LA PLACE DE L ART DANS NOTUE SOCIETE
gance dans les foriiies et j)lns de y,ràcc dans les mouvemenls.
Comme en certains ménayes, où les malentendus du premier contact finissent [)ar s'ellacer, i^ràce à des concessions réciproques, il laut souhaiter (pic la science et l'art évitent le divorce et peu à peu se fassent à l'existence comnuine. C'est l'intérêt même de la démocratie qui réclame impérieusement leur entente; car elle n'a pas moins besoin, pour vivre et prospérer, des productions de l'art que des inventions de la science.
Si l'on a enfin compris dans ces derniers temps la place que doit occuper l'art dans notre société contemporaine, il faut bien reconnaître (jue les [)remières tentatives faites pour en répandre le goût parmi le peuple n'ont pas atteint leur but. Ce sont surtout les Universités Populaires qui ont entrepris cette tâche de propagande artistique, en même temps qu'elles essayaient de vulgariser les sciences. Mais elles paraissent avoir en grande partie échoué dans l'une et dans l'autre de ces deux besognes, pour la simple raison qu'elles n'ont pas réussi à attirer l'auditoire populaire sur lequel elles comptaient. C'est qu'il faut être déjà un peu instruit pour éprouver le désir de s'instruire davantage. Si le peuple sentait réellement le besoin de se cultiver, ni la rareté de ses loisirs, ni l'éloignement de
42 PRINCIPES DE l'ÉDUCATION ESTHETIQUE.
son logis, ni mèmi^ la falig-ue des longues journées laborieuses ne l'enipècheraient d'aller le soir écouter d'instructives conférences. Pour ce qui est de l'art en particulier, vainement s'efforcera-t-on de jnettre le peuple en contact avec lui, s'il n'éprouve pas déjà par avance le besoin de le connaître et le désir de l'aimer. Et ce besoin et ce désir, il ne les ressentira vraiment que si, dès les bancs de l'école, on a pris soin de lui donner comme un avant-goùl des jouissances artistiques. Le véritable enseignement populaire delà beauté devra donc consister tout d'abord à faire l'éducation esthétique des enfants.