RAPPORT SDK LES ÉTUDES DE LANGUE
est le bilan de la France. Admettez que je me sois trompé dans mes calculs, doublez et triplez ces chiffres, et vous verrez au bout de vos additions que notre indigence ne peut se voiler. Mais cette indigence n’éclate-t-elle pas dans ce seul fait que pour publier de nouveau en France un livre, le produit le plus clair de son génie, pour la haute érudition, le Thésaurus linguœ grœcœ, ce n’est point aux hellénistes français que l’éditeur a dû s'adresser*, mais aux hellénistes d’outrc-Rhin? Parlerons-nous de la philologie latine? Mon Dieu ! non. Pourquoi s’appesantir sur ce qui croule de toutes parts!
Les personnes qui aspirent au large développement des études pratiques et primaires, et que préoccupe surtout l’éducation de cette classe nombreuse à laquelle l’empire du monde moderne semble destiné, ces personnes, dis-je, malgré leur supériorité morale, que je suis loin de mettre en doute, ne verront ici aucun danger pour la délicatesse et la distinction de l’esprit français. Je le comprends à merveille, mais je comprends aussi la douleur de ceux qui, regardant un peu plus haut, admettent difficilement que les succès dans les arts mécaniques puissent donner la véritable mesure du génie d’une nation et perpétuer sa gloire. Leur douleur est vive surtout quand, se reportant aux grands jours de la critique française, au seizième siècle, ils comparent cette période si pleine de sève au temps où nous vivons.
I . L’exacUtude historique me commande de dire que ce ne fut qu’sprès avoir été refusé par M. Boissonade, qui déclina l'honneur de remplir une si lourde t&che.
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