ET DE LITTÉRATDRE GRECQUES EN -FRANCE
compétence de deux vrais savants, je ne puis partager leurs espérances et je m’étonne de leur sécurité.
Mais cette sécurité est-elle si entière? Non. M. Egger aura beau dresser la liste de ces publications dans lesquelles lui- même, comme on l’a dit, se retrouve si souvent; il aura beau compter les grammaires, les dictionnaires, les traductions et les travaux d’une nature plus littéraire ; il aura beau signaler ce fait que sur deux cent cinquante candidats pour le doctorat ès lettres, reçus de 1830 à 1866, cent quarante-neuf ont choisi comme sujet de thèse l’antiquité hellénique; il aura beau prononcer le grand mot de progrès, qui n’est bien appliqué que si l’on compare les études classiques, telles qu’elles sont aujourd’hui, aux trèsfaibles études du commencement du siècle ; il est trop ami de la vérité pour ne pas reconnaître franchement que la philologie classique, étant primée par la critique littéraire, se trouve par cela même dans un état d’infériorité que fait encore mieux ressortir le magnifique développement de cette branche d’études de l’autre côté du Rhin. M. Boissier manifeste les mômes regrets. Il se plaint de la médiocre participation de la France au mouvement dont l’Allemagne est le théâtre, mouvement qui a renouvelé la critique des textes par l’étude plus intelligente des manuscrits en les classant et en se rendant compte de leur âge et de leur valeur.
Cette infériorité, sur laquelle on ne saurait trop appuyer, afin de réveiller en nous un sentiment de jalousie, cette infériorité, dis-je, M. Renan ‘ la dénonçait