ENSEIGNEMENT DU DESSIN POUR LES FEMMES
me révèle la déplorable condition des femmes dans les classes laborieuses ; lorsqu’il m’apprend que depuis 1789, loin de s’améliorer, la situation s’est empilée, et qu’avant cette époque leur travail était mieux rétribué ; lorsqu’il m’affirme que sur cent vingt mille ouvrières qui vivent à Paris, il n’en est que six cents dont le salaire s’élève au-dessus de 3 fr. par jour, je gémis, et je me demande ce qu’il faut penser de cette civilisation raffinée qui nous place à la tête des nations.
Dans un écrit*, éloquent témoignage d’une vive sympathie pour les ouvriers, livre intéressant et utile, mais bien fait pour attrister, M. Jules Simon nous montre que le salaire d’une femme qui gagne 2 fr. par jour (salaire exceptionnel) se réduit, à raison des dimanches, fêtes et chômages, à 468 fr.; mettons 500 fr. , si vous le voulez. 500 fr. ! voilà donc ce que produit annuellement un travail quotidien de douze heures par jour, sans jamais s’arrêter ! Notez bien que ce beau résultat ne peut être obtenu que par l’ouvrière d’élite, par celle dont l’assiduité est extrême et l’habileté supérieure. Jugez, d’après cela, de la position des autres, et voyez jusqu’où peut aller la misère des femmes qui ne gagnent que 25 à 30 sous par jour! Or, c’est l’immense majorité.
Telle est la condition de l’ouvrière à Paris, de l’ouvrière isolée, de celle qui échappe à la manufacture, à la vie de l’atelier, à ces contacts fâcheux, à cette promiscuité forcée, contraire aux véritables instincts