’histoire de l’art. En effet, de son temps, la Grèce restait fermée; c’est l’époque où le style idéal apparaît, se développe, et vient occuper dans la statuaire une place à peu près semblable à celle du genre académique dans la littérature. C’est le style dont l’Apollon du Belvédère est considéré, depuis près de trois cents ans, comme le modèle le plus accompli; car il n’y a pas très-longtemps, certains critiques déclaraient en pleine académie que Phidias n’avait point touché les bornes de l'art; qu’il était possible après lui d’épurer encore les contours, d’y apporter une correction plus achevée. Or, dans ce style idéal, les bons juges reconnaissent une rupture avec les traditions de l’École de Phidias, et signalent la distance qui existe entre l’art
L’ART GREC
établi sur la nature et la vérité, et un art systématique, parfois maniéré, qui part de ce principe que dédaigner la réalité, modifier le modèle vivant, c’est s’élever et s’ennoblir. Or Pliidias, et c’est là le privilège de ce rare génie, est resté vrai, profondément vrai même en donnant à l’harmonie des lignes, à la noblesse et au style, tout ce que le goût le plus sévère peut exiger.
Mais devons-nous accuser Lysippe d’avoir fait entrer la statuaire dans cette voie? Ne serait-ce pas plutôt à l’esprit de son siècle qu’il faudrait s’en prendre? Déjà, du temps d’Alexandre, la haute et vive intelligence de la nature, cette merveilleuse propriété du génie grec, commençait à s’affaiblir; quelques grands talents, encore debout, ne pouvaient arrêter les progrès lents, mais sûrs, de la corruption asiatique qui commençait ses ravages. La fantaisie était prête à se donner carrière ; le faste allait remplacer la grandeur. Quelques années encore, et la statuaire ne devait enfanter que des colosses. Homme d’invention, et po.ssédant une incomparable habileté, Lysippe, qui avait ressenti comme tant d’autres la secousse de l’esprit nouveau, essaya d’aborder des régions peu connues. Bien plus, il prétendit s’élever au sublime en prenant une autre route que Phidias. Quelques lignes de Pline sont le seul témoignage sur lequel l’historien de l’art ait le droit de s’appuyer; mais, tout incomplet qu’il puisse être, ce témoignage éclaire un peu cette dernière pbi’ase de la sculpture antique :
« Lysippe, dit Pline ', passait pour avoir fait faire de
I . « Slaluarlte arti plurimum traditur contulisae, capillam eiprl-
STATDE D’ATHLÈTE. 309
« grands progrès à la statuaire en exprimant les dé- « tails de la chevelure, en donnant aux têtes moins de « volume que ne le faisaient les anciens, en faisant le « corps plus svelte et moins charnu, ce qui semblait « rendre la figure plus grande. «
Ce que Pline nommait progrès, d’autres y verront les présages d’une décadence encore éloignée, il est vrai, mais inévitable. Emprisonner la forme humaine dans un moule élégant, mais unique; n’envisager qu’un aspect quand la nature en offre mille, se détourner des créations fortement individuelles, variées et puissantes, en d’autres termes, se détourner de Phidias, un opulent génie, ce n’est pas le progrès. Il faiit être Pline pour approuver cette déviation fâcheuse. Notez queLysippe, comme tous les novateurs, devait être hautain ; il réussissait par ses défauts, plus que par ses belles qualités, auprès de ses contemporains fatigués du naturel et de la simplicité. Son mérite était grand, mais peut-être se l’exagérait-il quand il disait : « que si ses devanciers avaient représenté les hommes comme ils étaient, il les représentait, lui, tels qu’ils devaient être. » Tout son système est dans ce peu de paroles, qui marquent si clairement sa rupture avec la tradition *.
Il était nécessaire d’entrer dans ces considérations pour donner autant que possible, à notre athlète, une date à peu près authentique. Nous devions établir
uiendo, capita minora faciendo, quain anliqui : rorpora graciliora, aiccioraque, per quæ procerilas tignorum major videretur, » (L. XXXIV, ch. XIX.)
1. « Vulgoque dicebat ab illis factus quales essent homines : i se quales viderenliir esse. » (Pline, loc. cic.)
l’art rrec.
que les statues dont la tête est petite, le torse court et la taille élancée, appartiennent à l’école de Lysippe.
Et ici nous pourrions invoquer le témoignage d’O. Millier ‘ ; ce nom dit tout. Évidemment l’athlète du Vicolo delle Palme appartient à cette école par l’élégance du geste, de la pose, de toute la personne. C’est • bien là ce galbe préféré par le fécond artiste de Sicyone. Les bras, les jambes ont une finesse exagérée qui s’éloigne tellement de l’antique quelle fait songer à la fluidité et à l’afféterie de l’École florentine.
.f’ai dit que cette statue était de l’École de Lysippe,
M, Canina^ va plus loin : il l’attribue au maître luimême. Aurait-il été éclairé, à la vue de ce marbre, d’une lumière soudaine? Serait-ce chez lui prévention? Nous savons que, dans chaque fouille, les antiquaires croient avoir retrouvé quelques-unS des chefs-d’œuvre vantés par les anciens. Canina s’est-il trompé? Nous sommes tenté de le croire, et voici nos raisons.
On se rappelle qu’une statue de Lysippe décorait les thermes d’Agrippa®; cette statue, qui représentait un homme nu se frottant avec le strigile, passait pour un des plus beaux ouvrages du grand artiste de Sicyone. Les Romains connaissaient cette statue sous le nom grec de l’Apoxuomène *, V homme qui se frotte, sobriquet
1. Voy. dans lo Wien^Jahr bûcher^ l. XXXIX, d'excellentes observations de ce grand antiquaire sur les variations de la statuaire grecque.
2. BtiUetino dell' Instituto diCorr. Arch., noveo}l)re 1349, p. 131*