‹ L'art et l'enfantChapitre 16 sur 114 · I . Sur les premiers dessins d'enfants, on peut consulter · texte numérisé non relu

I . Sur les premiers dessins d'enfants, on peut consulter

J. Sully, Ouvrage cité (livre IV^ : Le jeune dessinateur).

J. Corrado Ricci, L'arte dei bambin i {lio\oi^nc., 1887).

J. Passy, Note sur les dessins d'enfants {Revue philosopltique, 1891, t. II).

Earl Barnes, A study of cftitdren's drauungs [Pedagogical seminarij, vol. II).

Brown, Recherches sur les dessins d'enfants {Travaux de r Université de Californie, 1897).

Miss Shinn, jYotes of childrens Drawing.

l'aola Lombroso< Ouvrage cité (cliap. v : / disegni dei bambin i).

Un professeur allemand, de Leipsig-, M. Karl Laniprecht,

a entrepris une vaste enquête sur les dessins d'enfants (voir la

Revue de synthèse historique, iQo3, tome II, p .54).

()o PKiNCiPKs ui: l'éducation esthétique.

lui. Son choix a d'ailleurs des raisous profondes. S'il s'attache à dessiner d'abord des èlres vivants, c'est que ceux-ci ont des contours bien limités et ne demandent, pour être approximativement représentés, aucun elFort d'abstraction. Et si parmi les êtres vivants c'est fout de suite à l'homme que vont SCS préférences, c'est que la physionomie humaine exerce sur lui un attrait particulier. Déjà dans son berceau ce sont les points brillants des yeux de sa mère ou de sa nourrice qui fixent son attention et le rattachent au monde extérieur si vaste. Et toujours, dans la suite, il continue, petite àme naissante, de subir l'attraction des ,i^■randes âmes qui se reflètent sur les visages familiers de son entourage.

Dans les dessins d'enfants bien des imperfections sont à relever. D'abord, il n'y a dans les contours aucune exactitude. Le plus souvent, la tète est figurée |)ar un simple rond avec une ligne horizontale pour la bouche, une ligne verticale pour le nez et deux points pour les yeux; le torse est représenté par un ovale, les jambes par deux lignes droites légèrement piohjngées pour les pieds, les mains par des lignes en forme de ramilles, de griffes, de palettes ou de fourchettes. Aucune proportion n'est observée : dans le visage, c'est le front qui est trop court ou le menton trop long; la tête

l'enfant-autiste. Gi

est trop petite pour le buste ou le buste trop petit pour la tète ; tantôt les bras sont dèinesurénieul allongés, tantôt les jambes sont ridicwliMuenl courtes. Et que d'invraisemhlances on reniaicpie ! Parfois, les l)ras, mal insérés, partent du ventre, de la tête ou du cou. Dans une fig-ure de profil, les deux yeux sont visibles. Aucune notion non j)lus de rimpénétrabilité des objets : il arrive fréquemment (ju'on voie le haut de la tète à travers un chapeau ou bien les jambes à travers un vêtement de femme. Les fautes de perspective sont courantes ; les trois côtés d'une maison, par exemple, seront à la fois représentés. L'enfant ne se rend ég^alemcnl pas compte des altérations de formes (pii résultent du déplacement des objets. Lui donne-l-on à dessiner un livre de face ou de biais, il fera toujours les ang^les droits et les côtés opposés ég^aux deux à deux. Enfin, quand il représente plusieurs objets à la fois, il ne se soucie aucunement des relations de grandeur ni de position qui existent entre eux. Il fera un homme plus grand qu'un cheval on bien une maison plus petite qu'un homme. S'il dessine une personne avec un chapeau sur la tète, ou bien, comme nous l'avons dit, il laisse voir la tète à travers le chapeau, ou bien il pose délicatement le chapeau sur le bord supérieur de la tète, où il est censé tenir par un prodige d'équilibre. S'avise-1-il

():i PRINfMPKS HE L'ÉnUCATION KSTHKTIQUE.

de r«^préstMiler un clieval et son cavalier, le cheval sera de profil el riioinme de face ; le cavalier sera debout sur le cheval, à la façon des écuyers de i'irque, ou encore il sera enfoncé dans le corps du cheval, de telle manière que sa tète seule émerg-era au-dessus du dos de l'animal.

Quelques-unes des erreurs observées dans les dessins d'enfants se retrouvent dans les représentations graphiques des peuples primitifs. C'est ainsi r[ue dans des bas-reliefs égypiiens, sur des méflailles grecques, dans des dessins annamites, on aperçoit dans des figures de profd l'œil dessiné de face. Mais en général les dessins des peuples primitifs sont très su[)érieurs aux dessins d'enfants. Ceux-ci sont le triomphe de l'inexactitude el de l'invraisemblance; les premiers, au contraire, sont parfois d'un réalisme saisissant. Les artistes de l'âge de la pierre ont en particulier reproduit avec une exactitude frappante l'allure des animaux. On en avait <léjà des preuves par les silex et les ossements sculptés ou gravés qu'on avait découverts dans les cavernes. C'est ainsi, comme l'a fait observer M. S. Reinach', que sur un andouiller de renne, trouvé dans la grotte de Lorthet (Hautes-Pyrénées), on voit représenté un renne au galop, dont

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