Froebel, L'éducation de Vhomine {\^. 3i
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r'mvilanl à choisir dans un (as de jetons de couleurs variées un aulie jeton roug-e. Baldwin, enfin, a appliqué ce qu'il a appelé la méthode dynainoycnltjne : il disposait sur une table des carions colorés à une distance de 20 centimètres de la inain de l'enfant; si ce dernier tendait le bras plus souvent vers le bleu que vers le rou^-e, il en concluait que, sans aucun doute, il distinguait ces deux couleurs et qu'il reconnaissait plus facilement le bleu. Ces psychologues ont également essayé de découvrir quelle est, entre toutes, la couleur préférée de l'enfant. Sur ce point, les résultats n'ont pas concordé : selon Preyer, c'est le jaune; d'après Baldwin et M. Binel, ce serait le bleu.
En ce qui concerne la forme, l'enfant paraît avoir une prédilection pour les petites choses, insectes, coquillages, oiseaux... Dans ce goût, il semble, d'ailleurs, entrer un élément qui n'est pas de nature esthétique : la sympathie d'un être tout petit pour la petitesse des objets. D'autre part, il faut noter la tendance de l'enfant à grossir ce qui est plus grand que lui. Aussi, quand nous revenons adolescents dans les lieux où s'est écoulée notre enfance, frouvons-nous que tout est rapetissé. Dans h' lioinan d'un enfant. Loti raconte la déception qu'il éprouva en revoyant après quinze ans d'absence un jardin oTi loul cnfanl il avait plusieurs
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t'ois passé ses \acariccs : « .l'eriliai dans ce jardin qui me parut tout rapetissé dans le ciel y;ris. J'allais d'abord au berceau du fond, — efTeuiiié, désol('' aujourd'liui, — cl, à l'aide toujours de celle inèni<* brèche du mur (|ui me scisait jadis, je me hissai sur le faîle, pour reijarder furlivenienl la (•am[)ai;ne d'alentour, lui dire à la hâte un dernier adieu : le domaine de Bories ni'apparut alors sin;^ulièremenl rapproché et rapetissé lui aussi, méconnaissable, comme, du reste, ces montagnes du fond quiavaieni l'air de s'être abaissées pour n'èlre plus que de petites collines. » D'où vient une telle im{)ression? C'est apparemment que, notre taille ayant grandi, le rapport des objets à nous s'est sensiblement modifié ; c'est aussi que, notre expérience s'étani éleiidue, nous avons pour mesurer la grandeur des choses beaucoup plus de points de comparaisons. Pour ce qui est de la symétrie, l'enfant y est, semble-t-il, moins sensible qu'au rylhme. 11 montre bien parfois un certain g"oùt de l'ordre dans la disposition des objets; mais cet amour de la régularité est moins chez lui peut-être un sentimeni de nature esthétique qu'un penchant en quelque sorte moral, l'habitude de remettre les objets à la place où d'ordinaire il les voit. Enfin, pas plus (pie le sens de la symétrie, l'enfant ne paraît posséder le sens des proportions.
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Toul 011 iiianifoslant par son atlrail pour les tons criards el par son indifFérence à la régularUc' des formes un g-oûl esthétique plutôt mauvais, l'enfant n'en a pas moins une certaine notion très générale de la beauté. Au fond des préférences ou des antipathies qu'il témoigne à l'égard des choses et des gens, on trouverait plus d'une fois, en cherchant bien, l'attrait du beau et la répulsion du laid. Les mots « joli », « vilain » ont pour lui une sig-nification qui, pour être un peu vague, n'en est pas moins exacte. Un jour que, me trouvant dans un jardin, je demandais à une petite fdle à peine âgée de deux ans et demi d'aller me chercher quelque chose de joli, sans hésitation elle alla cueillir une rose.
Nous venons de voir quelles sont les premières impressions d'art chez l'enfant. Il nous faut examiner à présent ses premiers essais de production artistique.
Ou connaît le goût de l'enfant pour le dessin. Dès que sa main peut tenir un crayon, il aime à tracer sur le papier d'interminables g-riffonnages. Plus tard, à l'école, il couvre de dessins ses cahiers et ses livres. Il n'y a, d'ailleurs, aucune trace de sentiment artistique dans ces premiers essais du jeune dessinateur. Ces gribouillages sont comparables aux g-azouillements de l'en-
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f'anl dans son Ijcrceati : il niinotmc des lignes comme il balbutie des sons, pour le simple plaisir d'exercer sa main ou sa langue. De (els dessins ne Irahissenl aucun effort pour représenter les objets. Mais bientôt apparaissent les premières tentatives d'imitation des choses; on se trouve alors en présence de dessins véritables, encore qui' bien grossiers ' .
Les sujets représentés au début par l'enfant sont presque toujours des hommes ou des animaux. Sa prédilection est pour la figure humaine. Corrado Ricci a fait ingénieusement remarquer que dans ses dessins l'enfant renverse l'ordre de la création, en commençant par l'homme au lieu de terminer par