ENSEIGNEMENT DO DESSIN PODR LES FEMMES
Est-ce exagérer de parler ainsi ? est-ce déclamer ? Lorsque tant de gens, satisfaits du brillant et du poli des surfaces, s’inquiètent peu de ce qu’elles cachent, ceux dont l’attention se porte sur les vices de notre organisation économique sont parfois si douloureusement frappés de ce qu’ils aperçoivent, que, malgré eux, ils enflent la voix.
Parmi les moyens proposés pour améliorer la condition des femmes en grandissant autant que possible^ , le cercle de leur industrie, je noterai, avant tout, l’étude du dessin, étude dont l’importance en pareille matière a déjà été signalée par de généreux esprits :
« Pourquoi, dit M. le comte de Laborde, dans son l’apport à la commission française du jury international*, dans ce livre de mille pages où l’auteur touche, avec tant d’imagination et de verve, aux choses de l’art et de l’industrie, et en homme qui a le sentiment de l’avenir, — pourquoi les femmes lutteraient-elles seulement avec l’aiguille et le fuseau? » « Pourquoi, dit à son tour M. Baudrillart, le dessin pour étoffe n’est-il pas une carrière plus fréquentée par les femmes? N’est-ce pas à elles que revient, par droit de nature et par droit de conquête, la tâche délicate et charmante d’idéaliser l’utile par le goût “? »
Il est évident que les applications du dessin aux arts industriels, applications si nombreuses et' si variées, offrent aux femmes vouées au travail une mine des plus riches à exploiter. L’avenir, qui n’est aujour-