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L'Ouvriire, page 266. Paris

U6 LES TEMPS MODERNES

de la femme, dangereuse pour sa pudeur ; et, ce qu’il y a de déplorable, c’est que cette condition, que les développements énormes de la richesse et de l’industrie sembleraient devoir améliorer, devient, nous venons de le dire, plus mauvaise encore. A la concurrence des couvents et des prisons, il faut joindre la concurrence des hommes. Ils ne rougissent plus de se faire aujourd’hui tailleurs pour dames, piqueurs de bottines, chemisiers, que sais-je? trouvant fort commode et fort doux de remplacer les femmes dans une foule de métiers, de travaux et d’emplois, dont les convenances, le bon sens et le bon goût devraient les exclure i Ainsi tout semble se réunir pour disputer à la fille du peuple son misérable salaire, et lui contester le droit de mourir à peu près de faim en travaillant.

Mais si cette fille du peuple habite une grande ville, si elle se trouve placée dans un de ces milieux perfides, où, comme on l’a dit justement, « elle est maîtresse d’opter entre l’excès du plaisir ou de la souffrance », qu’arrivera-t-il? Rien ne la soutient, rien ne la protège, rien ne la met à l’abri de sa propre faiblesse : ni l’éducation, ni la position, ni les croyances. Où sont-elles les croyances? où est le frein moral? La misère est là. Elle lui parle, elle la presse, et le spectacle du vice triomphant achève sa défaite. Voilà en grande partie la cause de ces atteintes aux mœurs, de ces désordres dont nous sommes témoins. C’est là ce qui gangrène en partie les masses, où tant d’unions illégitimes portent des coups mortels à l’esprit de famille, le bon génie de la société.

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